Bienvenue aux insatiables !



Un journal culturel en ligne d’informations de débats et d’humeurs animé par l’ancienne équipe de Cassandre et celle du jeune Insatiable pour mettre en valeur des actions essentielles mais peu visibles, explorer des terres méconnues, faire découvrir des équipes et des artistes soucieux d’agir dans l’époque et, surtout, réfléchir ensemble aux enjeux portés par l’art et la culture dans une société en voie de déshumanisation.


Lodève, 18 juillet 2015, d’un festival l’autre…

LES VOIX DE LA MÉDITÉRRANÉE ->URGENCE POÉSIE


NON, on ne garde pas « un pied dans la porte »
NON, on ne pactise pas avec qui nous a craché au visage
NON, la pensée et l’ignorance ne peuvent être prises l’une pour l’autre

OUI, les actes de résistance sont urgents à soutenir de toutes nos forces

OUI, il nous faut être sérieux et dire à tous que le sens persiste

OUI, nous sommes en guerre…

Walking in the streets

18 juillet 2015. Nous voilà habillés de noir, rapidement, et portant, suivant, un cercueil de chêne, vraiment prévu pour un mort, prêté par une société de pompes funèbres, pour crier LA MORT DES VOIX, dans toutes les rues de Lodève, ville magnifique entre les montagnes au vert sombre de l’Héraut, où tant se passait, et tant est arrêté. Nous participons à la marche funèbre d’un festival, subitement, stoppé.

La volonté d’une poète aidé par le collectif SAUVONS LES VOIX nous a enrôlés du 16 au 19 juillet dernier, rapidement, magnifiquement. Il fallait être nombreux, pleurant, criant, la fin de leur festival fédérateur et poétique, qui avait lieu, ici, dans leur ville, depuis 17 ans : LES VOIX DE LA MÉDITERRANÉE. Le public nous suit : vingt, trente, cinquante, puis cent…, notre procession déambule, énerve les belles voitures aux chauffeurs agités, agace les spectacles et les spectateurs des lieux autorisés, les officiels envoient de l’eau au visage des porteurs de cercueil, qu’ils soient hommes, femmes ou enfants.

Voici notre arrivée à Lodève.

Il se construit là, depuis si longtemps, un festival de poésie contemporaine de toutes les rives, Les Voix de la Méditerranée, un moment TRÈS important, un rendez-vous qui cette année fut arrêté. Un collectif a proposé à des poètes de toutes les rives de la Méditerranée et d’ailleurs, comme cela eut lieu depuis les débuts, de venir lire tout de même des œuvres et tous, et le public, sont venus, et ont lu, écouté, marché, ressenti, dit. Malgré tout.

Depuis le 15 juillet 2015, URGENCE POÉSIE, un festival réfractaire à son interdiction, a lieu, beau et fraternel, étonnant, détonnant, et, ce 18 juillet, un happening-marche funèbre donne un ton revêche à l’affaire. À chaque halte du cercueil, des poètes montent sur son bois, et disent avec force et beauté qu’ils ne céderont pas à l’arrêt des Voix de la Méditerranée, qu’ils ont encore des textes à dire, ici et maintenant, pour le public d’ici et d’ailleurs. Les textes sont beaux, les corps sont totalement dans l’acte de porter la parole.

Une compagnie oversea rencontre un collectif exemplaire

Depuis deux jours, nous, la compagnie Alzhar, sommes à Lodève, Maxime Carasso est acteur, de Marseille, Heykel Mani est professeur de littérature à l’université de Gafsa, au Sud de la Tunisie, et acteur, Jeanne Poitevin, que je suis le plus souvent, est conceptrice de moments de théâtre, à Marseille.

Nous avons choisi de venir, car nous avions fait partie, deux fois, du festival Les Voix de la Méditerranée, ici, à Lodève, comme tous ceux qui sont là, plus de deux cents personnes, nous avons trouvé urgent et nécessaire, comme beaucoup d’amis venus de France et d’ailleurs, de venir soutenir le collectif SAUVONS LES VOIX, qui a admirablement mis en place un festival rebelle, autonome, libre, dans la ville de Lodève, avec les poètes, les acteurs, les musiciens, et les publics, fidèles des Voix de la Méditerranée.

Pourquoi soutenir URGENCE POÉSIE ?

JPEG - 350.6 ko
Les voix de la méditérannée 2014 © DR

Voici ce qui se passa : Il y a six mois, la mairie socialiste, de cette très belle et pas très riche ville du Languedoc Roussillon, annonçait que le festival qui faisait vibrer cette ville depuis 1998, ne serait pas reconduit, parce que Mme le maire, fraîchement réélue, a décidé, sous prétexte de restrictions budgétaires, de faire un autre choix.
Et que ce festival se trouve être un puissant lieu de résistance et de partage des voix de poètes et artistes Méditerranéens, que les tensions terribles autour de notre mer aient aujourd’hui besoin de se crier, encore et encore et demander audience, agora et pensées… Non, tant pis, ce n’est pas le choix de ce maire.

