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COMMUNIQUÉ DU PEROU - Pôle d’Exploration des Ressources Urbaines - 4 AOÛT 2014

par Nicolas Romeas
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Grigny, bidonville de la Folie, av. des Tuileries : demain mardi 5 août, au petit matin, tout sera détruit.

Grigny, bidonville de la Folie, av. des Tuileries : demain mardi 5 août, au petit matin, tout sera détruit.

Ici, avec le soutien de la Fondation Abbé Pierre et du PUCA, le PEROU a œuvré des mois durant : interventions sanitaires, réparations des baraques, mise hors boue du site, construction d’un lieu de travail, accueil en résidence de nombreux artistes et architectes, organisation de sessions de travail avec des étudiants d’écoles d’art, d’architecture et de sciences politiques, conception de CV pour plus de quarante adultes, accompagnement des familles dans leurs démarches administratives.

Les acteurs publics n’ont cessé de mépriser ce travail, visant à se débarrasser du problème, non à y répondre. Demain mardi 5 août, au petit matin, tout sera détruit.

Ici, en collaboration avec les riverains du Collectif des Ambassadeurs des Roms et des Colib’Ris, le PEROU a contribué à ce que la quasi totalité des enfants ait été scolarisée, à ce que les adultes aient quasiment tous été domiciliés, à ce que quinze d’entre eux aient signé un contrat de travail, à ce qu’une vingtaine ait régulièrement suivi des cours de français, à ce qu’une cinquantaine se soit inscrite
à Pôle Emploi, à ce que d’innombrables liens avec le territoire aient été ainsi noués.

Les acteurs publics n’ont cessé de défaire ce qui se construisait, visant à éloigner ces étrangers menaçant de s’installer parmi nous. Demain, les familles ici intégrées seront purement et simplement mises à la rue, ou se verront proposées pour quelques jours des chambres d’hôtels à des dizaines de kilomètres de là.

Ici, dans la dynamique constructive engagée avec les familles, celles-ci se sont constituées en association, une première en France. Déclarés en Préfecture le 8 juillet, les statuts de « l’association de la Folie en Essonne » sont ainsi rédigés : « À titre principal, l’association poursuit une mission d’intérêt général de défense des droits des personnes vivant dans les bidonvilles de l’Essonne. Elle a pour objet de développer et promouvoir des réponses à leur situation, et peut intervenir en tant que concepteur, producteur, partenaire de projets expérimentaux favorisant leur insertion. Au niveau national comme international, elle peut intervenir auprès d’acteurs associatifs comme institutionnels en tant qu’expert pour la recherche et la promotion de projets innovants à l’adresse des personnes vivant dans des conditions particulièrement précaires. »

Les acteurs publics n’ont manifestement reconnu aucune légitimité à cette structure légale. Méprisant tout autant la procédure engagée par les membres de l’association devant la Cour d’Appel de Paris, Maire et Préfet mobilisent donc des moyens exceptionnels (pour un coût évalué à 320 000 euros) afin de casser non seulement le bidonville, mais les processus qui y ont éclos.

Gouvernés par bêtise et lâcheté, les acteurs publics parviendront demain mardi à faire disparaître le bidonville de la Folie, non la réalité, non les perspectives d’avenir dessinées depuis des mois ici-même. Aussi, dans quelques semaines, un nouveau bidonville sera-t-il construit non loin de ce terrain. Peut-être qu’alors les acteurs publics s’en remettront à l’évidence : que la violence est une impasse, meurtrissant les personnes, cassant les processus d’intégration de celles-ci, pérennisant le bidonville dans sa forme la plus déplorable.

Demain mardi 5 août, au petit matin, nous serons présents sur le terrain de la Folie pour constater les dégâts, et pour rappeler aux responsables de ceux-ci qu’il est plausible que de tels événements puissent à nouveau survenir.

Contacts : Sébastien Thiéry - 06 12 34 70 28 / Ramona Strachinaru : 06 81 80 67 29

www.perou-risorangis.blogspot.fr

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