L’ultime combat

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L’ultime combat

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par Nicolas Romeas
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S’ils parviennent, comme ils le souhaitent, à produire à partir de l’être humain quelque chose qui ne soit plus du tout humain, une apparence d’humain aussi efficace qu’une machine pour travailler dans de grands entrepôts ou des usines et consommer, la différence sera très simple à percevoir.

Aucune machine (même si l’on peut - comme absolument de tout - s’en servir pour créer), ne peut comprendre le geste artistique ni le produire d’elle-même. C’est une fonction exclusivement humaine.

C’est pourquoi ils veulent détruire l’art, c’est pourquoi ils voudraient faire croire que certaines machines en produisent d’elles-mêmes. C’est pourquoi ils mettent l’accent sur "l’art numérique" et sur les algorithmes qui font de la musique, peignent ou écrivent des histoires sans aucun arrière-plan humain, sans épaisseur de l’être, sans aucun mystérieux vécu chuchoté entre les lignes, les sons, les formes, reçu et retraduit par mon imaginaire. C’est pourquoi ils se délectent d’un "art" purement marchand et spectaculaire, le seul qu’ils comprennent, qui est la négation de ce geste. François Pinault et Jeff Koons sont le couple parfait de cette Apocalypse.

Car leur but est de démontrer que l’humain n’existe pas. De toute leur existence, ils tirent cet enseignement : les vainqueurs sont ceux qui renoncent à leur humanité. Ils sont devenus des robots et ne savent diriger que des robots.

Oui l’art exige une âme, un corps et un esprit vivants et vulnérables, qui par instants ne font plus qu’un. C’est ce qui caractérise vraiment l’être humain. Un corps qui échange secrètement avec le monde alentour, dont les sens, comme des antennes, captent les émotions subtiles. Toute création est le produit de ça.

Les symboles sont les agents secrets de cet échange, c’est le vocabulaire de ce langage. Pour produire une émotion chargée de sens, il faut un organisme vivant, des nerfs, un cœur, un souffle, un être de chair inséré dans une communauté de culture, partageant des symboles qui parlent à l’ensemble de l’être.

C’est pourquoi, bien qu’on l’oublie, l’art est l’ultime rempart contre la robotisation de l’humain, c’est-à-dire sa disparition.

Nicolas Roméas



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