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Entretiens

Barbara Cassin

Grand témoin
par Valérie de Saint-Do
Thématique(s) : Éducation populaire Sous thématique(s) : Politique culturelle , Rencontres et forums Paru dans Cassandre/Horschamp 83
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Philologue et philosophe, ancienne directrice de recherches au CNRS, Barbara Cassin a combattu, dans le cadre de L’Appel des appels, le démantèlement du système français de la recherche. Elle réaffirme aujourd’hui qu’à prétendre réduire les savoirs à leur utilité productive, à vouloir les soumettre à un label inepte de pseudo-excellence, on ne détruit pas seulement les humanités, mais, à terme, l’humain.

(article paru dans le numéro 83 de Cassandre/Horschamp le 15 octobre 2010)

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Alors que la sociologie nous avait habitués depuis une trentaine d’années à considérer les humanités comme un vecteur de distinction, vous les défendez aujourd’hui comme subversives, une force de résistance, au moment où l’enseignement du latin et du grec dans le secondaire est fortement menacé. Comment explicitez-vous ce changement de statut ?

Barbara Cassin : J’avais écrit un article dans Le Monde sous le titre « Sarkozy m’à tuer ». Je m’étais aperçue que, sur le site de la présidence de la République, les discours du président de la République française étaient remplis de fautes d’orthographe ! Et pas n’importe lesquelles : de celles qui font « 5 fautes = 0 » dans les dictées de nos enfants, le verbe avoir avec un accent, et l’infinitif au lieu du participe. Autrement dit, celles qui manifestent que la langue et la syntaxe qui en constitue le mur de soutènement (« l’arcade », comme dit Walter Benjamin) ne sont pas perçues, ou plutôt ne comptent pas. On pourrait se dire : très bien, arrêtons d’embêter les écoliers, et de discriminer les demandeurs d’emploi. Mais je crois qu’il s’agit d’autre chose, que l’on peut peut-être qualifier de « populisme ».

Ça a été révélé avec la réflexion de M.Sarkozy sur La Princesse de Clèves, lorsqu’il s’est offusqué de ce que le roman de Mme de La Fayette soit au programme du concours d’attaché d’administration, avec une phrase du genre : « Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu’elle pensait de La Princesse de Clèves… Imaginez un peu le spectacle ! » C’est d’un mépris incommensurable pour une fonctionnaire qui n’est cantonnée qu’à sa fonction, un sous-métier de sous-femme. Oui, je souhaite que la guichetière puisse lire, aimer, rêver, mais aussi travailler et parler à l’autre devant son guichet à la lumière de La Princesse de Clèves, qu’elle ne soit pas réduite à interpréter le monde à la lumière de « Buvez Coca-Cola ! » et du temps de cerveau disponible. Comme l’ont bien compris les manifestants, étudiants, chercheurs ou lecteurs qui défilaient avec des badges « Je lis La Princesse de Clèves ».

Chercheur en philosophie antique, j’enseigne des langues mortes, qui ne sont donc plus des vecteurs de communication. C’est important, parce que précisément, en étudiant le latin et le grec, on pénètre au coeur d’une langue. C’est là qu’on découvre qu’elle ne se réduit pas à un outil de communication, mais qu’elle révèle une appréhension, une vision du monde, parmi d’autres possibles. Les humanités, c’est cela, et c’est ça qui est aujourd’hui subversif, exactement comme la pratique de la traduction – c’est pourquoi j’ai passé plus de dix ans avec cent cinquante collègues à fabriquer un Dictionnaire des intraduisibles, symptômes de la différence des langues et explorations des passages qui mènent de l’une à l’autre. Cela touche à notre compréhension du monde et des mondes.

Dans une politique culturelle et éducative, les langues sont fondamentales. La politique linguistique est l’un des piliers de la politique culturelle. Évidemment pas en réduisant leur apprentissage à celui du globish (global english) de plus ou moins 500 mots (avec deliverable, work-package et issue) nécessaires pour rédiger des dossiers européens et demander des subventions ici-même. Il faut comprendre qu’il y a plusieurs langues et qu’elles ne « récitent » ni n’« inventent » le même type de monde. C’est ainsi qu’on entre vraiment, avec intelligence, dans la pluralité et dans le « respect ».

