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Agenda de ministre

par Valérie de Saint-Do
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Le privilège des journalistes culturels est de recevoir l’agenda de la ministre de la Culture. En cette période marquée par le combat des intermittents, j’ai donc compulsé avec attention celui de Mme Filippetti.

Qu’apprend cette lecture ?
Un sens des priorités que l’on pourrait qualifier de légèrement décalé.
À moins qu’il ne soit extrêmement significatif de ce que sont précisément les priorités du gouvernement en matière de culture.
Lundi 23 madame la ministre s’entretenait puis signait une convention culturelle avec Cheikh Tamim bin Hamad Al-Thani, émir du Qatar, au Palais de l’Élysée. Demain mercredi 25 juin, madame la ministre, en compagnie de M. Arnaud Montebourg, reçoit la restitution du rapport sur « l’entrepreneuriat culturel » remis par Steven Hearns.

Qui est Steven Hearns ? Le président de la holding Scintillo « qui regroupe de nombreuses participations dans le champ culturel : équipements et cinémas, revue et magazines, production cinématographique, incubation et pépinière » Il est également le gérant de l’agence Le Troisième pôle, qu’il a fondée en 2000. « Spécialisée en ingénierie culturelle et sociale en direction des administrations publiques, elle développe de nouvelles perspectives de politiques territoriales ».
Il est par ailleurs le vice-président de La Gaîté Lyrique et le gérant du défunt magazine Mouvement (ce qui en passant laisse planer quelques doutes sur ses capacités de gestionnaire, à moins que la liquidation d’un périodique culturel fasse partie des missions d’un tycoon chargé d’éliminer toute critique de « l’entrepreneuriat culturel »).

Cumul des fonctions quasi monopolistiques, OPA sur des institutions municipales, étrange intrusion des intérêts privés dans la gestion d’établissements publics, langage du management et du marketing appliqué au champ de l’art... Tout un programme et un agenda politique, en effet. Dont les intérêts ne semblent pas exactement coïncider avec ceux des artistes ni avec le partage de l’imaginaire et du sensible dans notre société.






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