La Jarry, ces murs qui vivent

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La Jarry, ces murs qui vivent

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par Antonin Deslandes
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Îlot d’art et de liberté émergeant d’un quartier calme de Vincennes, le squat artistique de La Jarry est aujourd’hui menacé de destruction. Sa disparition entraînerait la perte d’un lieu vivant et indispensable au bien commun.

Douze ans de liberté, d’échange et de création. Douze ans, comme le nombre d’années écoulées depuis la création de l’association Jarry’ve revient. En investissant la Cité Industrielle, fermée en 2005, l’association allait donner naissance, en plein Vincennes, au plus grand squat artistique d’Île de France. Un lieu où cohabitent pas moins de 300 peintres, photographes, musiciens, artisans, stylistes, graphistes et même particuliers. 

Ce lieu, autogéré et vecteur d’échange, est pourtant menacé par la municipalité : après avoir exprimé de nombreuses fois ses réticences quant aux manifestations artistiques et festives organisées sur le lieu, la Mairie a finalement choisi de raser le bâtiment pour y construire un lycée. Négligeant de fait l’importance de la Cité dans le patrimoine industriel francilien, la Mairie balayait par ailleurs la proposition alternative de l’architecte Jean Nouvel. En 2010, l’architecte imaginait installer le lycée au sein du bâti existant, en cohabitation avec des ateliers d’artistes et des logements. Le lieu aurait pu alors garder son esprit actuel d’émulation permanente. 

C’est avec tout ceci à l’esprit que nous nous sommes rendus, la semaine dernière, sur le site de La Jarry. Nous voulions voir, entendre, prendre le pouls de cet endroit hors-normes et porteur. En marchant dans les allées de cet immense cœur d’activité, c’est un véritable Lascaux de l’art urbain qui s’est offert à nos yeux. Depuis 2011, et la venue de graffeurs du monde entier pour orner et sauvegarder ce lieu, les 4500 m2 de la Jarry sont devenus un musée vivant aux fascinantes fresques. 

Quelques images du squat artistique La Jarry

Face à ces murs, témoignant à chaque instant de la force de vie des artistes les occupant, on se sent pris d’un sentiment d’éternité. Comme si au travail des ouvriers d’antan, avait succédé celui des artistes, créateurs de sens, d’émotions, de commun. Libre à chacun de trouver son cheminement sur les sentiers de bitume de la Cité, de se laisser guider par les grafs, d’y déchiffrer une histoire ou un message. La Jarry est traversée par un élan artistique et politique en marge des hiérarchies officielles du monde culturel. Ses murs et ses corridors dénoncent, ringardisent, émeuvent. Il y règne un silence puissant, d’où érupte la volonté d’une société neuve et le rejet d’un art capitalisé. Imminente, sa fermeture serait la destruction d’une ville dans la ville, et la nécrose de causes communes.

Julien Coquelle-Roëhm
Antonin Deslandes



Vincennes La Jarry
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