Alors, à la fin du printemps, la mairie annonçait que le budget était repris pour faire un nouveau festival : RÉSURGENCE, FESTIVAL DES ARTS VIVANTS (oh les mots.... : à l’inverse des migrants et méditerranéens, eux, sans droit de cité, et morts ?).

Alors, quelque temps après, on vit, tous les lieux, bords de rivières, places publiques, chemins étroits et mystérieux, espaces sous les arbres, îles sur l’eau pas à pas choisis au fil des 17 années par les créateurs, artistes, organisateurs et publics du festival Les Voix de la Méditerranée, peu à peu on vit tous ces lieux aux mémoires poétiques patiemment construites, réquisitionnés, volés, occupés, par le nouveau festival officiel, « SYMPA », un festival « SUPER », plein d’artistes « COOLS », travaillant souvent la dérision, le rire facile, la connivence faible, pour l’expression officielle d’on ne sait quoi, et adoubés par la mairie, donc, et toutes les institutions partenaires.

Et, chose étrange, le nouveau directeur de ce nouveau festival est le même que celui parachuté sur Les Voix de la Méditerranée, il y a deux ans, comme successeur de la précédente directrice, démissionnaire… Un monsieur choisi parmi des passionnés de poésie, lui n’y connaissant pas grand-chose, pas grand-chose à la Méditerranée, un bon petit gestionnaire peu concerné par l’affaire, qui ne sait pas même être chaleureux, accueillant, agréable, ni avec les artistes invités (nous en fûmes), ni avec les habitants de la ville (nous en entendîmes), ni avec son équipe (nous en vîmes), mais qui est un bon petit gestionnaire, que la ville qui compte 70% d’immigration méditerranéenne, et 29% de descendants de familles qu’il fut choisi, en des temps d’autres souffrances, de nommer Harkis… tous ont vu ce petit monsieur arrivant pour une sorte de nouvelle petite colonisation.

Ainsi ceux qui défendirent ce festival, longtemps, Les Voix de la Méditerranée, corps et âmes, furent donc, par ce directeur glissant d’un fauteuil à l’autre, à nouveau trahis.

À nouveau, parce que Mme la première directrice des VOIX, qui fut l’instigatrice de cette belle manifestation, avait démissionné et embarqué avec elle une part du panache de ces Voix de la Méditerranée, à Sète, pour un autre festival, Les Voix vives... Où elle continua tranquillement ce que poètes, artistes, directeurs artistiques avaient inventé à Lodève, pas à pas, à ses côtés.

On se demandait déjà
mais pourquoi faisait-elle cela ?

JPEG - 735.4 ko
Une des prises de parole à Lodève © Marlène Fleurette

Elle était partie, nous le savons maintenant, parce qu’elle savait. Les « tutelles » lui avaient annoncé la chose. Il avait été convenu que ce festival exemplaire, important, poétique, fondateur, fort, perturbateur, rassembleur, ne serait, prochainement, plus soutenu.

Alors, le directeur gestionnaire sachant lui aussi tout cela, et ayant été nommé pour cela, chacun l’a compris mais trop tard, a pas à pas défait la rencontre initialement méditerranéene et poétique, pour un festival des « arts vivants », distrayant et sans importance.

Les gens d’ici, artistes, rêveurs, et artistes, n’ont pas vu venir la chose. Des gens sont passés par là, paysans, travailleurs, exilés, voyageurs, ou encore autres, autres, attirés par ces Voix de la Méditerranée, ou aussi peut-être, par les savoirs réunis là, ancestraux et sublimes, bûcherons, fées, paysans, sorciers, sourciers, maçons aux savoirs secrets, esprits cachés, messagers nombreux, qui là, généreusement transmettent, et inventent avec et pour qui sait entendre et rester là, car il suffit d’entendre patiemment que les montagnes, les histoires et les êtres vous voient, et vous acceptent, et vous êtes faits de cette drôle de spécificité lodévoise dont étaient riches ces Voix de la Méditerranée. Cette acclimatation ne prend, selon les êtres, qu’entre sept et cent sept ans. C’est pourquoi cela se respecte. C’est pourquoi cela se protège. Il faut pour cela de la patience, de la confiance, et de la bienveillance.

Exactement ce que nous ressentons incroyablement dans le collectif SAUVONS LES VOIX, et dans leur nouveau festival rebelle, URGENCE POÉSIE.

De cet esprit si spécial, la dame qui dirigea les premières Voix de la Méditerranée, et est partie à Sète, avait certainement dû entendre quelque chose, pour durer là si longtemps, mais le nouvel ex-directeur, lui, n’a rien entendu, perdu dans les chiffres, même Saint-Exupéry refuserait de se moquer de lui tant il est ennuyeux.

