Bienvenue aux insatiables !



Un journal culturel en ligne d’informations de débats et d’humeurs animé par l’ancienne équipe de Cassandre et celle du jeune Insatiable pour mettre en valeur des actions essentielles mais peu visibles, explorer des terres méconnues, faire découvrir des équipes et des artistes soucieux d’agir dans l’époque et, surtout, réfléchir ensemble aux enjeux portés par l’art et la culture dans une société en voie de déshumanisation.


Rodrigo Ramis et le duende

par Nicolas Romeas


Quand Rodrigo Ramis, comme on tendrait un parchemin sur le point de tomber en poussière, confie à nos mains maladroites ces mots de Federico Garcia Lorca qui dansent autour de ce qu’on ne peut jamais exprimer à voix claire et distincte, ces mots qui tournent tout autour du souffle, du rythme, de cet instant où la braise devient flamme, il ne s’empare pas du texte, non.


Il l’effleure, comme on doit évoquer une passion brûlante, comme on s’adresse à un enfant pour le calmer, en chuchotant paisiblement. Dans une délicate tension. Presque immobile, instable, il danse, oui, mais à l’intérieur, bouge à peine, avec précaution, tremble comme la flamme d’une bougie, à peine, mais il danse. Et au bord du silence d’où l’on attend ce jaillissement de la révélation, ils guident tous deux nos pas vers un lieu bien connu, mais de nos rêves. De nos seuls rêves.
Et il parle doucement de cette violence, cette joie qui est au-delà de toute jouissance et dépasse toute angoisse, et il s’agit d’un rituel car il est clair que le chemin, c’est à notre âme de le faire. Ce qu’il évoque est puissant et fragile, secret d’enfance, oui secret de Polichinelle, un indicible qui se dit, mais ne se dit qu’entre les mots. Fulgurance que chacun connaît, au fond de soi, mais qui ne saurait être atteinte par la langue ordinaire, juste approchée, laissée à désirer, deviner, sans ce geste de trop qui l’effraierait comme un oiseau furtif.
Car ce à quoi s’attaque Lorca dans ce texte sublime, c’est précisément ce qui ne peut être dit de notre relation à l’art, seulement vécu et invoqué. Et, comme seul le prêtre peut convoquer les dieux, seul le chant du poète le fait vibrer sans le toucher.

À VENIR

JEU ET THÉORIE DU DUENDE de Federico Garcia Lorca (Editions Allia)

Performance par Rodrigo Ramis

Dimanche 18 mai 17h
Maison d’Arts 11 rue de Cémonceaux 94170 Perreux-s-Marne
www.recordance.fr
P.A.F. 10€ (agapes inclus)

Samedi 28 juin 11h
Festival Nissan Rilov Morsains (Champagne-Ardennes)

Programmation en cours
SANS DROIT D’ENTRÉE (sauf si indiqué)/CONTRIBUTION Personnelle en fin d’Action
Une commande de Bookshop/Gallery Ofr www.ofrsystem.com
Avec l’aimable autorisation des Éditions Allia
Café de la Brûlerie de Belleville, Paris 19e










Annonces

Pour sa qua­ran­tième édition, le Festival de cinéma de Douarnenez choi­sit de ques­tion­ner la notion de Frontières. Frontière, non plus cette limite arbi­traire, cette bar­rière qui sépare mais plutôt zone d’échange. Frontière, un lieu qu’il s’agit d’inves­tir, un ter­ri­toire commun…


Brèves


Depuis 2003, le fes­ti­val de cinéma d’Attac « Images mou­ve­men­tées » s’emploie à infor­mer et à sus­ci­ter la réflexion col­lec­tive sur des ques­tions cru­cia­les de ce début de XXIe siècle en s’appuyant sur une pro­gram­ma­tion ciné­ma­to­gra­phi­que exi­geante et éclectique. Celle-ci asso­cie courts, moyens et longs-métra­ges, docu­men­tai­res et fic­tions, films fran­çais et étrangers, anciens et récents, ayant eu une large dif­fu­sion ou non. Le fes­ti­val accueille régu­liè­re­ment des avant-pre­miè­res.


Le Génie en Liberté est un Événement bien­nal, orga­nisé par le Génie de la Bastille.
Il pro­pose à un large public un par­cours cultu­rel dans le quar­tier du 11ème arron­dis­se­ment de Paris.


Tous les deux ans, la ville se trans­forme en un gigan­tes­que cas­te­let en accueillant le Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes qui réunit 230 com­pa­gnies et accueille plus de 150.000 spec­ta­teurs. En ce mois de sep­tem­bre aura lieu sa 19° Édition.


Cette his­toire simple, et les contrain­tes qu’elle nous impose, convien­nent à un théâ­tre sim­ple­ment arti­sa­nal. Pas de recours aux tech­ni­ques contem­po­rai­nes. Technique qui fut l’immense chan­tier d’Anders. « Le « trop grand » nous laisse froids, mieux (car le froid serait encore une sorte de sentir) même pas froids, mais com­plè­te­ment intou­chés ; nous deve­nons des anal­pha­bè­tes de l’émotion ».