Quoi de neuf chez les Mines de rien ?

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< L’enfance de l’art

Quoi de neuf chez les Mines de rien ?

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par Claire Trebitsch
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Nous nous sommes quittés avant la présentation des Toupies aux Couvent des Bernardins à Paris, qui eut lieu le dimanche 27 janvier 2019, lors de l’événement intitulé « Art, fragilité, liberté ».

Les membres de la troupe, malgré un stress plus ou moins intense selon les personnalités, nous ont offert un spectacle de 15mn, résultat construit et sensible, élaboré au fil des séances hebdomadaires.

Tout commence par l’émergence du vivant puis la naissance des idées suivie de la parole. Des corps allongés s’animent. Les idées, flottant dans un élément liquide ou aérien, sont délicatement cueillies entre deux doigts, amenées à soi. Devenues paroles, elles sont données à l’autre et suscitent des émotions selon ce qu’elles véhiculent. Où naît la parole ? « Dans les viscères » nous dit la récitante. Mais où sont les viscères ? Jeu de questionnements, de suppositions mimé. L’empêchement de s’exprimer reprend le titre de « La parole entravée » et le tout se termine par la verbalisation de différents troubles : « syndrome autistique », « exquise schizophrène » et « dyslexique », imprononçable pour l’acteur devient « dyslexil », conservé car la dyslexie est bien une sorte d’exil. Ou serait-ce un médicament miracle ?

La troupe salue sous un torrent d’applaudissements. Nous avons assisté à un vrai moment théâtral. L’émotion ne venait pas de l’admiration pour une performance de handicapés mais émanait bien du substrat de cette création portée par des individus avec leur différence mais des acteurs à part entière.
Les ateliers du vendredi ont repris. La mise en scène s’est modifiée. Les corps éparpillés sont à présent un amas et du chaos originel naît la vie.
Les idées cueillies devenues paroles ne sont plus seulement données, elles peuvent être prises chez l’autre et appropriées.

Les éléments travaillés vont maintenant s’articuler autour du mythe de Philomèle et Procné. L’histoire est complexe et sombre mais tous semblent y adhérer sauf quand Térée coupe la langue de Philomèle, moment insupportable pour l’un deux ; il se révolte et demande avec véhémence qu’on lui mette plutôt du scotch sur la bouche pour l’empêcher de parler.
J’assiste (et participe) avec beaucoup d’intérêt à l’élaboration d’une création théâtrale : suggestions qui deviennent éléments constitutifs ou sont abandonnées après essais, gestes, émotions qui ouvrent de nouvelles pistes, musique qui cadre ou induit le jeu.

Lors de l’atelier du 8 mars, était présente une jeune femme qui avait fait son Service civique avec la Compagnie les Toupies quelques années auparavant et une étudiante des Arts Décoratifs, en Scénographie, qui propose d’apporter bénévolement ses compétences.

La présence de tiers ajoute au regard réflexif que l’on porte sur un travail en cours et la participation ainsi que les remarques enrichissent la création.
Chacun s’est présenté en début de séance et tous les membres de la troupe se sont définis comme « acteur » et, en effet, c’est bien ce qu’ils sont.

Claire Trebitsch

Prochain rendez-vous : Dimanche 23 mars à 15h Festival sans Rideaux, au Centre Paris Anim Tour des Dames 14, rue de la Tour des Dames Paris 9e.



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