Video art au festival Circulez... à la Villa Mais d’Ici

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Video art au festival Circulez... à la Villa Mais d’Ici

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La vidéo-art Balbutiement est présentée en ce moment au Festival « Circulez » de la Villa Mais d’ici à Aubervilliers dans une installation, un espace convivial ou l’on va idéalement prendre le temps de regarder, de se rencontrer, de discuter de ce qu’on a vu. L’idée est de reprendre modestement le principe des ronds-points, des agoras où la parole reprend sa place, dans une salle d’exposition. C’est l’idée de l’hétérotopie du philosophe Michel Foucault. Une envie de remettre un peu de circulation dans le rapport humain, de faire souffler l’air du dehors dans un espace envisagé comme un carrefour dans l’exposition.

Au creux de ce festival populaire qui fait la part belle à la musique et aux marionnettes, ce grand moment de partage entre les artistes résidents de la Villa et des habitants du quartier des Quatre chemins à Aubervilliers, il y a une petite halte discrète, un lieu tranquille dédié à la rencontre et la parole. Pour ce qui est de son design, ce petit salon modeste et suranné donne l’impression que le temps s’est arrêté alors que la vidéo parle de la vie, du mouvement de la société. Ça correspond bien à la facture très home made du film, mais aussi à la manière dont Zsazsa Mercury compose avec des éléments très hétéroclites, de l’existant, avec un réel qu’elle transforme. Dans la vidéo, on assiste à un mélange d’images d’archives, de textes écrits, de performance... Et dans l’installation, des éléments du quotidien qui revendiquent une esthétique du banal mais parlent aussi de ce qu’elle nomme son « amour pour les vieilleries et leur puissance de réminiscence. »

Avec Nicolas Roméas - auteur du texte en voix off qu’on entend tout au long de la vidéo - et l’équipe de la webradio La Fontanelle ils ont suivi avec passion l’évolution du grand mouvement social dit des « Gilets Jaunes » l’hiver dernier. L’équipe de La Fontanelle a commencé à s’interroger sur la force du geste artistique dans ce mouvement. Et elle est allée à la rencontre d’artistes engagés qui ont une histoire avec ça, pour en discuter avec eux, comme par exemple les membres de la compagnie Jolie Môme et ceux de la fanfare invisible. Et à dire vrai les artistes semblaient plutôt mal à l’aise, comme si le moment était tel que le geste artistique qui aurait pu en jaillir ne pouvait être que complètement déplacé, voire dérisoire.

C’est en fait quand la répression est arrivée à son comble que Zsazsa Mercury a ressenti la nécessité de faire cette vidéo. Elle l’a fait, dit-elle, « de manière un peu enragée, en colère... » Et la forme littéraire du texte, écrit au moment du troisième acte, donc beaucoup plus tôt, sans modérer sa colère, lui a permis de donner plusieurs niveaux de lecture au film, plusieurs strates : esthétique (avec son travail de plasticienne), poétique, politique et sensible (dans son dialogue avec le texte), et autour de la mémoire (les archives filmiques et sonores).

L’idée était à la fois de rendre compte de la tentative que ce mouvement a fait de dépasser tous les clivages politiques, de réfléchir le monde ensemble, en dehors des idéologies constituées, mais aussi de rendre compte des échanges avec Nicolas Roméas autour du mouvement en tenant compte de la différence de leurs points de vue, notamment sur la légitimité de la violence.

On y perçoit nettement deux propos, exprimés avec des langages différents, qui se croisent et se tissent autour de cette question. Comment analyser et dénoncer la violence subie par le prolétariat - ce qu’on appelle le peuple - de la part de l’industrie mondialisée, du pouvoir et des médias mainstream ? Il s’est agi pour la plasticienne de s’efforcer de penser, d’évoquer et d’exprimer ses ressentis sur le mouvement, en utilisant comme elle le dit, « tous les éléments à portée de sa main. » D’où cette mosaïque d’images et de sons qu’on appelle en vidéo un mashup ou un samplage en musique. Zsazsa Mercury pense « que l’esthétique prend sa source dans des choses concrètes, complètement prosaïques, dans des objets de tous les jours, issus de la société, le système, les gens, quelque chose qui est donc toujours de l’ordre du politique. Il s’agit ici du regard qu’on va porter sur cette réalité et de comment cette réalité va agir sur nous. » Notre plasticienne « libérée » résume ainsi sa démarche artistique et politique : « Je casse et je recompose, je bricole, je recolle, j’essaie de fabriquer quelque chose de cohérent avec de l’hétéroclite. Ça relève toujours un peu du cut up en prenant la liberté de le faire à ma façon, d’une manière ni linéaire ni normative. C’est un exercice qui se fait dans l’improvisation et qui a pour but de faire travailler les imaginaires. »




Les Allumeur.e.s à la Villa Mais d’Ici

Festival « Circulez... » À la Villa Mais d’Ici



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