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Retour sur Aurillac (3) Dernier flashback

Jean-Jacques Delfour à Aurillac
par Jean-Jacques Delfour
Thématique(s) : L’art hors-champs , Politique de l’art , Géo-Graphies , Inclassables, improbables, incasables Sous thématique(s) : Festival
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Jean-Jacques Delfour connaît par cœur le festival d’Aurillac (qui en est à sa trentième édition), pour le fréquenter depuis ses débuts. Il nous donne son regard très personnel sur quelques-uns des spectacles qui l’y ont marqué cette année.

Muralisme et théâtre de rue
La ménagerie : L’Homme est un animal mobile.


Une proposition multiple : la fabrication comme spectacle, l’angoisse de l’artiste aux moments de l’acte créatif, la conversion du spectateur-consommateur en regardeur affûté et subtil, l’écoute de beaux textes servis par de très belles voix, l’esthétisation politique de l’espace urbain qui en résulte.

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Aurillac 2015 La ménagerie © Vincent Muteau

À la première, le public s’est dissipé rapidement dès qu’il comprit qu’il n’y avait rien de spectaculaire, rien de visible à consommer. Pourtant, c’est un espace-temps fascinant. Une lenteur ambiguë règne, flottant entre l’assurance de soi et l’incertitude propre à toute activité de création. Les voix à texte (graves, chaudes, hypnotiques), inscrivent le moment présent dans une longue tradition de pensée de l’art. La musique, des sons résolument irrésolus, accompagnent paisiblement les différents ateliers dans lesquels se déroule le travail créatif. Le spectateur de théâtre a des exigences de rythme, de vivacité ; l’action, ici, est lente : son morcellement inévitable (la création est un temps long, essentiellement mental et dont les moments pratiques ne sont que des phases ponctuelles de visibilité) dessine un spectateur patient et bienveillant, capable de supporter une certaine frustration.

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Aurillac 2015 La ménagerie © Vincent Muteau

Cet espace singulier est une école du regard. Il s’agit d’apprendre à discerner les multiples tableaux involontaires et partiels, laissés, comme des sédiments, par l’activité humaine, sur les murs, les façades, les sols. Tout un monde virtuel d’objets artistiques, de figures cachées, d’histoires crypto-écrites, qu’un regard, ou un geste pictural, peut rendre visibles. Ces fresques invisibles peuvent faire trace si un regard leur donne naissance, les accouche, leur confère droit de cité. Le regardeur libre, celui qui regarde là où l’on ne doit rien voir, déplie une politique. Celle de la révolution des regards.

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Aurillac 2015 La ménagerie © Vincent Muteau

Outre l’aspect work in progress, ce spectacle est une leçon politique. Le muralisme est la contestation du règne de la toile sur châssis, c’est-à-dire de l’art officiel. Les dictatures répriment sévèrement le muralisme et les démocraties bourgeoises le règlementent. Sa pauvreté matérielle, sa rudesse, est le signe esthétique d’une pratique plutôt interdite. Le spectateur, fuyant la proposition, reconduit inconsciemment le geste de la classe dominante qui disqualifie ce type d’expression artistique, non parce qu’elle aurait démontré son infériorité, mais parce qu’admettre cette pratique comme un art serait reconnaître la possibilité de chaque partie de l’espace urbain de contenir de l’art : se soustraire au diktat de la propriété privée, et, pire encore, que cette appropriation soit l’acte de personnes non autorisées !

Un lent enfoncement parodique dans l’idéologie new age
Les 3 points de suspension : Looking for paradise.


Dans les années soixante, en réaction au démarrage de l’âge atomique, indéfiniment destructeur, des groupes que l’on a pu rassembler dans la mouvance hippie (le terme est attesté depuis 1953), engendrèrent un courant idéologique, écologiste, anti-militariste, anti-capitaliste, individualiste mais aussi communautaire, habité par la croyance selon laquelle chacun, en se connectant au cosmos ou aux plantes, par des techniques empruntées à l’Orient ou inventées, peut reprendre en main une partie de sa vie. L’angoisse de la guerre froide, amplifiée par la guerre nucléaire aux vivants, discrètement maquillée en « essais », génère des réactions où se mêlent techniques et mythologies.