Ainsi donc il y eut cette première trahison, mais les gens de passage, artistes, poètes, magiciens, paysans, ouvriers, restés là, à deux pas du Larzac, aimaient tellement leurs Voix de la Méditerranée, poètes partenaires de toutes les rives de cette mer, dont Thierry Fabre dit qu’elle est un imaginaire, tant nous y sommes nomades, parleurs, inventeurs fondamentaux, passeurs, donneurs, généreux et excessifs, c’est vrai, pour nous, comme pour Alexandre Romanès, « Tout ce qui n’est pas donné est perdu ».

alors évidemment, on ne regarde pas nos « ARRIÈRES »
alors évidemment, on laisse les « PORTES GRANDES OUVERTES »
alors évidemment, ici, tous ont voulu tenter d’y croire encore

et c’est cette croyance, cette foi, ce désir, qui se lit partout, dans chaque mouvement de ce festival rebelle, URGENCE POÉSIE, c’est cette confiance en un projet commun et fondateur, que nous devons, tous, soutenir.

JPEG - 632.7 ko
Regard de poète à Lodève © Margo Meurisse

Petit retour sur ce festival subitement interrompu

Le festival, c’était d’abord une programmation légendaire, et puis la nature partout, la beauté de cette ville où bâtisses en pierres du 16ème au 19ème, accueillent des familles modestes souvent, et protègent parfaitement chacun d’un soleil fort du Sud. Et puis, il y avait ce lien aux habitants, incroyable, depuis très longtemps. Chacun disait « durant les VOIX », « au moment des VOIX », « après les VOIX », « avant les VOIX », magnifique, au pays de France, celui de Jeanne d’Arc et en terres magiciennes… Nous, compagnie de Marseille, comme beaucoup d’autres, étions venus, souvent, et il y avait toujours, toujours, toujours, les musiciens dans les rues, les cafés ouverts toute la nuit, riant aux excès des poètes et des artistes tous, tous accueillant à bras ouverts cette perturbation poétique et vitale, et mieux qu’ailleurs, nous avons répété sur les terrasses des cafés des heures, avons aimé ces bras ouverts partout, de tous, ostensiblement, tous ensemble, œuvrant, chacun à sa manière, à ce temps de festival.

Nous, compagnie de théâtre à Marseille, nomadisons autant que possible nos moments de théâtre partout et depuis longtemps, entre la Tunisie, la France, et ailleurs, et, il est vrai, venant à Lodève, cette fois, il y a deux ans, sous le règne déjà du petit monsieur en costume, nous avions vu, avions dit, que quelque chose, dans les corps, dans les rues, avait changé.

Éh bien c’était cela, on - les institutions sans doute - avait laissé, pour quelque temps, la danse avoir lieu, pour faire croire un peu, pour masquer un peu, pour ENDORMIR, comme disent nos amis voyous de Marseille, pour BALADER, faire disparaître peu à peu, comme si souvent dans les stratégies des pouvoirs contemporains, pour, pas à pas, amener à se rendre compte trop tard qu’on avait enlevé le sol sous les pieds des poètes et de leurs amis, des aimants des Voix de la Méditerranée.

Quand la nouvelle est tombée alors, que le festival allait être annulé, il était trop tard, c’était totalement joué, acté, plus de marge de manœuvre. Et quand arriva une autre nouvelle, celle qui disait que le festival RÉSURGENCE reprenait la totalité des budgets, des espaces et des employés attribués aux Voix de la Méditerranée, il n’y avait plus rien à faire.


Un collectif exemplaire, positif, artistique et créateur

Tout avait été parfaitement manœuvré. On allait regarder mourir Les Voix. Ne plus entendre ces Voix, personne, avec le temps, « n’y verra que du feu », et un autre festival apaisera les esprits révoltés à qui ces voix manqueraient trop. Le cercueil fut caché, mais le collectif paisiblement actif l’a mis au jour, interroge, et redonne vie.

NON, le festival de poésie contemporaine de toutes les Méditerranées ne s’est pas tu.
Penser pouvoir l’immoler était honteux et nul. C’était compter sans la magie, sans la force positive du groupe. C’était compter sans l’histoire d’une ville, sans la puissance de la Méditerranée et ses forces grecques de résistances et de vérité. C’était compter sans notre puissance souterraine et indestructible, latins du Sud que nous sommes. C’était compter sans les dialogues ici entre les absents et les présents. C’était compter sans les fantômes protecteurs de tous ici. C’était compter sans l’amour réel des habitants de Lodève pour la poésie contemporaine méditerranéenne, et leurs publics heureux, sans la force de l’héritage des familles d’artistes. C’était compter sans les forces de la vie.

Et le collectif SAUVONS LES VOIX a fait œuvre.

Marie Poitevin, convoquée au poste, parce qu’elle est allée voter, ce printemps, avec son T shirt LES VOIX DE LA MEDITERRANÉE. Marie a prêté sa maison, son téléphone, son temps, avec les 30 du collectif, pour que cela ne se taise pas. Et cela ne s’est pas tu.