Votre défense des humanités rejoint-elle celle des anti-utilitaristes, inquiets de voir l’Université et la recherche se détourner des savoirs prétendus « improductifs » et se tourner vers des formations dites « professionnalisantes », au détriment de l’esprit critique ?

J’estime que ma discipline est foncièrement utile, et même indispensable. Je refuse simplement cette distinction entre savoirs productifs et savoirs improductifs, dans une politique éducative. D’une manière générale, je pense avec Hannah Arendt que la culture est « utile », au sens fort du terme. Non pas cette culture qu’elle appelle « philistine », celle qui, même lorsqu’il s’agit d’objets très contemporains, produit des connaissances mortes – je me souviendrai toujours de cette phrase d’Arendt dans La Crise de la culture, texte dont j’avais à l’époque assuré la traduction française : « Ce peut être aussi utile, aussi légitime de regarder un tableau en vue de parfaire sa connaissance d’une période donnée qu’il est utile et légitime d’utiliser une peinture pour boucher un trou dans un mur. » Autrement dit, la culture du quiz n’est ni utile ni légitime, il est préférable de reboucher avec du plâtre ou du ciment. En revanche, la culture est « utile », décisive même, en tant qu’elle est formation du jugement, critique et goût. C’est peut-être la faculté politique par excellence ! Je suis pour la culture et pour la professionnalisation, mais certainement pas pour la professionnalisation au détriment de la culture. Pour le dire d’une phrase, aristotélicienne : la nature de l’homme, c’est sa culture. C’est ainsi qu’il est non seulement un animal, mais un animal doué de logos, discours, langage, raison. Ce que nous sommes tous, et ce que nous sommes tous portés à devenir.

Vous avez alerté, dans le cadre de L’Appel des appels, sur les coups portés à la recherche par la mise en place des politiques d’évaluation. Aujourd’hui, vous vous insurgez contre une prétendue « excellence » qui devient un critère pour le financement des laboratoires…

« Excellence », c’est à présent le mot-clef pour ouvrir les coffres, par ailleurs assez vides, même avec la carotte du grand emprunt. Campus d’excellence, outils d’excellence, laboratoires d’excellence, et même primes d’excellence. Avec des critères d’excellence politiquement formatés, entre opacité et langue de bois.
Après le demi-échec des tentatives directes de démolition, comme celle du CNRS par exemple, la tentative indirecte, plus astucieuse car plus attractive, consiste à offrir de l’argent, des crédits, mais orthogonaux par rapport aux structures existantes, pour les faire imploser. Cela vaut pour tout. Par exemple, pour les fameux LabEx pour lesquels la communauté scientifique à laquelle j’appartiens s’agite fiévreusement afin de boucler dans les temps des dossiers pleins d’esbroufe. Un LabEx, un Laboratoire d’Excellence, cela n’a rien à voir avec un quelconque laboratoire scientifique tel qu’ils existent au CNRS. C’est un agrégat disparate lié à une politique de site et non à une politique scientifique. Il pourra rassembler des torchons et des serviettes, et même des torchons et des chaussures, du moment que ceux-ci sont rangés dans le même placard. Un laboratoire du CNRS, avec sa compétence et, disons-le, son « excellence » spécifique, ses objets propres, ses programmes internationaux, n’aura de chance de survivre que s’il entre dans un tel fourre-tout politiquement impulsé via un guichet ministériel, et nommé par homonymie « Laboratoire » – des Laboratoires, oui, mais des Laboratoires d’Excellence, on n’est même plus dans la communication, on est dans le slogan publicitaire des pâtes Panzani !

Il en va de même à tous les niveaux. Il s’agit de démolir en privilégiant le chacun pour soi. Ainsi, en ce qui concerne les primes d’excellence, on les donne aux individus, non aux équipes ou aux laboratoires, pour signifier que nous sommes dans une compétition généralisée. Déjà, le financement individuel de projets à court terme, via le porteur de projet, est devenu la règle avec la création de l’Agence nationale de la recherche (ANR) qui se modèle sur les financements européens, se modèlent eux-mêmes sur les financements étatsuniens. Pourtant, les États-Unis ont pris conscience des limites de cette politique (même si, chez eux, elle est cohérente par rapport aux types de financement de leurs universités et à leurs cursus). Nous sommes en train de casser ce que nombre de pays nous envient, comme en témoignent les étrangers qui postulent aux concours CNRS. Je ne dis pas qu’il faut garder tout en l’état, mais nous sommes en train de jeter le bébé avec l’eau du bain.

