Olivier Perrot et Virginie Rochetti exposent !

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Olivier Perrot et Virginie Rochetti exposent !

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par Nicolas Romeas
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Dé-Croire #5
(présentée par TK21 revue en ligne)

Virginie Rochetti / Olivier Perrot
Exposition OVNI du 28 novembre au 4 décembre 2016
Finissage à partir de 18h

Artiste aux multiples pratiques, Virginie Rochetti déploie pour OVNI des photographies où la lumière se fait ombre et où les ombres jouent avec l’oubli. Elle précise dans un texte inspiré l’impact que peuvent avoir les images sur notre perception.
Olivier Perrot tente de catapulter l’ombre au-delà de la lumière pour qu’elle devienne le support d’un rêve établissant les limites d’un royaume des ombres. Photographie et photogramme s’affirment ici comme les vecteurs consanguins d’une approche inverse de l’image. Il laisse à Nicolas Roméas le soin d’évoquer plus en détail son travail.

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Ovni
Il débarque,
Intempestif

Un coup de tonnerre, de foudre

Comme la foudre qui nous conduit à la sidération,
l’ovni rend, dans un premier temps, muet. 

Puis il libère le discours.


Une grande majorité des gens déclarant avoir vu un ovni se mettent, après un premier temps mutique, à parler, parler.
Saisis de logorrhée, ils commentent à l’infini l’expérience.


Expérience unique exceptionnelle et cependant impartageable, décidément intime, grand spectacle singulier, jamais collectif, toujours ambigu.


Ainsi en va-t-il de notre rapport aux images.


Toujours singulier, toujours intime, individuel, dans un premier temps, puis, 
suscitant le logos, la parole, l’analyse, le commentaire.
Un déluge de mots sort des images, les enveloppe à retardement.


Comme si la vision pure était un impensé désirant la parole pour lui assurer existence, comme si les images étaient si ambiguës que pour sortir de leur statut limbique, il fallait les mots.


Tant de mots pour rendre compte de l’expérience de l’ovni…

Virginie Rochetti

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À propos des photogrammes d’Olivier Perrot par Nicolas Roméas

Un peu comme Armand Gatti le fait avec les mots, Olivier fabrique des images quantiques qui ont la vitesse et la fugacité d’une connexion entre neurones. Il indique sans les capter les étincelles, les traces fugitives d’un geste qu’aucun cadre ne stoppe, qu’aucun regard ne piège. Elles sont toujours, déjà, ailleurs, ou elles ne sont pas encore là. C’est de la photographie sans appareil, oui, des photogrammes comme William Henry Fox Talbot ou Man Ray, mais c’est aussi et surtout, si l’on s’en tient au verbe poeïen, de la poésie sans les mots. Ses images lui échappent car elles ne sont pas d’accord pour n’être que des images, elles qui vivent en-deçà et au-delà de la rétine, à l’intérieur même du cerveau, où elles précèdent toute pensée et tout ressenti sans jamais s’arrêter au sens qu’on veut fixer. Elles sont jeunes encore, nouvelles nées, instables, électriques et non domestiquées, parcourues de frissons, hors cadre, amicales mais presque sauvages, chargées de la puissance du devenir, en germe mais déjà très actives, en route vers leurs possibles, la trace dans l’air d’une flèche plus que la flèche elle-même, comme certains dessins sur les parois des grottes. Le souvenir instantané, l’énergie pure, un élan sans fin vers un monde aux arborescences si complexes qu’on dirait qu’elles ne s’arrêtent jamais. Une image « à l’état naissant » comme l’oxygène des physiciens. Ces images oxymoriques et facétieuses suggèrent peut-être quelque chose, qu’elles balbutient minutieusement, comme un infini en mouvement, si c’est possible, dont on soupçonne l’existence mais qu’on sait ne pouvoir nommer. Elles emmènent l’esprit vers un lieu qui ne peut se dire, qui n’est jamais ça ni autre chose, comme l’écrivain cherche et creuse entre les mots, entre les lignes et les concepts, en envoyant valser et s’entrechoquer vocables et rythmes pour que surgisse l’indicible, ce qui le meut au fond de lui. Le permanent et l’éphémère ne font qu’un, l’immobilité contient le mouvement, le mouvement recèle l’immobilité. Sans que l’on puisse savoir comment ce langage se fraye un chemin jusqu’à nous, parvient à nous parler en éveillant ce qu’on laisse en sommeil. Ce que l’on appelle art. Le langage dont se sert un homme pour dire aux autres ce qu’il est impossible de dire.


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