Un festival libre est né, enfant direct des Voix, c’est URGENCE POÉSIE

Alors voilà, du 15 au 19 juillet 2015, URGENCE POÉSIE, qui devait être une présence poétique sur le terrain volé par le pouvoir en place, une présence à côté du festival choisi par le pouvoir en place, festival des falbalas institutionnels, et cette présence, ces quatre jours d’URGENCE POÉSIE, ce furent, en définitive, des joutes poétiques sublimes, féroces, urgentes, qui criaient aux cieux, aux arbres, aux humains partenaires, vraiment partenaires, mangeant ensemble sous les arbres, écoutant des textes furieux et importants couchés sur les tapis de feuilles ou dans les hamacs, mis là pour mieux entendre, cette présence ce furent des dons, pour des donneurs-receveurs, en état de choc, de sidération, de joie, de collectivité reconstruite, un nouveau festival, réellement, assurément, est né, et même une nouvelle forme : un festival où la liberté de circulation, d’écoute, de passage, de réception, fut aussi forte que fut violente la façon dont on a confisqué les moyens, les accès aux lieux, les organisations, mais pas le public, pas la ville, pas les lectures, jeux, choix, tentatives. Jamais consommé, toujours apprécié, réellement, et surtout, temps sincères, investis, de chacun des présents (et absents ?) où tout se partagea.

JPEG - 641.2 ko
Une des prises de parole à Lodève © Marlène Fleurette

C’est sûr, la terre de Lodève a fait sienne la rencontre des langues méditerranéennes, les savoirs, les questions, les codes, multiples et proches, solidaires et forts.

Ceux, sans doute, de la poésie de là.

ET BIEN OUI, dit Julien Blaine, venu là à l’arraché, parce que Marie est sa fille, faisant partie du collectif, parce que longtemps, il a été conseiller artistique de la première dame des VOIX,

« Et bien oui, je suis un poète, et par conséquent, je suis un architecte, et par conséquent, je suis un cuisinier, et par conséquent, je suis un acteur, un danseur, un dentellier »

Oui, toute la ville est tous les poètes qui sont toute la ville, c’est cela Lodève, cela fut mis au monde tranquillement en dix-sept années, et cela est tout à fait exceptionnel.

JPEG - 121.5 ko
Michel Thion, Julien Blaine et Michel Bafin à Lodève © Nicolas Peyrafite

Julien le disait le 18, au milieu d’URGENCE POÉSIE, lors de la rencontre "Comment continuer à travailler pour la culture en France ?" :« le festival de Lodève est très important pour tous, et pour ceux qui, de loin viennent, ou pas, qui font la route ou ne la font pas, mais savent, depuis 17 ans, que cette ville résonne ainsi, et qu’ici, malgré les prétendus clivages culturels ou religieux, une de ces nouvelles langues, multiples, rassembleuses, écouteuses et respectueuses de tous et de toutes, se parle, se dit, se lit, s’entend, se transmet, se cherche, de change, se chante ici, chaque année. »

Et chacun peut savoir cela, cela a été possible, et a eu lieu, a lieu.

Même ceux qui ne sont pas là sont d’accord pour aider, participer, bénévolement, même de loin, même dans la pensée, comme de si nombreux voisins, heureux que cela ait lieu, dont la pensée passe par là, même si pas toujours les corps, mais c’est parfois plus fort, alors oui, quelquefois sans venir, mais toujours en le prévoyant en le pré voyant, parce que c’est comme pour tous les poètes, entendre la poésie, ici, permet d’être voyant !

Il est urgent de continuer, en effet, ce qui fut initié ici. Ce fut fort, et ce fut comme avant. Avant, et cela va reprendre. Une semaine était consacrée à des rencontres poétiques Méditerranéennes, il y avait là des poètes de tous les pays, Algérie, France, Palestine, Égypte, Italie, Espagne, Israël, Irak, Iran, Tunisie, Syrie, Libye, Grèce, Arménie, Turquie… Toutes les terres du pourtour de cette mer se réunissaient et disaient, disaient, disaient, ensemble, sur toutes les places, au long de toutes les rivières, les pieds dans l’eau, et les oreilles hésitantes entre cigales, moustiques, et vent, soleil et chuchotements, mots sublimes et silences choisis, de toutes ces cultures, de toute cette culture.

Cette ville de 8000 habitants, cette ville de 70% d’immigration méditerranéenne, vivait, et revivra, nous l’espérons, toute l’année au rythme des VOIX, hommes, femmes, enfants, tous étaient dans les mots, de ces mots, avec ces mots.

La poésie était, et recommence à être, assurément, l’espérons, partout.

On ressent la vie qui reprend, la vie qui, dans les clignements des yeux des publics, passants, cafetiers, commerçants, etc., a été sauvée, par SAUVONS LES VOIX.