À gauche, la nécessité de transmettre ces humanités est largement reconnue. Mais la question du « comment » est sans cesse reposée. On connaît le clivage assez grossier entre les « républicains », attachés à des formes traditionnelles de transmission (le cours magistral, l’autorité du maître, le « savoir disciplinaire »), et les « pédagogistes » tournés davantage vers la reconnaissance du savoir de l’enfant et aux méthodes dites « actives »…

J’ai du mal à comprendre ce clivage. Dans toute mon expérience d’enseignante et d’enseignée, les deux dimensions se croisent, et je ne conçois pas qu’il en soit autrement ! L’enseignant a la légitimité de la connaissance, du travail, de l’expérience, du désir d’enseigner. Mais il ne s’adresse évidemment pas à un public passif ! De même qu’en psychanalyse on parle d’analyste et d’« analysant », pour souligner que l’analyste est au moins aussi analysé par celui qui est en analyse avec lui, de même, dans l’enseignement, c’est un échange permanent, un travail d’interprétation des deux côtés, où l’on apprend aussi de celui qu’on a face à soi. À condition – et c’est là que le bât blesse – d’avoir les conditions nécessaires à un tel enseignement patient et respectueux, qui prend chacun là où il est, avec ce qu’il sait, ce qu’il peut entendre, et surtout ce qu’il peut inventer. J’ai tenté d’enseigner de la philosophie grecque à des gens qui ne connaissaient pas le grec. Je pense qu’une certaine connaissance du grec est indispensable pour comprendre les textes écrits par les philosophes grecs, mais je n’ai pas pour autant enseigné la langue comme un préalable à la lecture de ces textes… Chemin faisant, j’ai tenté de lire en grec avec mes élèves ou mes étudiants quelques mots, phrases puis quelques passages pour faire comprendre comment ça marche, quel monde est là ouvert. Je ne peux faire cela que si je sais montrer pourquoi il faut le faire, ce qu’on gagne à travailler ensemble ainsi, ce qui se passe d’autre, de neuf, d’étrange, et peut-être de durablement bouleversant…

Vous préconisez une politique culturelle qui prendrait en compte ce que vous appelez les « classes raciales ». Vous êtes consciente que cela peut être très mal « interprété », justement…

Qu’on me comprenne bien : quand je parle de « classes raciales », je parle d’une construction culturelle, et ne reconnais pas pour autant la validité des « races » ! Cet apartheid que fabrique la France, cette politique de ségrégation urbaine, je les combats ! Mais, pour les combattre, la gauche ne doit pas se voiler les yeux.

Je me suis appuyée sur trois expériences. J’ai été juré d’assises, pour des affaires de viols : je n’ai vu que des accusés blacks et beurs, d’ailleurs jugés par des femmes blanches.
Ensuite, j’ai été invitée par Gilberte Tsaï au Petit Théâtre de Montreuil à faire une « petite conférence » sur le thème « Pourquoi faut-il parler une autre langue ? », devant des enfants entre 5 et 15 ans (la majorité avait plutôt de 8 à 10 ans). Je leur ai demandé : « Lesquels d’entre vous parlent plusieurs langues ? » Une bonne partie des mains se sont levées. Évidemment, tous ces enfants ont une langue maternelle, et le français. Une langue « aussi » maternelle qu’ils parlent chez eux. C’étaient essentiellement des enfants blacks et beurs.

La troisième expérience s’est passée à peu près dans le même laps de temps : j’ai été amenée à faire une conférence sur l’Afrique du Sud, la justice non punitive de la commission Vérité et Réconciliation, à Fleury- Mérogis. Qui avais-je devant moi ? Des Blacks et des Beurs. Qui auraient pu être les enfants de Montreuil quelques années plus tard.

