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Un journal culturel en ligne d’informations de débats et d’humeurs animé par l’ancienne équipe de Cassandre et celle du jeune Insatiable pour mettre en valeur des actions essentielles mais peu visibles, explorer des terres méconnues, faire découvrir des équipes et des artistes soucieux d’agir dans l’époque et, surtout, réfléchir ensemble aux enjeux portés par l’art et la culture dans une société en voie de déshumanisation.


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LES DROITS CULTURELS HUMAINS. INITIATION À LEUR PROBLÉMATIQUE

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Dès la signature de la déclaration universelle des droits de l’homme en 1948, les organisations internationales, des chercheurs, des militants, se sont attachés à examiner les conditions de mise en oeuvre des droits fondamentaux, et ont tenté d’en expliciter le contenu. Dès 1966, l’ONU met en place le pacte des NU sur les droits sociaux, économiques et culturels ; en 2001, c’est la déclaration universelle sur la diversité culturelle, en 2005 la convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Parmi les préoccupations des rédacteurs, se trouve la difficile question des « droits des minorités et des peuples autochtones », qui présente un difficulté considérable à la mise en oeuvre des droits de l’homme. C’est précisémenten réfléchissant aux conséquences pour chaque personne de la diversité culturelle, (ce qui vaut pour les minorités, ne concerne-t-il pas chaque personne ?) que les chercheurs de l’université de Fribourg ont en 2007 proposé la déclaration dite de Fribourg, sur les droits culturels humains, à partir des grands textes internationaux développant les droits universels.

PUBLIC ET CONDITIONS D’ACCÈS
25h – 3 jours

OBJECTIFS PÉDAGOGIQUES
Les participants sont impliqués, soit comme militants, soit comme professionnels, dans des mouvements d’Education Populaire, lesquels s’interrogent sur de nouveaux fondements pour leur action. Les droits culturels représentent une dimension nouvelle pour ces mouvements.
La formation cherchera en conséquence à permettre aux participants de :

  • Saisir ce que dit cette déclaration et en quoi elle représente une nouvelle fondation pour l’Education Populaire.
  • Appréhender les notions principales à l’oeuvre : droits universaux, culture, diversité, etc...
  • Prendre conscience des leviers que la mise en oeuvre des droits culturels rend possible dans l’action en direction des publics

MÉTHODE
Journée 1 : Présentation de la déclaration de Fribourg sur les droits culturels humains
Chacun des huit droits sera abordé spécifiquement afin d’en examiner et comprendre le contenu et les enjeux.

  • Choisir et respecter son identité culturelle
  • Connaître et voir respecter sa propre culture, ainsi que d’autres cultures
  • Accéder aux patrimoines culturels - Se référer, ou non, à une ou plusieurs communautés culturelles - Participer à la vie culturelle - S’éduquer et se former, éduquer et former dans le respect des identités culturelles - Participer à une information adéquate (s’informer et informer) - Participer au développement de coopérations culturelles.

Journée 2 : De quelle culture parlent les droits culturels ?
La Déclaration affirme les droits des personnes à leur « culture ». Mais par « culture », il faut entendre là le sens le plus large : « Les valeurs, les croyances, les convictions, les langues, les savoirs et les arts, les traditions, institutions et modes de vie par lesquels une personne ou un groupe exprime son humanité et les significations qu’il donne à son existence et à son développement » (art. 2a, Déclaration des droits culturels, 2007). La culture, au sens « courant » y a toute sa place, mais elle n’en constitue qu’une partie... L’enjeu n’est rien moins que la reconnaissance de la dignité des personnes dans leurs identités, identités qui sont comprises comme l’ensemble des références par lesquelles une personne, seule ou en commun, se définit, se constitue, communique et entend être reconnue dans sa dignité. (art. 2b).
Des exemples précis seront mobilisés afin de permettre aux participants de saisir toute la complexité de l’usage de cette notion. La question de la dignité sera particulièrement étudiée

Journée 3 : Les principales discussions et critiques dans le débat public.
Ces droits ont donné lieu à de multiples discussions et parfois ont fait l’objet de critiques qui sont aujourd’hui, encore, largement à l’ordre du jour des discussions. On proposera aux participants d’appréhender les discussions contradictoires en jeu.