Cela a repris. Cela va se développer, souvenons-nous, cela marchait. Et c’est si rare, pas commercialement, pas publicitairement, pas boxofficement, pas médiatiquement, juste pour de vrai, humainement, socialement, urbainement, naturellement. La ville était de poésie et de partage durant une semaine, et pour plus de temps, évidemment, c’était aussi génial, mais profondément, et en respect, et en douceur, pour les restaurants, les guérites, les tapas ouverts pour l’occasion, pour les musiciens, les improvisateurs déplacés pour l’occasion, des cafés, les bistrots, ouverts pour l’occasion, et, profondément, tout parlait de poésie, un restaurant se réouvrait pour vous à deux heures du matin, et vous parlait de la terre d’où était originaire son couscous, et on parlait de la lecture de ce soir-là. Un passant entendait, et venait vous raconter les voyages de ses amis à l’autre bout de la terre, et on parlait des lectures du lendemain, tout était imbibé, influencé, respirant, fait de poésie. Ainsi que le sera, nous l’espérons, de nouveau la ville, encore.

Cela marchait, vraiment, et cela a repris.

JPEG - 343.9 ko
Les voix de la méditérannée 2014 © DR

Au bord de la rivière, on se souvint longtemps des émotions fortes, celles des femmes qui lisaient de la poésie expérimentale, tandis que, juste à côté, sur la place du marché un slameur rockeur déchaîné hurlait. Alors que, quelques heures après, faits un peu, dans nos écoutes, de ces tentatives féminines et belles et de ces prouesses masculines radicales, nous pouvions aller sereinement entendre sur une des grandes scènes du festival, Jean-Claude Carrière, un fidèle des lieux, qui se préparait à être la vedette, nécessaire, comme les bateaux-vedettes, pour que les bateaux plus fragiles avancent tranquillement sur le fleuve. Alors, paisiblement, il lisait de façon traditionnelle, rassurante, plus assurée que les poètes aux langues encore pleines de cailloux ou de valises des voyages parfois rudes faits juste avant, jusque-là. Et les mots dits par Carrière, poésie de l’ancienne Perse par exemple, étaient dits en ouverture, en attente des lectures de demain, celles de poètes jeunes, plus en recherche, en incertitude, moins en assise sociale, ou politique. La lecture du soir permettait celle du matin. Et là, durant les quatre jours de 2015, ce fut aussi le cas.

Oui, cette poésie respectueuse s’est transmise des VOIX à URGENCE, et une lecture laisse absolument, rigoureusement, la place au tous ensemble, au vraiment tous ensemble. Et pas au chacun dans son coin. URGENCE fut porté par un collectif, et cela se sent partout. Toutes les VOIX et toutes les oreilles, toutes les présences, absences, et corps, résonnaient des mêmes rythmes, collectifs. Poètes performeurs fers de lance de la poésie expérimentale depuis les années 70, pouvaient être reçus avec joie par les auditeurs, des plus habitués à ces expériences à ceux totalement vierges à ces tentatives, qui entendaient ceci avec plaisir, et quand on est habitué au plaisir, les cœurs, les âmes, les corps ne se plient pas facilement aux ordres.

Là, durant si longtemps, et cela ne pouvait s’arrêter, là, les enfants jouaient dans les rues où résonnaient les VOIX, et tous se croisaient dans les mêmes mots, intellectuels, garagistes, paysans, ouvriers, étudiants, bouchers, femmes de ménage, commerçants, professeurs, artistes, chômeurs, beaucoup de chômeurs, d’un lieu à l’autre, forts en écoute.

Cela marchait, incroyablement, les corps, les mouvements, les voix, les écoutes, pendant une semaine étaient imbibés, tissés, faits de poésie, et tout en avait le goût. Les verres de bière à n’en plus finir partagés avec des éditeurs de tous les mondes, les vins rouges, rosés, gris blancs, bus jusqu’à plus soif avec des poètes réinventant leurs textes neufs là toute la nuit, les whiskies bus ensemble pour donner du courage et du moteur de transe aux performeurs avant de prendre d’assaut une scène ou une rue, les sirops de fraise, de grenadine, d’orgeat, de menthe, d’amande, de cerise, d’orange, très sucrés partagés avec les enfants qui couraient d’une place l’autre, d’une bouée à l’autre, là il était prévu une lecture bientôt, et où ils restaient, un peu, beaucoup, entre deux verres, les thés à la menthe chauds et désaltérants, pris à toute heure, pour prolonger le temps de la peur avant d’entrer sur scène avec telle ou telle compagnie venue, comme nous, lire de la poésie. Les sangrias, pour parler ensemble d’autres rivages, ou encore, ou encore, les ivresses étaient belles, sages et joyeuses, productives. Les conversations jusque tard dans la nuit, les échanges, les courses dans les rues, pour aller chercher un livre, un texte, ou encore une heure de sommeil, étaient sublimes, comme les histoires d’amours, ou d’amitiés, de vies, de morts, de secrets, qui se sont tissées là, tous ensemble, avec les montagnes, l’eau, et la ville.

