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Grand Ensemble : du monde aux balcons

par Marie Barbaux
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Le cadre citadin limite généralement les évènements extérieurs, mais dès l’amorce de la saison estivale, on peut enfin apprécier une balade musicale à l’occasion de la Fête de la Musique. La rencontre de l’espace public et de la musique est l’occasion de se divertir le temps d’une soirée festive, mais pas seulement. La ville redevient un espace de vie partagé. C’est l’objet de l’initiative de Pierre Sauvageot compositeur et directeur de Lieux publics [3], de la Coopérative de rue et de cirque (2r2c) et de l’Orchestre de chambre de Paris durant le mois de juillet à Paris.


Le vendredi 7 juillet place d’Aligre dans le 12ème arrondissement de Paris, avait lieu un concert intrigant : l’Orchestre de chambre de Paris joue Grand Ensemble une composition originale de Pierre Sauvageot. Maud et moi décidons de nous y rendre pour L’insatiable. Jusque-là, rien de novateur hormis l’incongruité du lieu. Les musiciens étaient postés aux balcons d’un immeuble récent. L’annonce de cet évènement à entrée libre à suscité en nous l’envie d’expérimenter ce qu’un orchestre classique peut apporter à un environnement urbain.

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Une représentation de 50 minutes, sans chef d’orchestre ni amplificateur, il faut donc être attentif au morceau qui se distingue des bruits de la ville. Au fil des minutes des sons enregistrés interviennent, semant le doute dans la foule. Une sonnerie de téléphone portable, des aboiements, des pleurs d’enfants font écho à la scène qui se joue en bas de l’immeuble. La manifestation à su réunir des personnes de tous âges, la place est remplie de passants, habitants du quartier ou curieux. Les enfants jouent pendant que les parents discutent.

Le charme opère, un fragment de silence au cœur de la cacophonie, les musiciens jettent leurs partitions du haut des balcons, on est arrachés à nos conversations. Dans cette ambiance familiale qui allège le poids de l’été parisien, une musique animée et rocambolesque fait se croiser les générations, des extraits de Jacques Brel à Claude François en passant par Beyoncé. S’y ajoutent des voix d’hommes et de femmes qui interviennent pour déclamer l’historique de la place d’Aligre. Cette création est une sorte d’hommage aux habitants qui ont ouvert leurs portes aux musiciens.

Le Magazine de l’Orchestre de chambre de Paris distribué à l’entrée de la place nous informe qu’il accorde une place importante à démocratiser, ou du moins à communiquer à l’aide de la musique. La culture musicale d’un pays étant un bagage transportable, l’Orchestre travaille avec des migrants afin de découvrir et de croiser les inspirations musicales.


Nous repartons du concert avec l’idée que ces occasions sont trop rares. Mais nous sommes mauvaises langues. Pas plus tard que mardi dernier, alors que nous longions le canal Saint-Denis à l’occasion de l’exposition de fresques Street Art Avenue, nous découvrons une fanfare sur la terrasse du 25°Est à la station Jaurès. Les Pikolo Brass Band brandissent leur instruments à cuivre : trompettes, trombones, saxophones, soubassophone et tuba accompagnés d’une batterie et d’un mégaphone, enflamment la terrasse puis la place de la Rotonde. Grand Ensemble a pris fin le mardi 11 juillet avec un morceau de Schubert à l’Hôtel de Beauvais dans le 4ème arrondissement. Mais vous pourrez retrouver les Pikolo Brass Band les mardis au 25°Est à partir de 20h30 et le 13 juillet au 115 boulevard de Ménilmontant au bar Les idiots.

Marie-Benjamine Barbaux





[1Centre national de création en espace public

[2Centre national de création en espace public

[3Centre national de création en espace public





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