Skyrock, du rap de bouffons

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Skyrock, du rap de bouffons

A l’instar du punk, le hip hop est devenu une norme...
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par Nicolas Romeas

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par Andy Verol

Le rap contestataire actuel se contenterait-il de contester les contestataires ? Bien sûr il existe des killers du genre comme la Rumeur, Anphalshe, Casey, etc.. qui n’auraient rien eu à redire à mon billet d’humeur d’hier concernant la radio Skyrock et son barouf bidon concernant le limogeage de son boss fondateur... Lepost en a décidé autrement. Je publie donc ce billet sur cette plateforme d’"info" et une heure plus tard, il était mis en Une (par un journaliste conscient qu’il faut parfois rétablir la balance sur cette supercherie médiatico-commerciale)... Durant 24 heures, plus de 44 000 personnes sont venus lire la "chose vérolée" et des dizaines de commentaires plus tard, Lepost supprimait purement et simplement l’article, sans justification... Mais mon expérience de la "libre-expression" sur le réseau mondialeux me fait dire, sans aucune chance de me tromper, que des plaintes (et pas qu’une), venues de partout (des "gentlemen" de Skyrock sans nul doute, des fans de cette antenne, des "rapeux" revêches plus à même de critiquer comme des clones de leurs prédécesseurs que d’utiliser l’auto-critique et un regard lucide sur la dérive connasse de d’un genre qui se posait justement anti-censure)... avaient signé le glas de mon texte.

Je ne tenais pas particulièrement à ce billet, mais il prend de l’importance au regard de cette censure pathétique et révélatrice (une fois encore) de la tendance lourde de la dénonciation anonyme sur Internet plutôt qu’une réelle capacité de droit de réponse... J’aurais aimé entendre les contradicteurs, qu’ils m’expliquent de façon grossière ou argumentée, pourquoi mon texte n’était pas recevable. Mais la contradiction n’a pas lieu d’être sur Lepost. Il paraît évident que les pressions sont grandes sur ce type de médias fourre-tout qui tente l’impertinence, l’info crédible, l’info people et l’info poubelle confondues... Difficile exercice donc de mettre du Vérol en Une, lorsque le propos y est direct et acceptable (au-delà du style délibérément ordurier, histoire de faire honneur à ceux du Rap que j’ai adoré et adore encore qui n’ont jamais hésité à appeler un chat un chat, casqué ou non).

ça n’est pas la première fois que je vis une telle censure, mais elle est salvatrice... La réalité de la liberté ne vaut que si l’on en force les limites. Je laisse donc Skyrock et sa programmation vulgaire et réductrices, je laisse aussi Lepost à ses billets d’humeur sur le sujet qui ne consistent plus, après la suppression de mon texte, qu’à dire : "Pourquoi je soutiens Skyrock".

"La mentable".

Le texte en question :

"Skyrock, du rap de bouffons | 15 avril 2011

Le monde des médias français s’émeut pour une révolution de crétins, une bande d’abrutis qui, depuis plus d’une décennie, a littéralement fait du rap un genre vulgaire, un style merdique... En s’accaparant le Hip Hop, Skyrock en fit un fond de commerce, diffusant majoritairement des moins que rien artistiques, des copieurs-colleurs-videurs... Désormais, les mecs de cité bavent des textes sans fond, des mises en scène vulgos, et une idéologie du capitalisme de quartier. Rares sont ceux qui, aujourd’hui, produisent de la bombe (baby)... Musicalement, la plupart des rapeux se suffit des boucles archi-entendues... Les textes sont creux, attachés à rabâcher sans cesse les mêmes litanies : la cité, les keufs, les gangsters, les meufs/ton/cul, la maille, et si-j’ai-une-grosse-bagnole-je-suis-un-boss. Tout ça n’est évidemment qu’une histoire de thunes, de niche commerciale et d’incompétences... On peut remercier cette radio pour avoir vider l’oeuf de son blanc et de son jaune... Depuis le virage pris par cette antenne dans les années 90, les véritables créateurs, cracheurs, existent ailleurs... Dans les rues, le RER, des lascars d’opérette écoutent des tracks à chier avec leurs portables. Véritables geeks d’HLM, ils miment leurs ainés... Le rap est partout, dans les morceaux variétoches, les mollards R&B, les émissions grand public... Les fils à papa, les couillons de classe moyenne, les darons salariés écoutent cette chiotte. A l’instar du punk, le hip hop est devenu une norme, le genre d’une majorité qui n’a rien à dire, râleuse, et prétendument contre le système... Quand on entend ces minables squattant les locaux de la radio commerciale, Skyrock, on ne peut dire qu’une seule chose : vos gueules les Johnny du Rap, les Green Day du hip hop, les rois du shopping de la rébellion...

Andy Vérol


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