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Les 3 Points de suspension Aurillac 2015 ©V. Muteau 3480

Aucune technique, aussi efficace soit-elle, n’est dénuée de soubassement mythologique, c’est-à-dire, ici, de récit à mettre en scène. C’est parce que l’idéologie hippie est aussi bien un corps de techniques qu’un nuage de récits qu’elle a produit autant de formes (musiques, manifestations, films, tableaux, vêtements, styles de vie). Le paradise, qu’il s’agit de ne plus perdre, est la matrice d’une grande variété de spectacles. Looking for paradise est propulsé par l’aspect radicalement imaginaire du new age : il est plus facile de mettre en scène des objets chimériques que des objets réels dont l’inertie symbolique est plus élevée.

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Les 3 Points de suspension Aurillac 2015 ©V. Muteau

Ce spectacle parcourt quelques lieux communs de l’idéologie hippie, sur le mode parodique. La difficulté tient à deux écueils. Le mouvement hippie est déjà en lui-même une vaste opération de dérision de la société nucléaire, capitaliste et marchande. Mais en outre il présente des aspects comiques, une certaine candeur, une foi dans la nature et dans la technique qui peut susciter le scepticisme, bref un regard sur soi-même à la fois attendri et ironique. Du coup, le spectateur hésite devant le sens de ce qu’il regarde : imitation des partisans auto-dérisoires du new age ou dérision volontaire de ses sectateurs ? Peut-être est-ce là, encore, l’occasion de constater le flottement des notions (parodie, dérision, etc.) et la plasticité insaisissable de l’effet artistique ?
Ensuite, s’il y a incontestablement quelques bons moments (drôles, émouvants, habiles), l’ensemble est affecté d’une certaine lenteur, provoquée par la longueur de certains discours et le caractère trop explicite de l’argumentation. Des raccourcis, dans les deux sens du terme, n’ôteraient rien à la compréhension et donneraient du rythme. Un spectacle un peu vert, bavard, trop disert, mais qui vaut sans doute la peine.

Une installation de flammes dépolitisantes
Carabosse : Veillée d’âmes.


La flamme n’est un feu que par abus rhétorique : elle est un mélange gazeux, en combustion, issu d’une matière qui brûle. Le feu est synonyme d’incendie : il peut être violent, purificateur ou dévastateur, il est la destruction d’une chose, sa réduction en cendres, mais la flamme est croissance, impétuosité, positivité. Carabosse ne répand pas le feu mais montre des flammes. La matière qui brûle est à peu près toujours dissimulée dans des pots, des vasques, des boules, etc. Les flammes sont le véritable sujet de ces spectacles.

Quoique manipulées par des pyrophiles (des pyromanes sans démence), les flammes ont une sorte de vie. Elles semblent animées : plus proches de l’animal à dompter que de la matière inerte. Elles sont des paradoxes réels : une lumière brûlante, une chaleur qui éclaire, un gaz qui se consume, une matière à la merveilleuse plasticité, un être réel mais impalpable.

Cette pyrotechnie est plus alchimique qu’industrielle. En témoigne la machine qui convertit l’eau en flamme ou les microcosmes giratoires à trois sphères qui associent des soleils tournoyants à une géométrie céleste.

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Carabosse Aurillac 2015 ©V. Muteau

Socialement, la flamme abstraite est un bon antalgique général. Dissimuler le procès de production des flammes fait naître la signification du mystérieux, du caché étrange, source de rêveries qui éloignent un peu plus de la réalité. Et cela suscite aussi la signification du magique détenu par un groupe qui se démarque ainsi des autres. D’où l’aspect apolitique : illuminer une ville est une opération neutre ; c’est beau, c’est rassembleur, c’est émouvant. En ce sens, les machines à flammes créent du lien, mais un lien éphémère, sans conflictualité donc sans portée politique. Chacun est invité à une relation contemplative, renonçant tant à la pensée qu’à l’action. D’où une déambulation quasi statique. Béat, chacun est béant devant ces lucioles calorifères sources de béatitude.

