Vont-ils tuer les arts de la rue ?

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Vont-ils tuer les arts de la rue ?

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par Serge Chaumier
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Qu’est-il arrivé aux arts de la rue ? En trente ans, ce secteur est passé d’une inspiration libertaire émancipatrice à un consumérisme festif sous contrôle. Il s’agissait de réinventer le théâtre, en le sortant des salles pour transformer le passant en spectateur à son insu, en le cueillant dans sa vie quotidienne. Pour cette raison, les fondamentaux du théâtre de rue sont la gratuité, l’accessibilité, au cœur de l’espace public, à même les lieux de vie et de sociabilité. La ville est un cadre d’expression pour renforcer les liens entre la population et son quotidien, pour lui insuffler une vision créative. Les années 70 formalisent cette démarche dans la notion de développement culturel, véritable réflexion sur l’action culturelle et le citoyen auquel l’art et la culture apportent des moyens d’expression et de réalisation de lui-même. L’espoir est de retrouver l’essence du théâtre, son potentiel de transformation sociale et individuelle, que Jacques Copeaux visait et qu’espérait le théâtre populaire, de Firmin Gémier à Jean Vilar. Les arts de la rue dans les années 70 à 90 s’inventent en espérant trouver le Graal.

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C’est d’abord le temps des chercheurs, des découvreurs, des explorateurs, des initiateurs, de ceux qui vont distiller la folie dans les lieux les plus incongrus, faisant de la surprise et de l’étonnement le carburant d’une transforma[...]

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7 commentaire(s)

TREBOUTE 21 août 2017

Les artistes en réclamant le statut d’intermittent qui est un statut d’exception n’ont-ils pas contribué à cet état de fait ?
N’a-t-on pas favorisé l’émergence d’une sorte de classe de fonctionnaires dont, pour certains, le casse-tête existentiel se résume à trouver des dates à minima pour obtenir le statut. Là où l’on créait pour s’exprimer, on crée pour se ranger.
Et ce qui semble pernicieux c’est qu’on a dans le même dispositif des artistes et des techniciens ... mais n’étant pas moi-même artiste intermittent ni technicien je laisse, à ceux qui nagent dans ce milieu, l’honnêteté de nous en décrire les atouts et les faiblesses.

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Jagot 19 août 2017

Pour avoir assisté l’an passé à Chalon dans la rue, je peux affirmer que les soirées et débuts de nuit sont bien animés à Chalon-sur-Saône, en plein centre-ville dans des cours ou à 2 pas sous des chapiteaux, fréquentés et programmés par toute une belle jeunesse autour de bars-restos auto-gérés et de scènes musicales festives... n’est-ce pas Sylvie et Laurent ?
Que les budgets baissent, c’est à déplorer et regretter, mais ils baissent dans tous les secteurs de la culture.
Que le public vieillit, ça c’est également une récurrence rencontrée dans tous les festivals, théâtres, scènes culturels, médiathèques, maisons de la poésie, musées, lieux d’expo, etc.
C’est aux programmateurs de se poser des questions...
Pour revenir aux Arts de la rue, il est vrai que de proposer nombres de "pestacles" avec fanfares, équilibristes et nez rouges n’attirent peut-être pas la génération Y. Aux arts de la rue d’évoluer et d’être de son temps !

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Tartar(e) 17 août 2017

Plutôt d’accord dans l’ensemble mais je découvre que le vocabulaire de l’argumentation tend la perche pour se faire battre. "Territoire", "espace public", "démocratisation".... c’est le latin de l’administration, opaque, précieux, répétitif, glauque... et missionnaire. Une langue qui fait l’impasse sur les motivations au profit de buts honorables... Substitution habile qui sidère les artistes les plus aguerris. Pour moi le théâtre de rue, c’est quand je suis en colère, je casse tout, je ramasse les morceaux et je sors dans la rue pour vendre de la colle... Il y a tant à dire sur ce squat du fait artistique par la puissance publique (voir mon "Grand fictionnaire du théâtre de la rue et des boniments contemporains")... Ceci dit, je remercie l’auteur de cet article en l’invitant, si ce n’est fait à poursuivre par une réflexion sur les nouveaux "territoires" de la subversion. Merci d’avance. Tartar(e)