Il y a eu maldonne, un été mal pensé, et URGENCE POÉSIE VIT. La mairie a voulu proposer RÉSURGENCE, quelque chose de « moins élitiste » (?), de « plus sympa ».

Pour qui ?

Le festival rebelle a pris corps et il faut le soutenir, il faut qu’il vive. Le collectif SAUVONS LES VOIX a voulu préserver les croisements des VOIX, il a fait mieux, il a rendu plus sûre, plus autonome, plus forte, cette tentative poétique, artistique et politique.

Durant des mois, ils ont tout tenté, nul n’a voulu les aider, des happenings du 7 mars au Printemps des poètes en marchés de la poésie sillonnés pour interroger, d’autres festivals annulés pour se serrer les coudes, de bureaux institutionnels en colonnes de presses peu lues… Rien ne se passa.

Pourtant, les SAUVONS LES VOIX se donnèrent le droit d’organiser URGENCE POÉSIE. Ils ont mené cette aventure tranquille, paisibles, précis, ils avancent sûrs d’une humanité belle à retrouver à partir des mots, des arbres, des audaces et des joies, et, d’une convocation à l’autre, d’une rencontre l’autre, ils ont avancé vers ces journées de résistance.

Et cela a repris.

Bien sûr, le festival RÉSURGENCE a eu lieu, le public-consommateur, soumis et dolent a suivi, s’est ennuyé comme il en a l’habitude devant tant de scènes de France, souvent et depuis si longtemps. Bien sûr, des « artistes », estampillés, édités, reconnus, financés, sont venus faire leurs heures, ils participent au moulin à broyer la parole, le sens, l’ensemble et la vie libre, mais, dommage pour eux, ça n’a pas marché, pas du tout, ils sont restés secs, sur des scènes ridicules, portés, certes, par les institutions, mais gestes, mots, musiques, ne dépassaient pas les bureaux, les dossiers, les lignes budgétaires, presque visibles durant les jeux.

Ces « artistes » mous ne cherchent pas, ils connaissent les clés et remplissent les cahiers des charges. La mairie les a choisis, mais les rues, les montagnes, les habitants, les cafés, ne les accueillent pas, la ville n’a pas ouvert de nouvelles guérites, galeries, cafés, bars de sangria, pour l’été, rien. La ville crame, silencieuse, gardant ses rues secrètes et fraîches ouvertes aux poètes et passants, publics, fidèles et ayant fait le choix d’URGENCE POÉSIE.

Au CLAP, grand espace collectif ouvert toute l’année, avant-hier soir tous ont dîné ensemble sur de grandes tables, tous ont parlé ensemble des lectures de la veille,

cela a eu lieu,

notre ami de Sousse, cette ville de Tunisie au bord de la mer où l’un des attentats de l’été a eu lieu, un de ceux du 26 juin, lisait les textes de Mnaouara Smadah, poète tunisien mort au pied du mur de la prison où il fut incarcéré souvent, sous l’ancien gouvernement, pour avoir une parole, une poésie, une vie trop libre. Heykel a voulu lire ses mots, traduits par Moncef Gachem, un poète tunisien souvent venu à Lodève, et Maxime lisait en français.

Sa fille, Melle Smadah, immédiatement, en direct, sur internet, depuis l’autre côté de la mer, nous a écrit, simplement,

MERCI

Lorsque le jeune homme, sur la plage de Sousse, tirait sur les gens en maillot de bain, à la peau blanche, notre ami, très vite, nous écrivit,

« Ils cherchent à nous éloigner de vous, à vous éloigner de nous »,
« mais la création est la sublime résistance, tenons, tenons, tenons »

Son courriel ce soir, à Lodève, prend tout son sens.

Dans URGENCE POÉSIE, il n’y a pas d’argent, tout est parti pour le festival des falbalas du pouvoir, Haykel alors, a payé son billet d’avion et a participé aux frais de la compagnie pour venir à Lodève, parce que les caisses sont vides et que nous avions décidé d’être là.

Ici on parle à tous les enfants, les conversations sont graves, les croyances, les dangers, la liberté, la liberté des femmes, la science. Adultes, de toutes cultures, enfants, parlent sérieusement, l’année est grave. Celle choisie pour arrêter LES VOIX DE LA MÉDITERRANÉE.

Mais la vie ne s’arrête pas comme ça.

D’une scène l’autre, avec URGENCE POÉSIE, malgré cette manipulation internationale, stratégie d’écrasement des peuples, pour mettre en place des danses falbalas qui permettent les trafics d’armes officielles et les crimes permis, d’une scène à l’autre, URGENCE POÉSIE nous a donné à chaque instant, chaque cil bougé, chaque bras frôlé, chaque jambe, chaque voix, donnée et reçue, l’assurance d’une culture commune comme disaient nos collègues du Nord. L’assurance d’un vrai tissage culturel méditerranéen, non occupé, non officiel, libre, résistant et fort.