  • Le débat sur la défi nition de la culture ( certains y ont vu le « retour en force » du socio-culturel ; cet argument ne devrait guère nous gêner...), sur les conséquences potentiellement dévastatrices conduisant à accepter des pratiques « indignes » au nom d’un droit à la culture, ( la réponse est sans ambiguïté : les droits culturels sont des droits fondamentaux, partie intégrante de l’ensemble des droits de l’homme, universels, indivisibles et interdépendants ; aucun droit ne peut entrer en contradiction avec un autre)
  • Le débat sur la « part belle » faite aux « communautés » qui divisent et réclament leurs particularisme contre les valeurs universelles ( la réponse précédente vaut ; il faut y ajouter que cette critique s’appuie sur une conception de la communauté très « française », alors que le texte renvoie plutôt à sa vision anglo-saxonne de la « community », laquelle est de nature très minimaliste puisque de ce point de vue le réseau social de chaque personne représente une « communauté », tout comme l’ensemble des personnes avec qui on travaille, chacun peut appartenir à plusieurs communautés, etc...).
  • Le débat sur les conceptions du droit dans ces contextes ; les droits culturels sont-ils conçus comme droit « de réclamation » devant des tribunaux, ou levier de pensée, principe d’action pour faire progresser la société ? Retour sur les droits de l’homme en général ; constituent-ils une puissance toujours renouvelée de nos citoyennetés en devenir ? Les droits culturels sont ils de nature, à donner une âme à l’action citoyenne ?
  • Comment les mettre en oeuvre concrètement dans l’Education Populaire. La loi NOTRe vient de les inscrire comme règle à respecter pour les politiques publiques des collectivités en 2016 , Ch.IV, Titre III, art. 103. Comment en démontrer l’effi cience en permettant à tous les citoyens de les connaître et de s’en saisir. N’exigent-ils un horizon de société, en ouvrant le chantier collectif qu’ils exigent : penser une société juste se fera en créant des coopérations entre les citoyens et les acteurs publics, et seulement par coopération. Les droits culturels déterminent un cadre pour cette action.

LES FORMATEURS
Jean-Pierre Chrétien Goni, est Maître de Conférences au Conservatoire des Arts et Métiers, équipe pédagogique nationale « Innovation », chercheur au Laboratoire DICEN EA 7339, Responsable d’enseignement en Médiation Culturelle, anthropologie de l’art et le culture, metteur en scène et auteur, directeur du Vent se Lève ! Tiers-Lieu d’art, de création et d’éducation populaire.Travaille au théâtre sur les thématiques de l’enfermement : prisons, hôpitaux psychiatriques, ghettos et tous les espaces du délaissement social. Créé des spectacles dans ces « hors-champs » de l’art et de la culture, et cherche à inventer « avec » et pas seulement « pour » les publics. Il est impliqué depuis deux ans avec ses équipes dans des actions de prévention de la radicalisation. Il est l’auteur d’ouvrages et d’articles sur l’anthropologie de l’art et de la culture, ainsi que sur des questions de philosophie politique, enseigne l’anthropologie de la culture, les théories de l’action artistique, le théâtre.Ses recherches récentes portent principalement sur les relations entre l’art, la culture et la démocratie. Il accompagne dans leurs réflexion, plusieurs Fédération Nationales d’Education Populaire (Ligue de l’Enseignement, Fédération des Centres Sociaux, Fédération de MJC) ; membre du Collectif « la création au regard des Droits Culturels » du Réseau Culture21
Christelle Blouët est fondatrice et coordinatrice du Réseau culture 21. Elle en porte l’initiative dès 2009 après la rédaction d’un mémoire consacré à la mise en œuvre de l’Agenda 21 de la culture en France. Dans ce cadre, elle anime de nombreuses démarches d’information et de formation visant à promouvoir une approche transversale de la culture, fondée sur des processus démocratiques et participatifs qui développent la prise en compte de la diversité culturelle et des droits culturels. Elle coordonne depuis 2012 le programme Paideia en France en partenariat avec l’Observatoire de la diversité et des droits culturels de l’Université de Fribourg.


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