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17 août 2017

manques de budgets
municipalites intolerantes
peur et securisation a outrance
volonte de standardiser
volonte de rentabiliser

la pseudo - culture se met en place
exactement comme la malbouffe

les decideurs sont les financiers qui dictent
directement ou indirectement aux politiques ,
et a tous les niveaux ce qu ils doivent mettre en place !

mais jamais des peuples entiers n ont pu etre domestiques ,
en totalite !

et donc si la culture officielle se delecte de ses fourberies ,
la veritable culture populaire continuera d exister envers et contre tout , la dissidence est necessaire face a un pouvoir ecrasant !

evidemment dans ce systeme dissident , pas de budgets ,
mais une volonte de liberte ,
un etat profond de revolte
des voix , des cris au sommet des barricades
des actions de theatre de rue , de places de marches ,
tous les arts seront au rendez vous
au coeur de nos cites !

quelle que soit le niveau de repression ,
la riposte par les arts sera a la hauteur ,
par necessite de survie !

ils ne tueront pas les arts de la rue !
l art plus fort que le pouvoir !

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RAYMOND GABRIEL 17 août 2017

Qui ça, "ils" ? Vous pourriez peut être tenter de répondre à votre propre question ? N’auriez-vous pas tenté cet autre titre "C’était mieux avant !" ? Car c’est finalement ce que vous nous dites à propos des arts de la rue dont vous définissez les origines au début des années 90, c’est bien cela ? Et avant, justement, rien ? C’est quoi, au juste les arts de la rue ? Selon votre prisme réducteur ? C’est qui "les pères fondateurs" que vous ne citez pas ? Ceux qui ont acheté des feutres de couleur pour dessiner des costumes ridicules après avoir vu ceux d’un Découflé ? Ceux qui se sont partagé la fondation des CNAR ou sont devenus directeurs de compagnies conventionnées, ou les deux à la fois ? Et ces images qui illustrent votre propos (des compagnies non-citées) que nous disent-elles ? Est-ce juste pour alléger le texte, ou représenter ce que vous entendez dénoncer, à savoir la vacuité des propositions actuelles, ou juste parce que c’est "joli", ce qui contredit votre propos ?

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17 août 2017

Chalonnais, ayant connu les belles années, que dis-je, les "vraies" années de "Chalon dans la rue", je me demandais jusqu’à maintenant si j’étais le seul à penser tout cela ... ou si j’étais déjà un ancien qui regrette Avant parce qu’Avant, forcément, c’était mieux... …
et OUF voici un article bien écrit (c’est rare aujourd’hui) et dont chaque ligne, chaque mot est pesé, vécu, vrai ……… qui résume ce que n’est plus le théâtre de rue ou peut-être déjà , que le théâtre de rue n’est plus.
Merci pour cette belle analyse tristement vraie … je me sens moins seul

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Blanchard 16 août 2017

Merci Serges pour ce constat ; tellement d’amoureux d’étoiles auraient pu l’écrire, le sente...et au delà du déni, les frustrations multiples se dessinent. Combien d’entre nous se rappellent les surprises d’entre deux rues, les chaos musicaux, de feux, de dragons et de géants acrobates funambules, les "La Fura dels Baus" et autres folies des années 90 qui s’incrustaient au beau milieu de la rue...
Aujourd’hui, les festivals de rue sont propres sur eux ; on va de spectacle en spectacle dans le calme et la discipline, rien ne peut plus te surprendre et te clouer là, le sourire béat, en plein milieu de nulle part...finis les petits marionnettistes de coin de rue, finis les clowns intempestifs et hurleurs, les déambulations intrépides et tonitruantes - tambours du bronx et autres, qui te portaient de spectacles en spectacles au son de l’incohérence et de l’improbable...
Pour du rêve encore, réveillons-nous ?

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