Feydeau, fais dodo !

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Feydeau, fais dodo !

On va en bouffer du boulevard et du divertissement !
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par Valérie de Saint-Do

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Dimanche dernier, les Comices agricoles du théâtre à la télé ont couronné le triomphe du boulevard, avec le Molière décerné au Fil à la Patte monté à la Comédie Française, excusez du peu. L’occasion de vous livrer une partie de l’excellente chronique de Bruno Boussagol au sujet de la très résistible ascension du rire de collaboration dans le théâtre public.
Teasing : la suite de cette chronique est à lire dans la dernière cuvée (#85) de Cassandre/Horschamp, la plus passionnante des revues !

RIRE C’EST RÉSISTER

« Feydeau-Feydeau par ci, Feydeau-Feydeau par là »…

Comédie Française, théâtre privé et théâtre public… Tous unis dans la célébration de l’humour « à la française » !

Vaudeville, théâtre bourgeois, théâtre de boulevard, théâtre bouffe font cette saison les délices de la critique, des programmateurs, des élus et finalement du public. Les producteurs se frottent les mains, les bourgeois retournent au théâtre et les prolos s’en foutent comme d’hab.

Et puis comme ce sont les plus grands metteurs en scène de gauche qui s’y collent, y’ a pas de honte à avoir. Alors je vous emmmerde Monsieur, je ris Monsieur, car rire c’est résister (1) et moi je résiste Monsieur.

Quelques exemples de « résistance »

Jean-Louis Benoît ne croit pas si bien faire en montant «  Un pied dans le crime  » d’ Eugène Labiche pour la réouverture du théâtre de la Criée de Marseille, lequel théâtre sera offert par la Présidence dés juillet prochain à la cheffe de réseau Macha Makeïeff (si c’est pas une bonne grosse blague de cocu dans le placard qu’est ce que c’est ?).

Comme on ne prête qu’aux riches, c’est son « camarade » Jérôme Deschamps qui ramasse à la Comédie Française la plus grosse mise du moment grâce à l’auteur révolutionnaire Georges Feydeau et son «  Fil à la patte  » avant que le temple de Peter Brook (les Bouffes du Nord) ne s’offre à lui en juin et retrouve sa véritable vocation avec l’increvable Courteline (de la belle embrouille où je me trompe ?).

Mais le pompon de la résistance revient à Alain Françon. La retraite lui donne des ailes à celui là ! Il crée d’un coup 4 pièces de Georges Feydeau au Théâtre National de Strasbourg avec l’argent public et les exploite au théâtre Marigny sur les Champs Élysées, mais là c’est le public qui paie plein pot. Génial non ? Ça vaut le Savary des grands crus, non !

Jean-Pierre Vincent fait dans le marivaudage. C’est plus brechtien, donc moins compromettant.

Pradinas tourne courageusement Labiche depuis plus d’un an dans toute la France.

Quant à Sacha Guitry, il a trouvé dans la jeune et naïve (?) Piccola Familia la voie royale du théâtre public ( les ayants droits doivent se marrer !).

Kouchner du théâtre, Besson du divertissement, ces metteurs en scène souffrent du syndrome de Stockholm. A force d’avoir fréquenté les allées du pouvoir, de l’argent et des honneurs ils se prennent sur le tard à vouloir satisfaire les goûts de leurs geôliers. « Trompettes de la renommée… ».

Paresse des sentiments, trahison des idéaux, suffisance des égos, servitude à la culture bourgeoise, la seule.

De la « culture pour tous » à « la culture pour chacun » il n’y avait qu’un pas. Ils l’ont franchi dans la rigolade franchouillarde.

Et ça remplit les salles !

«  C’est nous les gars de la Marine… » (Suivez mon regard).

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi ça craint. La résistance, ce n’est pas comme ça que je la voyais. Je me sens un peu mal, comme une envie de dégueuler, de gueuler, d’engueuler.

Le problème c’est que ça marche ! Le public en redemande et vous pouvez être sûr que la saison prochaine (élections présidentielles et législatives obligent) on va en bouffer du boulevard et du divertissement dans les scènes dites nationales. Et les Centres Dramatiques ils vont en crever à force de résister !

Bruno Boussagol

  1. Selon la formule de Jean-Michel Ribes qui en avait fait son "plan com’" de saison.

P.S. Urgent et important : L’ami Boussagol est pour tout le mois au Lavoir moderne Parisien avec son Petit musée de la catastrophe de Tchernobyl. Là, ça rigole pas vraiment, mais ça résiste VRAIMENT. Courez-y !


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