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Un journal culturel en ligne d’informations de débats et d’humeurs animé par l’ancienne équipe de Cassandre et celle du jeune Insatiable pour mettre en valeur des actions essentielles mais peu visibles, explorer des terres méconnues, faire découvrir des équipes et des artistes soucieux d’agir dans l’époque et, surtout, réfléchir ensemble aux enjeux portés par l’art et la culture dans une société en voie de déshumanisation.


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MIE, pas mieux !
Extrait d’un reportage photographique d’Aurélie Lecarpentier [Aalek]

par L’Insatiable
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Les images que nous présentons ici sont issues d’un reportage photographique d’Aurélie Lecarpentier qui raconte à sa façon l’histoire des M.I.E. (Mineurs Isolés Étrangers) arrivés à Paris durant l’hiver 2014 - 2015. La dureté du climat a rendu leur présence plus visible et un collectif informel s’est créé autour de ces adolescents précarisés, parfois clochardisés. Aurélie s’est rapprochée d’eux et a essayé d’appréhender de plus près ces parcours mouvementés et douloureux. Nous serions heureux de l’aider ainsi à se faire connaître, notamment à des éditeurs intéressés. (Quelques précisions en bas de page après les photographies.)


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Gymnase Jemmapes

Organisés pour se protéger du froid
Ils ont occupé le gymnase
Au matin plusieurs personnes sont venues
Leur offrant de revenir de là où ils venaient, la PAOMIE
La Permanence d’Accueil et d’Orientation des Mineurs Isolés Étrangers



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MIE

Mineur Isolé Étranger
C’est le début de l’hiver
Pas de mise à l’abri
Livré à toi-même



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Abobo (Côte d’Ivoire), Thiaroye (Sénégal), Jalalabad (Afghanistan)

Villes entre puissance et désolation, rejet et mélancolie
Violence de tout quitter
Violente aussi la terre promise
Loin d’accéder au rêve européen



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PAOMIE

Permanence d’Accueil et d’Orientation des Mineurs Isolés Étrangers
Organisme affilié à France Terre d’Asile chargé d’évaluer la minorité de celui qui se présente
La loi française protège tout mineur quelque soit sa nationalité
Le mineur rejeté par l’évaluateur peut demander un recours
Un juge pour enfants confirmera ou infirmera la décision de la PAOMIE



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Issam

Parfois il revient voir les autres encore dans la galère
Ironie du sort, c’est en cassant un bâtiment qu’il s’en est sorti
La police a constaté l’effraction et l’a embarqué
Deux jours au poste avant comparution immédiate devant le juge des enfants
Placé en hôtel via l’Aide Sociale à l’Enfance dans l’attente d’une place en foyer
Il devrait pouvoir commencer rapidement à aller à l’école, ou suivre une alternance
Cette expérience du commissariat n’aboutit pas souvent
D’autres essaient toujours d’être pris... en charge


La rencontre s’est faite en hiver. Le froid a mis en évidence la souffrance d’une grappe de jeunes. Ils attendaient toute la nuit l’ouverture de la Permanence d’Accueil et d’Orientation des Mineurs Isolés Étrangers qui leur offrait refuge la journée, jusqu’à leur entretien d’évaluation, située en plein cœur de la capitale française (métro Jaurès). Je me suis attachée à documenter leur parcours depuis leur arrivée sur le territoire. Il me semble important de mettre en lumière les démarches que doivent accomplir les mineurs sans repère, sans argent, sans toit, avec juste l’espoir que « ce sera mieux ici ». S’inscrire socialement n’est pas une simple formalité mais bien une succession de démarches juridiques et administratives semée d’espoirs et de déceptions.

Des associations se relaient pour distribuer nourriture et vêtements, accompagner vers le soin, la santé, l’hygiène, mais aussi la scolarisation et la défense juridique...

Par cette série de photographies, je souhaite souligner les étapes que doit franchir un jeune pour s’inscrire dans la vie et s’instruire. Autrement dit, vivre la vie d’un jeune français.

La question éthique inhérente au travail de photo-reporter se pose.
Comment parler des Mineurs Isolés Étrangers sans les instrumentaliser ?
Comment restituer leur quotidien tout en préservant leur intimité et leur dignité ?
Je n’ai pas caché les visages des personnes y compris ceux des mineurs. Ce travail se trouve à la jonction d’une démarche artistique et citoyenne.

Chaque étape demande aux jeunes de la détermination et une grande compréhension du système. J’en ai accompagné dans de nombreux lieux (passages obligés tels que le tribunal pour enfants, les Unités Médico-Judiciaires...) où je n’ai fait que de rares photos.

Ces images font partie d’une série photographique qui tente de décrire une situation de plus en plus visible, loin d’être aménagée. Si ce travail vous intéresse, je vous invite à me contacter pour parler d’une édition papier photos/textes.

Aurélie Lecarpentier [Aalek]
lecarpentier[at]gmail.com






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