Bienvenue aux insatiables !



Un journal culturel en ligne d’informations de débats et d’humeurs animé par l’ancienne équipe de Cassandre et celle du jeune Insatiable pour mettre en valeur des actions essentielles mais peu visibles, explorer des terres méconnues, faire découvrir des équipes et des artistes soucieux d’agir dans l’époque et, surtout, réfléchir ensemble aux enjeux portés par l’art et la culture dans une société en voie de déshumanisation.


Brèves

Un commentaire personnel sur Exhibit B, après réflexions.

par Nicolas Romeas
Télécharger la version PDF
Version imprimable de cet article Version imprimable


Que demander de mieux à une œuvre que de nous faire réfléchir collectivement, de nous permettre d’ouvrir des débats publics sur des sujets difficiles sur lesquels nos idées ont du mal à avancer, sont parfois mal formées, brouillées, peu sûres ? Cette œuvre-là a rempli ce rôle, disons-le, elle a fait bouger la société, permis à des douleurs enfouies et presque jamais entendues de la bouche de ceux qui les ont subies, d’éclater au grand jour, à des désaccords de s’exprimer, elle nous a forcé à réfléchir à nouveaux frais sur la question coloniale (et post-coloniale) et sur l’esclavage. Elle nous permet aussi de percevoir les séquelles contemporaines de tout cela, visibles ou invisibles. Il suffit de penser à la politique migratoire de l’actuelle Europe… Grâce à sa violence, elle a permis aux manifestants qui s’opposaient à cette « installation » de nous rappeler que ceux qui en ont été les victimes ne peuvent pas ne pas être dans la boucle d’une réflexion sur le sujet. Et en effet nous appartenons à une collectivité multi-ethnique (comme on disait autrefois), il est donc très étrange de proposer à cette collectivité ce qui ressemble bien à un spectacle - incontestablement antiraciste - mais fait par un Blanc pour des Blancs.

Et, oui, en effet, les descendants des colonisés et des esclaves sont parfaitement légitimes à exprimer leur sensibilité sur ces sujets qui les concernent au premier chef et qu’ils ressentent peut-être autrement que ne le font des descendants de colons. Et à dire leur mot. Qu’ils le fassent maladroitement ou poussés par un embrigadement de certains groupes, parfois sans avoir vu l’installation qu’ils contestent et que certains voudraient voir censurée, c’est probable. Mais un débat est ouvert. Et c’est un résultat inestimable. Nous avons besoin de débats, de polémiques, de désaccords. Si nous voulons pouvoir sérieusement affirmer que l’art a un rôle à jouer dans le fonctionnement de notre société, il faut accepter que ça bouge et permettre à ces désaccords de s’exprimer, à ce bousculement d’avoir lieu sur la place publique. Il ne faut évidemment pas censurer le geste artistique, il faut s’en emparer pour dialoguer avec d’autres, et il faut pouvoir lui répondre. Faute de quoi sa « sacralité » risque de se transformer en un mur étanche qui lui interdira de dialoguer avec ses contemporains.

À quoi pourrait-il servir dans ce cas ? Au commerce ? À l’autosatisfaction d’une « élite » ? L’art sert à ça, à nous faire penser, parler, échanger, manifester nos désaccords, à comprendre, mieux et ensemble, ce qu’est réellement cette collectivité à laquelle nous appartenons tous.

Les salles qui reçoivent cette installation seraient donc à mon sens bien avisées de favoriser chez elles l’ouverture de vastes débats où toutes les opinions pourraient s’exprimer (après l’avoir vue, évidemment) autour d’une œuvre qui semble avoir pour objectif de remuer les consciences et non de nous réduire au silence.






Réagissez, complétez cette info :
Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Signalez un problème sur cet article :


Annonces

Pour sa qua­ran­tième édition, le Festival de cinéma de Douarnenez choi­sit de ques­tion­ner la notion de Frontières. Frontière, non plus cette limite arbi­traire, cette bar­rière qui sépare mais plutôt zone d’échange. Frontière, un lieu qu’il s’agit d’inves­tir, un ter­ri­toire commun…


Brèves

Cette his­toire simple, et les contrain­tes qu’elle nous impose, convien­nent à un théâ­tre sim­ple­ment arti­sa­nal. Pas de recours aux tech­ni­ques contem­po­rai­nes. Technique qui fut l’immense chan­tier d’Anders. « Le « trop grand » nous laisse froids, mieux (car le froid serait encore une sorte de sentir) même pas froids, mais com­plè­te­ment intou­chés ; nous deve­nons des anal­pha­bè­tes de l’émotion ».


Le Festival OASIS BIZZ’ART fête sa 15ème édition cette année et vous offre quatre magni­fi­ques soi­rées avec des artis­tes venus des quatre coins du monde. Concerts, che­vaux, cirque, per­for­man­ces, pro­jec­tions, ate­liers, espace enfants, res­tau­ra­tion locale... le tout sur un site natu­rel entiè­re­ment scé­no­gra­phié !


Participez au très beau projet qui se met en place autour d’Armand Gatti et de la maison qui abrite la Parole errante à Montreuil.


En ce début d’été de belles choses autour d’Armand Gatti se dérou­le­ront à Montreuil. Quelques jours où nous pour­rons nous replon­ger dans les mots du poète, dis­paru ce prin­temps, mais tou­jours là autour de nous, dans cette Maison de l’Arbre qui nous a accueillis.


Cette année le fil rouge du fes­ti­val est "Le bateau", celui des pêcheurs de Camaret, celui du Bateau Ivre et aussi celui dans lequel s’embar­quent des mil­liers de femmes et d’hommes à la recher­che d’un avenir plus pai­si­ble... Les 28, 29 et 30 Juillet.