Bienvenue aux insatiables !



Un journal culturel en ligne d’informations de débats et d’humeurs animé par l’ancienne équipe de Cassandre et celle du jeune Insatiable pour mettre en valeur des actions essentielles mais peu visibles, explorer des terres méconnues, faire découvrir des équipes et des artistes soucieux d’agir dans l’époque et, surtout, réfléchir ensemble aux enjeux portés par l’art et la culture dans une société en voie de déshumanisation.


Archives

Hamlet, sur les chapeaux de roues

Translatines 2013
par Thomas Hahn
Télécharger la version PDF
Version imprimable de cet article Version imprimable


C’est la première création du Teatro de los Andes depuis leur douloureuse séparation d’avec Cesar Brie, fondateur et sur-père de la troupe qui vit en Italie depuis trois ans. « Nous avons été obligés de déménager sur l’autre partie de notre terrain, et vivons désormais dans une partie sans source d’eau. Nous avons creusé pour construire un puits, mais n’avons rien trouvé. » Ce qui explique, en partie, selon eux le déluge qui coule de la table inclinée qui porte le cadavre d’Ophélie. Mais il y a, bien sûr, également une référence au souci général autour de l’eau, sans parler de la noyade de la belle…

JPEG - 43.3 ko

C’est la première création du Teatro de los Andes depuis leur douloureuse séparation d’avec Cesar Brie, fondateur et sur-père de la troupe qui vit en Italie depuis trois ans. « Nous avons été obligés de déménager sur l’autre partie de notre terrain, et vivons désormais dans une partie sans source d’eau. Nous avons creusé pour construire un puits, mais n’avons rien trouvé. » Ce qui explique, en partie, selon eux le déluge qui coule de la table inclinée qui porte le cadavre d’Ophélie. Mais il y a, bien sûr, également une référence au souci général autour de l’eau, sans parler de la noyade de la belle…

JPEG - 28.5 ko

Teatro de los Andes est donc de retour, avec « Hamlet, de los Andes », une pièce qui joue avec l’œuvre de Shakespeare comme si elle la ruminait de façon obsessionnelle, à travers le rapport au père et les valeurs d’honnêteté et de moralité, tant de fois trahies par les personnages de la tragédie. Ca commence comme une séance chez le psy, autour du cadavre du père, rapport charnel, voire carnivore inclus.

Ce qu’a vécu la troupe de Sucre en Bolivie, n’est comparable qu’au traumatisme des danseurs de Pina Bausch après le décès de la grande dame de Wuppertal. Mais les Boliviens savent le surmonter avec autodérision et parlent ouvertement de leurs états d’âme. Ils règlent leurs comptes avec l’attentisme en se coinçant dans un cadre de porte, en constatant que « ça fait vingt ans que nous sommes là. » Pour la simple raison que chacun attendait que quelqu’un d’autre bouge en premier.

Et s’ils sont loin de vouloir dire que leurs décennies avec Cesar Brie étaient des années perdues, leur message-clé est : « Il faut savoir se regarder en face ». Pour mieux y arriver, ils ont invité un dramaturge et metteur en scène extérieur à la troupe, le Bolivien Diego Aramburo. Et leur façon de tuer le père est aussi honnête que morale et constructive : Ils sont meilleurs qu’avant ! Ecriture, jeu, concept, tout… si l’on compare avec la dernière création pour la salle avec César Brie, en un sol amarillo ». Teatro de los Andes n’est pas mort, il continue de se battre de plus belle, à travers un Hamlet indigné et révolté, un Hamlet qui a du chien, qui mord, malgré lui.

Hamlet n’est pas complètement absent non plus chez la troupe équatorienne Muegano Teatro. Le metteur en scène, Santiago Roldos, n’est autre qu’un des enfants du président équatorien Jaime Roldos Aquilera, mort dans un crash d’avion en mai 1981, probablement pour avoir déplu au CIA américain en refusant aux compagnies américaines l’accès aux réserves pétrolières du pays.

Dans « Karaoke orquestra vacia », les rapports père-fils sont évoqués, et avec eux la politique du continent, à travers la répression du syndicalisme et des dictateurs-séducteurs grotesques. « Cette pièce ne prend aucune responsabilité des opinons politiques qui y sont exprimées », préviennent-ils. Tableaux muets burlesques ou tragiques, cabaret grotesque et poétique, souvenirs personnels : la déconstruction atteint la violence d’Heiner Müller dans « Hamlet Machine » et la compagnie se reconnaît, en effet, des références de Brecht et Müller.

Le trio évoque tous les mythes occidentaux, mais fait surgir aussi les démons du continent, à savoir les disparus et ces dictateurs grotesques qui promettent sans cesse une « refondation totale de tous les rapports sociaux. » Mais s’ils reviennent à Brecht, c’est « à travers son inspiration latine, à savoir le fait de travailler en troupe », préviennent-ils. Leur cabaret grinçant ressemble plutôt à Müller, revu à travers l’espièglerie sud-américaine.

Thomas Hahn

http://theatre-des-chimeres.com






Réagissez, complétez cette info :
modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Signalez un problème sur cet article :


Annonces

Pour sa qua­ran­tième édition, le Festival de cinéma de Douarnenez choi­sit de ques­tion­ner la notion de Frontières. Frontière, non plus cette limite arbi­traire, cette bar­rière qui sépare mais plutôt zone d’échange. Frontière, un lieu qu’il s’agit d’inves­tir, un ter­ri­toire commun…


Brèves

Cette his­toire simple, et les contrain­tes qu’elle nous impose, convien­nent à un théâ­tre sim­ple­ment arti­sa­nal. Pas de recours aux tech­ni­ques contem­po­rai­nes. Technique qui fut l’immense chan­tier d’Anders. « Le « trop grand » nous laisse froids, mieux (car le froid serait encore une sorte de sentir) même pas froids, mais com­plè­te­ment intou­chés ; nous deve­nons des anal­pha­bè­tes de l’émotion ».


Le Festival OASIS BIZZ’ART fête sa 15ème édition cette année et vous offre quatre magni­fi­ques soi­rées avec des artis­tes venus des quatre coins du monde. Concerts, che­vaux, cirque, per­for­man­ces, pro­jec­tions, ate­liers, espace enfants, res­tau­ra­tion locale... le tout sur un site natu­rel entiè­re­ment scé­no­gra­phié !


Participez au très beau projet qui se met en place autour d’Armand Gatti et de la maison qui abrite la Parole errante à Montreuil.


En ce début d’été de belles choses autour d’Armand Gatti se dérou­le­ront à Montreuil. Quelques jours où nous pour­rons nous replon­ger dans les mots du poète, dis­paru ce prin­temps, mais tou­jours là autour de nous, dans cette Maison de l’Arbre qui nous a accueillis.


Cette année le fil rouge du fes­ti­val est "Le bateau", celui des pêcheurs de Camaret, celui du Bateau Ivre et aussi celui dans lequel s’embar­quent des mil­liers de femmes et d’hommes à la recher­che d’un avenir plus pai­si­ble... Les 28, 29 et 30 Juillet.