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Carabosse Aurillac 2015 ©V. Muteau

Le caractère fascinant des flammes traverse l’éventail politique : tout le monde aime les flammes, la question principale est de savoir ce qu’elles signifient, quelle portée un encadrement politique peut leur attribuer. Or il est difficile de conférer à une flamme isolée une signification : il faut sortir de l’ombre tout un champ de choses et de discours. D’où le souci de proposer des machineries sans contexte, « irrécupérables ». Il en résulte un puissant effet de placidité dépolitisante, par une sorte d’évidement. Cela tient à la nature de la flamme : elle n’est qu’un gaz qui se consume, un quasi néant qui s’anéantit en laissant une trace optique suivie d’une trace mémorielle faible, comme un vague vieux bon souvenir.
Le titre est un mot-valise : « veillée d’âmes » ou « veillée d’armes ». Étant donnée la dépression politique majeure qui sévit depuis que le Parti au pouvoir a montré qu’il n’avait de socialiste que le nom, on se demande si le souci de l’âme présent dans le titre explicite n’est pas piloté par l’absence douloureuse d’armes, qu’évoque le titre implicite. La décontextualisation n’est jamais tout à fait entière. La volonté de ne pas être politique, même immergée dans une technique, est une position politique.

Du vitriol sur l’idéalisme de l’amour
Les chiens de Navarre : Les armoires normandes.


La matrice de ce spectacle est donnée par le contraste entre le christ et le gag de l’homme qui ne parvient pas à mourir. L’image vivante du christ convoque une puissante iconographie, solennelle, saisissante et, sous un langage fleuri et drôle, la destitue par le côté cabotin, racoleur. Les clefs sont posées : des objets sacrés (en lien avec la question de l’amour) et la mise en lumière de leur séduction, c’est-à-dire de leur mensonge.

Le gag de l’homme qui ne parvient pas à quitter ce monde pour un autre est une dérision de la promesse chrétienne de la résurrection (des corps et des âmes précise la première épître aux Corinthiens, chapitre 15), si bien que ce personnage répète, sur le mode de la déception, la désublimation de l’entreprise spectaculaire chrétienne. Il agit aussi en croyant qu’un cadeau est nécessairement une preuve d’amour, le don du revolver faisant allusion à la pente sacrificielle du martyr chrétien.

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Les Chiens de Navarre Les armoires normandes © Lebruman

Chaque sketch est tramé par cette destruction de l’idéalisation. Le christianisme, le couple d’amoureux, le mariage, les chansons d’amour (William Sheller), la consultation de medium pour communiquer avec l’amant défunt, tous ces dispositifs sociaux ont en commun une sublimation des pulsions. Le christianisme est ce délire qui consiste à changer, par l’amour christique, la mort en une libération ; la peur terrifiante de mourir, l’angoisse de devenir un cadavre en putréfaction, sont les moteurs secrets du délire de la résurrection. Le couple d’amour est cette illusion d’une union sentimentale pure. Le mariage est cette cérémonie sociale qui vise à rendre crédible le mythe de l’amour durable et à maquiller en Idylle une alliance juridique et patrimoniale. La chanson d’amour est ce mensonge musical et séduisant qui tend à sublimer un quotidien supposé banal et morne, et à remplir de phrases toutes faites la conversation souvent creuse des amoureux. Le medium charlatanesque est le climax sordide de cette illusion mensongère.

