LA CITÉ DES MARMOTS

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LA CITÉ DES MARMOTS

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La ville d’Aubervilliers, pépinière d’inventions sociétales, crée, en 1997, le festival Auber’Ville des musique du monde. En 2000, La Courneuve puis d’autres villes se joignent au festival qui devient Villes des Musiques du Monde. Le projet se structure en association en 2003 pour créer un réseau présent sur le département de la Seine-Saint-Denis et plus largement à l’échelle d’un Grand Paris.

S’appuyant sur la diversité des cultures vue, non pas sous l’angle d’un handicap mais d’un véritable atout, elle en organise le partage, la diffusion auprès des habitants, jeunes et adultes issus des quartiers populaires, qui sont à la fois public et créateurs.
Dès son élaboration, cette action avait la volonté de s’inscrire dans une perspective pédagogique, éducative, sociale et culturelle, faisant collaborer aussi bien les établissements scolaires que les structures jeunesse et associatives ainsi que les parents. Avec le désir d’un vrai travail en profondeur, est né le projet La Cité des Marmots.

Entre deux festivals, les Marmots, deux chœurs de Seine-Saint-Denis et de Paris, plus de 600 enfants, encadrés dans leur apprentissage musical par des musiciens professionnels, leurs enseignants, des animateurs, les parents, travaillent au fil des mois à la préparation du spectacle.
J’ai assisté à l’un de ces spectacles le 9 novembre dernier à L’Embarcadère, à Aubervilliers : La Cité des Marmots & René Lacaille èk Marmaille.


René Lacaille, accordéoniste, accompagné d’Orane à la batterie et de Marco à la guitare, mène la « danse », morceaux pour instruments alternent avec des morceaux et chœur des enfants venus de Pierrefitte, Saint-Denis, Villetaneuse et Epinay, Ile-Saint-Denis, Aubervilliers, La Courneuve et Stains. Alessandro Venza et Aldo Guinart étaient les musiciens invités.

Les airs réunionnais nous emportent vite dans un tourbillon éblouissant et joyeux. Les enfants, T-shirt blanc et pantalon noir, loin de l’amidon des chorales de conservatoires, bougent, attentifs aux chefs de chœur (ils sont 2) et au « Capitaine », s’écoutent et se regardent. Tout est énergie, enthousiasme, sincérité, vie. Le public, composé principalement des familles et de quelques notables, participent en frappant des mains. Nous avons plus l’impression d’une fête que d’un spectacle où les jeunes sont heureux d’être avec les adultes et réciproquement, chacun apportant à l’autre une dynamique différente. René Lacaille lance même une chanson pour remercier les mamans qui ont accompagné et participé au dispositif en particulier à l’occasion de repas partagés.
Bien avant nos autorités de tutelle, nombre d’enseignants dont j’ai fait partie, étaient convaincus que la chorale était une activité culturelle importante et structurante.

Je pense qu’elle est bien plus que cela et La Cité des Marmots en est un témoignage vivant. Un chœur, c’est faire œuvre commune tout en gardant son individualité. Lors de ce concert, on pouvait observer les différentes personnalités : ceux qui accomplissent avec plaisir mais sagement l’exercice, ceux qui vivent la musique et une petite fille qui était tout entière musique. Seul, un jeune garçon essayait de « faire le malin » mais sans aucun succès.

La chorale est une mise en œuvre de la transmission, de la citoyenneté, de la laïcité et de la lutte contre le racisme et tout autre préjugé. En effet, les enfants issus d’origines diverses (pays, religions, classes sociales…) apportent ce qu’ils sont et ce qu’ils peuvent faire, vivent la valeur de la transmission, prennent conscience que faire ensemble ne veut pas dire disparaitre dans la masse. Ils font l’expérience de l’effort et de la satisfaction du travail accompli, leur regard sur eux-mêmes change et leur rapport aux apprentissages s’en trouve modifié ainsi que leurs rapports à leur famille et à leurs pairs. Philippe Meirieu disait lors d’un colloque qu’un enfant qui trouve sa place n’a plus à se la faire. La chorale participe aussi à la lutte contre la violence.

La Cité des Marmots, faisant participer les parents à ce merveilleux projet, contribue en profondeur à notre utopie du vivre ensemble dans le respect et même l’admiration du prochain réunissant les membres de cette communauté humaine autour d’une table, d’un spectacle, d’un événement ou tout simplement du quotidien.

Claire Trebitsch

www.villesdesmusiquesdumonde.com/actualites/la-cite-des-marmots-
https://www.renelacaille.net

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