Aujourd’hui, on peut appeler « classes raciales » ces classes socialement désintégrées, socialement vouées… à Fleury- Mérogis. Bien sûr, ce n’est pas du « donné », c’est du « construit », du construit socialement, politiquement et économiquement.

La gauche ne doit pas se voiler la face à ce sujet, elle doit prendre en charge cette réalité. C’est même ce qu’elle a à faire, sa priorité en matière de politique culturelle. C’est un véritable appel que je lance là. Il faut prendre ce problème à bras-le-corps, et cela doit avoir des incidences sur le contenu des enseignements et la manière d’enseigner. Il est impensable qu’avec le pourcentage d’enfants arabophones que nous avons en France, il n’y ait presque pas d’offre d’arabe en maternelle, que cette écriture demeure un joli dessin pour presque tous. Moi qui enseigne les langues anciennes, qui lit l’alphabet grec, je suis consternée de ne jamais avoir été confrontée, dans ma formation, à l’écriture arabe !

Cela supposerait de prendre en compte aussi des cultures de tradition orale, dans une école où la tradition française veut que tout passe par l’écrit…

Oui, mais l’oral et l’écrit sont-ils à ce point des mondes séparés ? C’est parfois le cas, mais à l’école rien n’empêche de poser largement les questions, de faire prendre conscience des différences. Une langue n’a pas vocation à être conservée en l’état, comme une espèce menacée, ou alors c’est qu’elle est déjà morte ou risque de l’être. Pas plus qu’elle n’a vocation à reposer dans un dictionnaire définitif. Si l’on prend l’exemple du grec ancien, les poèmes homériques, L’Iliade et L’Odyssée, c’est de la tradition orale, et « Homère » est un simple nom propre qui recouvre une foultitude d’« auteurs » (cela veut peut-être dire « l’aveugle », ou alors « l’accompagnateur »…). C’est pourtant dans ces poèmes que la langue grecque s’est élaborée, qu’elle a été écrite, fixée, et les petits Grecs apprenaient à lire en déchiffrant « Homère » – tout le monde ne voit pas le même ciel, disait Dion, mais même les Perses connaissent Homère. Laissons ouverte la possibilité des traditions orales, de leur rapport ou non à l’écriture, et apprenons à l’école ce que l’on peut y enseigner.

Nombre de metteurs en scène qui ont travaillé avec des détenus ou dans les banlieues « sensibles » nous racontent l’enthousiasme, la réceptivité face à des textes pourtant supposés difficiles. Au cœur de cette difficulté sociale, ce que vous dites du travail sur la langue s’affirme comme une « haute nécessité », y compris chez des jeunes gens rétifs à la transmission scolaire. Est-ce une piste à explorer, au moment où l’on détruit les ateliers de pratiques artistiques dans le système scolaire et plus généralement toute action artistique dans les « marges » ?

Oui, oui et oui. Mais comprenons, d’abord, qu’une langue, ce sont des auteurs et des oeuvres. Et ensuite, qu’il y a plusieurs langues. Nouons autrement le rapport entrelangue et culture, comme entre langue et nation. Il faut « plus d’une langue », de cela je suis sûre. Comme je suis sûre que les « marges » sont nécessaires, qu’elles ne peuvent pas ne pas exister. Optimisme ?

Propos recueillis par Valérie de Saint-Do

• Barbara Cassin, Google-moi : la deuxième mission de l’Amérique, Paris, Albin Michel, 2006.
Avec le plus petit et le plus inapparent des corps, Paris, Fayard, coll. « Ouvertures »,
2007.
Collectif (Roland Gori et Christian Laval dir.), L’Appel des appels. Pour une insurrection des consciences, Paris, Mille et une nuits, 2009.
Avec Alain Badiou, Heidegger. Le nazisme, les femmes, la philosophie, Paris, Fayard, coll. « Ouvertures », 2010.
Il n’y a pas de rapport sexuel : Deux leçons sur « L’étourdit » de Lacan, Paris, Fayard, coll. « Ouvertures », 2010.
• Lire également Yves Citton, L’Avenir des humanités, Paris, La Découverte, 2010.




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