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Les Chiens de Navarre Les armoires normandes © Lebruman

L’amour est une grande illusion. À ces formes de sublimation, les personnages joués par les Chiens de Navarre opposent, de manière cynique au sens littéral du mot (qui signifie « chien » en grec et renvoie à la philosophie provocatrice d’un Diogène), un démenti cinglant : une désublimation. Ce spectacle évoque l’ancienne tradition de la littérature critique matérialiste opposée à toutes les idéalisations. « Ôte-toi de mon soleil » lança Diogène à Alexandre venu lui proposer de lui donner ce qu’il voulait.
Alors que Marcuse évoque, dans Éros et civilisation, la « désublimation répressive » issue du capitalisme et de la société de consommation, la désublimation à laquelle procèdent nos Chiens enragés est jubilatoire. Il ne s’agit pas seulement de faire éclater les baudruches idéologiques de l’amour, de piétiner les idoles de l’idéalisation, au service de la domination. Mais d’utiliser la critique de ses figures pour une érotisation gaie. La jouissance de détourner les codes pour créer des situations d’une grande drôlerie, en poussant plus loin la logique inconsciente de formes sociales existantes.

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Les Chiens de Navarre Les armoires normandes © Lebruman

Le Christ est un grand séducteur : voyons ce que donnerait un Christ descendant de la croix déjà ressuscité, en pleine forme, riche de l’iconographie accumulée pendant des siècles, prêt à relancer un prosélytisme toujours aussi efficace. Rien d’extravagant : simplement, le développement de la mythologie chrétienne. De même, le mariage est un déploiement de dépenses improductives autour d’un couple dont la fécondité est l’importante caractéristique : voyons ce que donneraient une condensation et une amplification de ces signes, une fête finissant en orgie, un accouchement tournant au match de rugby, etc.

De très bons comédiens, des textes drôles, une certaine audace scénaristique, des mises à nu inscrites dans un projet artistique critique et jouissif. Le parti-pris de « tout » montrer (doublage et sonorisation) participe de la même entreprise joyeuse de démythologisation. Le rythme alerte compense une tendance à la répétition (l’auto-citation attestée par l’impression de déjà vu).

Actualité d’une antiquité
Théâtre de l’Unité : La commission des lois & Le parlement.


La démocratie est une invention grecque et antique. Elle avait trois principes : l’isonomia (chaque citoyen est soumis aux mêmes règles), l’isegoria (le même droit de parole) et la parhesia (la franchise ou la liberté de parole, condition des débats contradictoires). L’Assemblée des citoyens se réunissait en moyenne quarante fois par an, une journée entière, du lever du soleil au coucher. La démocratie est un spectacle participatif, sur l’agora, c’est-à-dire sur la place publique.

La démocratie, à l’origine, c’est du théâtre de rue. Il fut lourd de sens de la faire entrer dans des murs. Le peuple politique est toujours une fraction de la population (étaient exclus femmes, enfants, métèques et esclaves). Mais la création des lois et leur vote sont des opérations qui, l’exemple grec le prouve, sont à la portée du peuple. Considérer la démocratie athénienne permet un regard critique sur les « démocraties » modernes limitées par le double principe d’une technocratie bureaucratique (jargon) et de l’accaparement des fonctions politiques par une classe aisée (suffrage censitaire de droit ou de fait).

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Théâtre De L’Unite Aurillac 2015 ©V. Muteau.jpg

Le Théâtre de l’Unité, à un moment de crise majeure de la démocratie en France et en Europe, rappelle par l’exemple que la démocratie peut exister par la volonté des citoyens. Mais un tel projet se heurte à deux difficultés : l’exigence de distance, dont le comique est une forme (c’est un spectacle), et l’aspect dépressif du labeur de la législation (lequel excède la gravitas classique, le sérieux législatif). D’où l’introduction de moments musicaux (des chansons hilarantes de Didier Super et des deux musiciennes et chanteuses) et de sketches relaxants, au rythme rapide, pour retarder l’affaissement affectif inévitable d’une telle simulation de démocratie.

