Bienvenue aux insatiables !



Un journal culturel en ligne d’informations de débats et d’humeurs animé par l’ancienne équipe de Cassandre et celle du jeune Insatiable pour mettre en valeur des actions essentielles mais peu visibles, explorer des terres méconnues, faire découvrir des équipes et des artistes soucieux d’agir dans l’époque et, surtout, réfléchir ensemble aux enjeux portés par l’art et la culture dans une société en voie de déshumanisation.


< Brèves

Les névroses sexuelles de nos parents, nouvelle pièce de Lukas Bärfuss.

par Yann Bougaret
Thématique(s) : Si loin si proche Sous thématique(s) : Théâtre
Télécharger la version PDF  Version imprimable de cet article Version imprimable


La compagnie LTK Production présente une pièce de Lukas Bärfuss (traduit par Bruno Bayen, édité par L’Arche Éditeur) et mise en scène par Marilyn Leray et Marc Tsypkine de Kerblay avec les comédiens : India Hair, Florence Bourgès, Yvon Lapous, Marilyn Leray, Yann Lefeivre, Nicolas Sansier et Patrice Boutin.

Les névroses sexuelles de nos parents conte l’histoire de Dora, jeune handicapée mentale. Interprétée par India Hair (aperçu dans Camille Redouble de Noémie Lvovsky, Jacky au Royaume des Filles de Riad Sattouf), Dora est une jeune fille qui, selon sa mère, est rendue « inerte et docile » par un traitement prescrit depuis son enfance.
En accord avec le Médecin (interprété par Yann Lefeivre), cette homme de savoir sans affect, qui laissera entrevoir certaine fêlure dans son rôle, la mère décide de l’arrêt de son traitement, la jeune fille devient alors beaucoup plus vivante, à tel point qu’elle rencontre sur son lieu de travail un homme. Une relation se crée entre cet homme dit « délicat » (interprété par Yvon Lapous) et Dora, cette fille « À côté de notre monde, à un millimètre près, mais à un millimètre infranchissable. » fera face à sa mère, une femme moderne voulant une fille normale qui communique...
Mais quand cette dernière communique un peu trop à son goût, devient trop vivante, elle ne l’accepte plus. Sa fille est alors une dérangée, hors norme. Il aurait fallu que Dora reste une petite fille obéissante et souriante et non pas cette femme avec les envies sexuelles d’une femme.

Ce texte nous montre deux univers qui s’opposent : d’un côté, une jeune femme qui ne s’encombre pas de valeurs collectives morales. Son traitement l’a exclue de ces codes depuis longtemps ! Elle aime faire l’amour sinon elle s’ennuie. Et d’un autre côté, des êtres qui illustrent les représentations familiales, professionnelles et médicales de notre société et qui doivent lui faire face. Lukas Bärfuss nous interroge sur cette situation complexe. En aucun cas il n’apporte de solutions mais sonde en nous-mêmes nos limites, notre courage, notre capacité à accepter, à entrevoir la vie sous différents angles. Quel sort réserve-t-on aux personnes différentes ? Quel sort réserve-t-on à nos différences ?

extrait de la pièce :

LE MÉDECIN _
Oui, Dora, pour dix soumis sort un homme libre.
Je n’ai jamais prétendu que c’est simple, au contraire, c’est ce qu’il y a de plus difficile. Oui mais : il faut tenter. Tu dois tenter, Dora, toi-même. Comment est-il, cet être humain. Est-il celui qui veut ignorer sa propre vérité, celui qui peut vivre s’il obéit à des voix étrangères, au bruit de fond, au halètement, au ricanement, celui qui ne se soucie pas de se nier lui-même, de nier ce dont il a de besoin et dont il a soif, l’homme peut-il aimer fermer les yeux sur lui-même et sur sa vérité intérieure, l’homme vit-il comme cette bête-là, Dora. Non, il veut se trouver, il veut se connaître, il veut être au plus près de soi, voilà ce qu’il veut. Et l’amour, la vie sexuelle ne servent chez l’homme qu’un seul but : la connaissance de soi. Un grand, noble but.

Prochaines dates :

• Du 7 au 11 octobre 2014 au TU- Nantes
• Du 15 au 18 octobre 2014 à la Paillette (Rennes)
• Le 4 novembre 2014 : Halle aux Grains, Scène nationale de Blois
• Les 14 et 15 janvier 2015 : le Grand R, scène nationale de la Roche S/ Yon
• Le 27 janvier 2015 : Le THV (49_Saint Barthélémy d’Anjou)

En savoir plus :

LTK Production (La compagnie)
Lukas Bärfuss (L’auteur)

GIF - 32.3 ko





Réagissez, complétez cette info :
modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Signalez un problème sur cet article :


Annonces

Pour sa qua­ran­tième édition, le Festival de cinéma de Douarnenez choi­sit de ques­tion­ner la notion de Frontières. Frontière, non plus cette limite arbi­traire, cette bar­rière qui sépare mais plutôt zone d’échange. Frontière, un lieu qu’il s’agit d’inves­tir, un ter­ri­toire commun…


Brèves


Depuis 2003, le fes­ti­val de cinéma d’Attac « Images mou­ve­men­tées » s’emploie à infor­mer et à sus­ci­ter la réflexion col­lec­tive sur des ques­tions cru­cia­les de ce début de XXIe siècle en s’appuyant sur une pro­gram­ma­tion ciné­ma­to­gra­phi­que exi­geante et éclectique. Celle-ci asso­cie courts, moyens et longs-métra­ges, docu­men­tai­res et fic­tions, films fran­çais et étrangers, anciens et récents, ayant eu une large dif­fu­sion ou non. Le fes­ti­val accueille régu­liè­re­ment des avant-pre­miè­res.


Le Génie en Liberté est un Événement bien­nal, orga­nisé par le Génie de la Bastille.
Il pro­pose à un large public un par­cours cultu­rel dans le quar­tier du 11ème arron­dis­se­ment de Paris.


Tous les deux ans, la ville se trans­forme en un gigan­tes­que cas­te­let en accueillant le Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes qui réunit 230 com­pa­gnies et accueille plus de 150.000 spec­ta­teurs. En ce mois de sep­tem­bre aura lieu sa 19° Édition.


Cette his­toire simple, et les contrain­tes qu’elle nous impose, convien­nent à un théâ­tre sim­ple­ment arti­sa­nal. Pas de recours aux tech­ni­ques contem­po­rai­nes. Technique qui fut l’immense chan­tier d’Anders. « Le « trop grand » nous laisse froids, mieux (car le froid serait encore une sorte de sentir) même pas froids, mais com­plè­te­ment intou­chés ; nous deve­nons des anal­pha­bè­tes de l’émotion ».