« Vuelta » : Vers un retour des Translatines ?

PARTAGER CET ARTICLE ► 
|  Article suivant →
s’abonner
 

Enfin
des cadeaux intelligents !





   


< Articles

« Vuelta » : Vers un retour des Translatines ?

Entretien avec Jean-Marie Broucaret
PARTAGER ►

par Thomas Hahn
Télécharger la version PDF  Version imprimable de cet article Version imprimable



Les Translatines de Bayonne/Biarritz sont un peu moins mortes qu’on pouvait le craindre. Jean-Marie Broucaret et l’équipe du vaillant Théâtre des Chimères s’accrochent, en proposant une édition 2015 sous le titre de « Vuelta » : un festival à la programmation réduite qui se déroule du 9 au 18 octobre. Car sur la côte basque, la présence artistique de l’univers latino-américain compte vraiment, en particulier pour un public qui cultive une vraie soif de ce théâtre à l’esprit politique, citoyen et débridé.

« Vuelta » signifie retour, n’est-ce pas ?

Jean-Marie Broucaret : C’est d’abord la boucle, dans une course cycliste par exemple, mais c’est aussi le tour d’honneur. Et bien sûr il y a « ida y vuelta », l’aller-retour. C’est en effet un clin d’œil de notre part. Dans tous ces sens-là, il s’agit de notre volonté de ne pas abandonner, après tout le travail fait depuis des décennies.

Cie La Maquiné El bosque de Grimm © La Maquiné

On a rarement vu un éditorial annonçant un festival, en précisant qu’il ne s’agit pas d’un « baroud d’honneur ».

J’ai réfléchi longuement avant d’écrire cette phrase. Je voulais envoyer le message que de notre côté, nous sommes prêts à continuer et à avancer avec les tutelles pour assurer ce qui nous tient à cœur, à savoir la présence d’artistes latino-américains sur notre territoire.

Dans votre édito vous dites également avoir fait les fonds de tiroirs pour financer « Vuelta ». Un acte d’espoir ou de désespoir ?

Nous avons le soutien du Département et du Conseil Régional, mais il est vrai qu’il y a eu des décisions à l’emporte-pièce, prises par les municipalités concernées, et notamment par la Mairie de Bayonne qui a lancé un festival mixte d’arts et de sports. Mais celui-ci s’est soldé par un échec public, au point qu’il a fallu annuler certaines manifestations. Nous avons aujourd’hui l’espoir que les choses soient réétudiées. Lors de notre conférence de presse présentant « Vuelta » à la presse locale, l’adjoint à la culture de Bayonne et la directrice des affaires culturelles ont été présents pour nous dire que le maire était très attentif à l’existence de « Vuelta ».

Teatro Errante Yo maté a Pinochet © Teatro Errante

Quand vous évoquez le travail fait depuis les débuts, vous pensez sans doute au lien entre les Translatines et le public ?

Bien sûr. Le public et la profession se sont mobilisés et la municipalité a reçu beaucoup de courrier. Il semble que cet élan pèse dans la balance, en faveur des Translatines. Mais cette pause est aussi pour nous un moment de réflexion et peut-être de refondation. Nous n’allons sans doute pas retrouver les Translatines telles qu’elles étaient. Par contre, si les Translatines renaissent, nous pourrions y intégrer un volet formation et réflexion plus fort. La tenue d’un colloque sur les conditions de production et de diffusion du théâtre latino-américain pointe en ce sens. Et si ce sont les universités locales qui ont décidé de l’organiser, les participants viennent voir les spectacles de « Vuelta » et le public du festival est invité à assister au colloque. De notre côté, nous pourrions réfléchir à l’organisation de masterclasses, de résidences de création pour des compagnies latino-américaines.

Avez-vous tout de même pu inviter des compagnies du continent latino-américain ?

Une seule équipe, grâce au fait qu’elle est présente au festival Sens Interdit à Lyon, dirigé par Patrick Penot. Il s’agit de Io maté à Pinochet de la compagnie chilienne Teatro Errante. C’est l’histoire d’un vieux militant populaire qui se rend compte que toute son action militante n’a laissé aucune trace dans la mémoire collective. Il s’invente donc une histoire en se réclamant d’avoir tué Pinochet et prétend que jusqu’à sa mort officielle, le dictateur avait été remplacé par un double. Parmi ses amis militants, personne ne croit en son histoire, mais tout le monde fait semblant puisque chacun avait rêvé de tuer Pinochet, si bien que l’idée devient vraisemblable. C’est encore une fois, de la part d’une compagnie chilienne, une façon de travailler sur la mémoire du pays du point de vue de la jeune génération qui veut aussi interroger sa propre réalité dans le Chili d’aujourd’hui.

Propos recueillis par Thomas Hahn

http://theatre-des-chimeres.com/



Théâtre Festival Biarritz Théâtre des Chimères Jean-Marie Broucaret
fake lien pour chrome




Partager cet article /  





Réagissez, complétez cette info :  →
Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.



Infos, réflexions, humeurs et débats sur l’art, la culture et la société…
Services
→ S’abonner
→ Dons
→ Parutions papier