Etats généraux de la revue

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Etats généraux de la revue

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par Antonin Deslandes
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Quelles questions doit-on se poser sur la revue, sur sa diffusion et sur ses stratégies éditoriales ? À Lyon, le festival organisé par l’association Livraisons entend faire le diagnostique de cet objet littéraire particulier.

Denis Reynaud, spécialiste de la presse périodique et Anne-Marie Mercier, responsable du site internet « Gazettes du 18ème siècle » ont inauguré cet après-midi du 12 mai par une rétrospective sur les revues dans l’histoire de la presse. Ces dernières ont vu le jour sous différentes formes : des gazettes d’information politique, des publications destinées à la culture, ou encore des journaux de mode dans le courant du 19ème siècle, impulsés notamment par le duo de dandys Baudelaire et Balzac. Deux siècles plus tard, avec l’apparition d’internet et des nouvelles méthodes de diffusion, la revue cherche comment exister en gardant ses particularités. La plupart d’entre elles ne se trouvent pas en kiosque, ce qui les différencie du reste de la presse, notamment de la presse magazine. D’autre part, les mutations de la sphère médiatique amènent le public à rechercher de la lecture courte, brève, concise. Ardue est donc la tâche des revues pour trouver leur cheminement. D’autant plus que certaines d’entre elles, dont la périodicité est hebdomadaire, se retrouvent tardivement dans les librairies, ce que déplore Nicolas Simonin, directeur de R-Diffusion : « Les éditeurs travaillent dans l’urgence. Le moment entre la sortie de la revue et son arrivée en librairie est compliqué à gérer ». Du côté de Sylvain Fourel, libraire de La Voie aux chapitres, on est persuadé qu’il y a un outil à inventer pour faciliter la diffusion des revues : « Ca serait énormément de travail mais il faudra recourir à un système comme Cairn pour les revues en librairie, car il est difficile pour nous de conserver les anciens numéros  ».

Alors certes, la plupart des revues vivent avant tout de leurs abonnements. Mais leur stratégie ne peut reposer uniquement sur cette dynamique. Dans le développement de leur portée, les revues peuvent également s’appuyer sur le soutien des bibliothèques. « Les bibliothécaires doivent aller en librairie pour voir ce qu’il se produit. Il faut une curiosité professionnelle pour soutenir les revues » explique Thierry Ermakoff, responsable du département des services aux bibliothèques à l’Ecole Nationale Supérieure des Sciences de l’information de Lyon. Mais le constat que l’on peut tirer sur les politiques publiques culturelles s’applique aussi aux bibliothèques municipales. Ces dernières sont souvent sous la coupe d’un maire, d’un adjoint à la culture qui veut avant tout voir la presse grand public remplir ses étagères. Oui aux Inrocks, à Télérama (sans jeter quelconque discrédit sur ces titres), exit Zamân, le Crieur ou Cassandre. Pas assez vendeur. La revue se retrouve alors dans l’impasse. Au stade actuel, Internet et les réseaux sociaux peuvent être les alternatives vers lesquelles se tourner. Ces outils permettent de s’ouvrir à de nouveaux publics et offrent la possibilité de diversifier la ligne éditoriale, de proposer des formats ou des sujets plus courts, tout en gardant la thématique qui fait la spécificité d’une revue. À chacune d’entre elles de définir l’évolution qu’elle souhaite prendre.

Antonin Deslandes



Littérature Festival Lyon
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