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Théâtre De L’Unité Aurillac 2015 ©V. Muteau 5612.jpg

En effet, la législation réelle est un lourd travail qui requiert compétences, savoirs objectifs, persévérance, disponibilité. Assister au travail de ce parlement fictif fait douter de la possibilité réelle de fabriquer la loi. Ce simulacre de démocratie pourrait être entendu (par des antidémocrates) comme une critique ciblant son impossibilité, sauf à remplacer la représentation délégataire par la représentation mandative. Cette dernière suppose que l’élu obéisse à un mandat donné par les électeurs, la représentation délégataire implique que l’élu agisse comme il l’entend au nom d’électeurs qui lui ont abandonné leur pouvoir. Ce spectacle oscille entre la mise en scène de la facilité de la démocratie et celle de sa futilité. Tout en ménageant une place pour une autre signification : la démocratie est une pratique et la législation un travail collectif dont chacun est capable bien qu’il soit confisqué dans les faits. L’autre aspect dépressif tient à la perception de l’abîme entre ce Parlement pour rire et la réalité de la législation : que d’efforts, de travail, pour prendre au sérieux la démocratie ! Le caractère injuste des « démocraties » en Europe, contrôlées par la bourgeoisie (parodiant Lincoln : « la démocratie c’est le gouvernement du peuple par la bourgeoisie pour la bourgeoisie »), implique une révolution, non seulement des institutions mais des citoyens eux-mêmes, pas une simple décision. Citoyens, encore un effort pour devenir démocrates !

Colonialisme refoulé et arts de la rue.
Artonik : The color of time


Ce spectacle s’inspire de la fête religieuse « Holi », une sorte de carnaval indien, un sacre du printemps. S’inspirer est un euphémisme pour désigner une opération qui oscille entre le pillage et la destruction. L’anthropologue Jack Goody, mort tout récemment (16 juillet 2015), publia un livre révolutionnaire : Le Vol de l’histoire. Comment l’Europe a imposé le récit de son passé au reste du monde (Gallimard, 2010). Il montre, preuves à l’appui, comment l’Europe a pillé les autres civilisations et a maquillé ces vols multiples et séculaires en une opération inverse : l’apport de la civilisation, c’est-à-dire le travestissement du pillage en invention. Le colonialisme a été le contexte politique de ce grand mensonge.

L’intérêt de ce spectacle, The color of time, à l’américaine, est d’illustrer le processus avec un résultat inverse. On part du même point, le pillage culturel, et on aboutit à un fragment dérisoire d’une fête indienne rabougrie, réduite à moins que l’ombre d’elle-même. Une sorte de spectre, un cadavre culturel. De la riche cérémonie initiale, de son foisonnement symbolique, il ne reste qu’une chorégraphie insipide suivie d’un aspergement tous azimuts et régressif (le plaisir anal du barbouillage est loin du plaisir de donner la couleur).

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Artonik Aurillac 2015 ©V. Muteau

Le spectacle suggère que les cultures du monde sont un grand magasin où n’importe qui peut se servir, qu’une tradition culturelle en kit est transposable dans n’importe quel contexte. Il s’inscrit dans une marchandisation globale du monde humain. Il reconduit l’opération coloniale de réduction des cultures colonisées à du folklore appauvri et méprisé. Il répète la condescendance des colonisateurs devant l’arriération présumée des colonisés. L’inspiration est un terme polysémique, recouvrant des pratiques disparates. Tout artiste peut puiser dans d’autres cultures que la sienne, mais il y a une différence entre emprunter un fragment et déclarer s’inspirer de la Holi, qui est un fait culturel puissant. Le risque est grand de creuser un abîme entre une proposition spectaculairement pauvre et le fait social total indien.

Jean-Jacques Delfour






Lire aussi :
Retour sur Aurillac (1)
[ frasq ] #7

Retour sur Aurillac (2) : Alixem
6ème Festival International du Film de la Roche-sur-Yon

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