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par Nicolas Romeas
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Par effraction, un petit bloc de texte comme un morceau de rêve de notre histoire

Blessure profonde, la lame fend l’air fichée ouvre la plaie, la blessure noire est là. Sans doute mortelle, on ne sait pas, ça va se décider bientôt. L’animal collectif est atteint. Pour l’instant il ne bouge pas, presque pas, il contemple la faille en lui, l’ouverture d’où tout peut s’échapper, incrédule, d’où tout peut fuir. Il essaie, étonné, de comprendre ce qui lui arrive. L’hostilité de l’adversaire est trop grande, sa haine le bouleverse, l’animal n’est pas habitué, pas armé pour réagir à ça.

On sait que ça risque de mal finir et on s’en doute depuis longtemps n’est-ce pas ? Mais on a quand même appris une chose dans cette histoire. On a appris à marcher, on sait depuis l’enfance qu’il faut marcher, qu’il n’y a que la marche qui compte, quelle que soit l’issue. On fait un pas de travers, disloqué, bizarrement maladroit, on trébuche, on gémit on ahane, on avance sans comprendre, ça tangue vraiment, on souffle. On fait un pas quand même on fait un pas.

Animal de boucherie à l’abattoir, voilà l’Homme, le maître incontesté du monde, le voilà percé par le dard. L’Homme perce l’Homme après lui avoir menti, très longtemps, l’Homme perce l’Homme après l’avoir bercé comme une mère, endormi, anesthésié de douces et morbides illusions sur sa capacité à dépasser le mal.

Et puis blessé sans équilibre, l’Homme marche alors longtemps, très longtemps retombant brusquement comme une machine cassée, embrumé mais déterminé il ne sent plus ni douleur ni fatigue et à la fin il ne voit plus ses ennemis, des requins, des zombies, des hideux, des mauvais, des moches, des sans âme, ces hordes imprécises, ces vagues fantômes maléfiques. Il marche au loin et comme on perd pied et ses repères dans la mer au lointain, il n’entend plus leurs voix.

Il ne voit plus leurs ombres. Il n’entend plus que le martèlement de son coeur, les coups de masse de ses pas et le crissement insupportable du sable du désert. Au bout de ce désert peut-être y a-t-il une mare ou un miroir où il se voit, où il voit l’ombre de l’ennemi, le couteau à la main.

Nicolas Roméas



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