Vu à Aurillac : Le cirque « crypto catholique » de Trottola…

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Vu à Aurillac : Le cirque « crypto catholique » de Trottola…

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par Jean-Jacques Delfour
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Après avoir rendu, avec faste et talent, hommage au cirque : acrobatie, clown, trapèze, Trotolla trouve dans la campanolâtrie [5] un objet fascinant. Spécialement fondue pour la compagnie en Normandie, chez les prestigieux fondeurs Cornille & Havard, sis à Villedieu-les-Poêles, leur cloche, qui doit bien faire dans le quintal, n’est pas qu’un objet métallique producteur de son. Décorée d’une belle frise montrant dans leurs œuvres les membres de la compagnie, c’est un symbole qui rameute un réseau de significations, de pratiques et de rêveries dont Alain Corbin a dressé la carte [6].

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Trottola Campana © Philippe Laurençon

De quoi nous parle une cloche ?

Historiquement, la cloche est avant tout un signe de l’Église catholique [7]. Du point de vue de la Réforme, cet objet liturgique relevait de la superstition et de l’idolâtrie. De fait, dans la culture catholique, la cloche est sacrée, p[...]

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Arts de la rue Cirque

[1(l’idolâtrie des cloches, « campana » en italien).

[2Dans Les Cloches de la terre. Paysage sonore et culture sensible dans les campagnes au XIXe siècle (Albin Michel, 1994)

[3(l’idolâtrie des cloches, « campana » en italien).

[4Dans Les Cloches de la terre. Paysage sonore et culture sensible dans les campagnes au XIXe siècle (Albin Michel, 1994)

[5(l’idolâtrie des cloches, « campana » en italien).

[6Dans Les Cloches de la terre. Paysage sonore et culture sensible dans les campagnes au XIXe siècle (Albin Michel, 1994)

[7On m’a fait observer que je ne prends pas en compte d’autres usages, laïques et antiques, de la cloche chez les Égyptiens, les Chinois, les Phéniciens, le Grecs, etc. et plus récemment dans des usages qui n’ont rien de religieux. Certes, mais ces cloches là n’ont aucune présence culturelle concrète en Europe et encore moins dans les milieux populaires. Ce sont des cloches de savants. Et il est douteux qu’elles soient dénuées de signification religieuse (attention à l’anachronisme du transport de la notion de laïcité). D’autre part, la cloche d’école par exemple, certes laïque, n’a pas le poids culturel de l’ecclésiale ; d’ailleurs, elle a été adoptée dans le milieu scolaire marqué par le républicanisme afin de combattre, dans le symbole, l’esprit de clocher. Cette histoire sociale anti-religieuse des cloches ne peut négliger le fait que l’anti-religion n’a aucun sens sans la reconnaissance, fût-elle implicite, de la réalité de la religion. Le format de celle de Trottola (600 kilos) convoque la cloche d’église, donc ici catholique, et rejette à la périphérie les égyptiennes, chinoises, etc., plus loin encore que les cloches de vache, de brebis ou de chèvres. Son élévation dans le chapiteau tend à convoquer le clocher d’Église. Enfin, cet article ne prétend pas contribuer à une histoire universelle des cloches, mais se contente de convoquer des données culturelles assez familières pour analyser la réception d’un spectacle.

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