L’intelligence sensible, la solidarité, l’ensemble montré là à chaque instant, avec les lectures de Louis, Julie, Antoine, Maxime, Samantha… et le public, nomade, heureux, profondément, et fortement impliqué, se respire partout, porte partout. Et rien ne se consomme, tout se partage.

Et là, sous les arbres, près des jardins potagers où fut donné le rendez-vous au public et aux poètes, les maginifiques lectures de Fabrik, d’Antoine, de Samantha Barendson, Katia Bouchoueva, succédèrent à celles de Guillaume Boppe, Bernard Deglet, Amir Hassan, Louis Lafabrié, Michèle Métail, Nadia Mifsud, André Rober, Alzhar, Jean-Pierre Roque, Julien Blaine, Danièle Faugeras, François Szabo, Natyot, Nicolas Giral, de Marthe Omé, Joan-Pau Creissac, et d’autres encore. Tandis que les vieux messieurs, les vieilles dames, les jeunes gens, les enfants, mangeaient ensemble des fromages sublimes, des melons à tomber par terre, celle qui la veille avait volé la scène est venue, et a tenté - envoyée par qui ? - d’apaiser, d’inviter tout le monde à son spectacle « poétique », « entre poésie et théâtre », « subventionné », « qui tourne beaucoup », et « qu’elle porte en même temps qu’elle intervient dans toute l’Europe », voyez-vous, est venue tenter encore de prendre quelque chose.

Oui, le commerce continue tranquillement de tenter l’assassinat général, c’est plus cruel et plus sûr que le Temple du Soleil : il demande, le commerce, à ses adeptes de se suicider collectivement, et en plus il obstrue les yeux, les oreilles, les bouches, tous les pores, il bloque, empêche toute perception, que rien ne se sache, ne se dise, culture du falbala et du mensonge, du sourire et du corps faux, trafiqué, singeant ceux copiés pour cacher ses plaies, ou refait, menti, outré, il exige un dernier mensonge, assassiner et mourir sans en avoir l’air.

Rester vendable, au top, dans l’air du temps.

Mais non, elle n’a pas pu, portant je ne sais quel masque, elle n’a pas eu le temps, l’espace, l’acte public vrai, la poésie, les écoutes, la vie et les regards ont gagné. Et Antoine Cassar, poète maltais a lancé, entre les citrouilles les courgettes, les framboises, les lys, les chênes, son histoire de grand père maltais réfugié à Millau, petit garçon, il avait dû fuir. Il dit ensuite, les mots de son amie :

« c’est bien les jardins partagés, parfois il y a des oiseaux dans les arbres ».

Entre des lectures de Bernard qui relaie les mots d’Afrique de l’Ouest et d’ici, Antoine lança au ciel un passeport imaginaire, un non passeport, celui de tous les exilés.

Texte féroce et superbe.

Antoine Cassar, pour rassembler tous nos désirs de survie ensemble de ce festival, lança ses mots, en maltais, traduits en français, dans une énergie magnifique,

« iI est à toi
Ce passeport
Pour tous les peuples,
Avec un drapeau arc-en-ciel, et pour emblème une oie migratrice qui tourne autour du globe,
En toutes les langues que tu veux, officielles ou pas,
En bleu océan, rouge sang séché, ou noir charbon
Prêt à brûler, à toi de choisir,
Emporte-le où tu veux, la voie est libre et grande ouverte, la porte sortie de ses gonds,
Tu peux entrer et sortir sans crainte, personne ne t’arrête,
Personne ne te double dans la queue, ni te renvoie en arrière,
Personne ne pointe sur toi une kalachnikov, ni les canines acharnées d’un chien prêt à bondir,
Personne ne t’oblige à t’accroupir contre le mur,
Pour glisser une main lubrifiée par en dessous et chercher en prenant son temps,
Personne ne t’enferme dans le froid d’une cellule,
Pour te jeter dehors après trois nuits de cauchemar sans explications, le sang encore collé au cul,

Il est à toi ce passeport
Pour tous les peuples
Tu peux le lancer dans l’air pour le voir s’ouvrir comme des ailes qui volent dans le vent, et toi, si tu veux, avec »

Et, ici, tout redevenait possible, et, pourtant, peut-on le croire, une tentait d’inviter ceux, très nombreux, ici sous les arbres, druides, poètes et public, à l’autre festival capotant…

Une, au service de qui ? Ils la regardent, au son du sublime saxophone, d’un musicien ami du collectif SAUVONS LES VOIX, elle, atteinte de cette nouvelle maladie, une de ces maladies qui peu à peu se répandent.

