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En Corée du Sud, les artistes
face au « Choi-gate » (première partie)

Par Thomas Hahn
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par Thomas Hahn
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Les affaires de corruption qui balayent la présidence de Park Geun-hye font des ravages dans le monde de la culture. Dans le sud du pays, un festival de film résiste, en œuvrant pour les échanges franco-coréens.

Entre la France et la Corée du Sud, y a-t-il quelqu’un pour tisser des liens durables et inspirés ? Les artistes sont de bonne volonté, mais leur mission se complique, et ce juste après l’énorme et très officielle Année France-Corée.

Les artistes les plus emblématiques du pays du Matin Calme se sont produits en France. Les gouvernements respectifs ont la chance d’avoir pu traverser cette période d’échanges avant que n’éclate, en Corée du Sud, le scandale autour de la présidente Park Geun-hye qui a déclenché les plus grandes manifestations de l’histoire du pays. Aujourd’hui, les gouvernements français et coréen, tous deux à bout de souffle, ont intérêt à ne pas s’afficher avec leur pendant respectif. C’est surtout vrai pour le président français. Les manifestations hebdomadaires pour demander la démission de la présidente sud-coréenne Park Geun-hye n’ont échappé à personne, même en France. Et chaque semaine apporte, en Corée, de nouvelles révélations sur la profondeur et l’étendue du scandale, révélant un système entièrement fondé sur la corruption, le népotisme et les conflits d’intérêt.

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Photographie Kim Hong-Ji


La femme de l’ombre, toute-puissante

De quoi s’agit-il ? En gros, la présidente s’est fait souffler ses discours et des décisions politiques par Choi Soon-sil, une amie à laquelle est liée par une secte shamane. Cette confidente en a profité pour faire entrer sa propre fille à l’université, où la direction a créé, exprès pour elle, un diplôme en hippisme... Malgré un absentéisme très assidu, et bien qu’elle soit dernière de la classe, elle a pu poursuivre ses "études" sans le moindre problème.

Choi Soon-sil, femme de l’ombre sans mandat électoral ou institutionnel, a su extraire, à travers la présidente, des millions aux plus grandes entreprises du pays (Samsung, Hyundai...) pour alimenter des fondations douteuses, dont une dans le domaine de la culture, l’autre dans le sport. Pratique : en Corée du Sud un seul ministère gère la culture, les sports et le tourisme. Il était même arrivé que Park licencie le ministre de la culture (et des sports et du tourisme, donc) parce que celui-ci ne voulait pas punir les arbitres d‘une compétition hippique. Ils avaient commis l’outrage de refuser la victoire à la fille de Mme Choi. Scandale !

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Photographie Getty Images

Manifestations géantes

On comprend pourquoi, dans un pays qui n’a pas vu de grands mouvements sociaux depuis des décennies, les gens descendent dans la rue par millions pour allumer des bougies et souffler poliment un « dégage » à leur première femme. Sa grande confidente se trouve déjà derrière les barreaux, sa nièce s’est réfugiée dans une maison de campagne au nord du Danemark où elle a été traquée par un journaliste coréen.

L’histoire qui se joue chaque jour en Corée dépasse tout ce que Shakespeare avait su imaginer. Par ailleurs, le père de Park, officier de l’armée qui avait dirigé le pays d’une main de fer entre 1962 à 1979, avait été assassiné par son conseiller le plus proche. Peu avant, la mère de l’actuelle présidente avait été tuée dans un attentat visant son mari. On dit que la perte subite de ses deux parents expliquerait la dépendance de la présidente actuelle de sa conseillère.

Elle s’accroche… à son poste

Park Geun-hye apparaît désormais comme la présidente d’opérette qu’elle avait secrètement été, même si sa représentation en simple marionnette de Mme Choi est sans doute exagérée. Bien qu’elle ait été destituée par le parlement le 9 décembre 2016 et bien que certaines de ses compétences lui aient été retirées, Park s’accroche à son poste, sachant que la balle est aujourd’hui dans le camp de la cour constitutionnelle qui doit valider ou rejeter la destitution. Seule son immunité évite encore à la présidente la honte d’un procès. Elle s’accroche donc à son poste aussi longtemps que possible. Au bout du compte, les élections présidentielles prévues pour décembre 2017 pourraient être avancées. Mais rien n’est sûr.

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Photographie Kim Hong-Ji

Entre-temps, le pays est en train d’apprendre ce que la présidente actuelle a pu faire pendant les fameuses sept heures suivant le naufrage du ferry Sewol, en 2015. De nombreuses vies auraient sans doute pu être sauvées, mais personne n’était au poste pour prendre les décisions nécessaires. Dans un pays aux structures extrêmement hiérarchisées et codifiées, l’absence suprême de Park fut fatale. Alors, que faisait la présidente ? On la soupçonnait d’avoir participé à une cérémonie shamanique. Las ! Elle était juste en train de reprendre un peu de botox pour lisser son précieux visage. Jusqu’à en perdre la face...

Thomas Hahn

(À suivre)


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