Mais parfois, la vérité finit par être vue. Ils sont nombreux, les nouveaux colons, écraseurs culturels se moquant des artistes fragiles, fracassant leurs possibles, les singeant et spoliant leurs maigres ressources. J’enseigne beaucoup, et je dis à mes élèves, il faut s’y attendre, à présent la route est pavée de ces nouveaux malades, il faut s’en protéger, ils ne s’approchent de toi, ange artiste, créateur aux ailes immenses et à jamais maladroites, que pour te détruire, et te voler, n’aies pas peur d’être seul, jamais, et si un groupe s’approche de toi, fais attention, et mets en route tous tes instincts pour savoir si tu construis de la mort ou de la vie. C’est bien de cela dont il s’agit. C’est le danger.

JPEG - 386.7 ko
Katia Bouchoueva à Lodéve © Margo Meurisse


Le cercueil des VOIX est une mise en garde, une alarme. Mais la vie est plus forte.

Là, au milieu des courges, la maladie a tenté son coup, on la connaît tous, des centaines, à présent, des centaines d’humains sont atteints chaque année, et pas sûr que ça se soigne. Un jour ce crime sera reconnu, mais les lois, pour reconnaître les crimes, prennent le temps que la société n’ait plus besoin qu’ils aient lieu, pour aider son projet, de société, justement.

Ils sont outils, agents doubles de l’argent, du pouvoir, et des scènes qu’ils violent et volent, spolient et maltraitent, et là, hier, au milieu des courges, et entre deux mots superbes d’Antoine Cassar, tout le collectif, œuvrant de vérité de force, d’énergie et d’audace, au milieu des enfants du voyage mangeant avec tous là, avant de repartir jouer ailleurs, accueillis tranquillement, parmi des poètes russes ou maltais, tous, pour une fois, lui ont demandé de les laisser, enfin, faire œuvre commune, tranquillement.

Œuvrons pour que notre société n’ait plus besoin de telles maladies, pour faire les falbalas pendant que les guerres et les trafics ont lieu partout. Alors ils seront enfin arrêtés, assassins du sens, du collectif, du plaisir, des courges, des moustiques, des rêves d’enfants et des magies des places des petites villes du Sud de la France ou d’ailleurs. Ils iront courir d’autres terres à conquérir, ou aucune autre, enfin.

URGENCE POÉSIE fut plus qu’un festival, ou fut ce qu’un festival devrait être, le projet d’une ville, d’habitants d’une ville, et de ceux accueillis là, avec la poésie non comme distraction, comme faire-valoir ou occasion de brillance, mais comme fondation fragile, friable et sublime, d’une société paisible.

Merci beaucoup,

je n’y croyais plus.

J’y crois encore grâce à vous, grâce à tous,

Merci beaucoup.

Je me souviens que sur le petit papier charmant de URGENCE POÉSIE, il est dit : « la magie de la poésie a son rôle bienfaisant dans un sage plan du monde : que doucement elle nous guide à l’océan de la grande harmonie » .
Schiller

Jeanne Poitevin (et Alzhar),
qui aidera comme elle pourra cette affaire exemplaire.

Facebook : Sauvons Le Festival Des Voix De La Mediterranee 2015

sauvonslesvoix(at)gmail.com

Urgence.poesie(at)gmail.com

Prochain rv de soutien, 14 septembre, Lodève










Annonces


Brèves

L’infor­ma­tion ne devrait pas être une mar­chan­dise, mais elle est de plus en plus sous la coupe des pou­voirs finan­ciers et indus­triels. Pour faire vivre une presse libre, jour­na­lis­tes et citoyen•­ne•s doi­vent inven­ter d’autres modè­les économiques, émancipés de la publi­cité et des action­nai­res.


Le deuxième numéro de la grande revue franco-belge art et société est arrivé, com­man­dez-le main­te­nant !


Le Festival Opération Quartiers Populaires (OQP) orga­nisé par la com­pa­gnie Mémoires Vives se tien­dra au Théâtre de l’œuvre dans le quar­tier de Belsunce à Marseille du 23 octo­bre au 3 novem­bre 2017


Le Génie en Liberté est un Événement bien­nal, orga­nisé par le Génie de la Bastille.
Il pro­pose à un large public un par­cours cultu­rel dans le quar­tier du 11ème arron­dis­se­ment de Paris.


Depuis 2003, le fes­ti­val de cinéma d’Attac « Images mou­ve­men­tées » s’emploie à infor­mer et à sus­ci­ter la réflexion col­lec­tive sur des ques­tions cru­cia­les de ce début de XXIe siècle en s’appuyant sur une pro­gram­ma­tion ciné­ma­to­gra­phi­que exi­geante et éclectique. Celle-ci asso­cie courts, moyens et longs-métra­ges, docu­men­tai­res et fic­tions, films fran­çais et étrangers, anciens et récents, ayant eu une large dif­fu­sion ou non. Le fes­ti­val accueille régu­liè­re­ment des avant-pre­miè­res.