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Recoller les éclats de la vie citoyenne...

par Thomas Hahn
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Spectacle interactif sur la possibilité d’une République sans élections ni partis politiques, Some use for broken clay pots incite à imaginer la cité sous un angle radicalement différent de nos habitudes contemporaines. La constitution fictive de 375 articles rédigée par Christophe Meierhans redonne aux citoyens un rôle actif et immédiat. À l’affiche du Nouveau Théâtre de Montreuil jusqu’au 28 avril 2017.

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Photo © Luca Mattei

Chaque élection le prouve, il est temps d’envisager la république et la démocratie autrement. Mais comment ? Christophe Meierhans, artiste multidisciplinaire, dresse le constat, en montant sur scène : « Qui croit encore en la façon actuelle de faire la politique ? » Il présente une possibilité différente, et même très différente d’organiser la vie politique et invite le public à intervenir dès le départ. Et les spectateurs l’interrogent avec ardeur, pendant les deux heures qui suivent l’exposé initial. La constitution fictive de Meierhans est avant tout un moyen de déclencher le débat.

Quelques bases

« Je suis parti de ce que nous avons, et j’ai essayé d’imaginer l’exact contraire », indique-t-il. Dans son utopie totalement inédite, les citoyens peuvent révoquer leurs représentants, mais doivent en proposer d’autres. Ils doivent aussi consacrer un minimum de leur temps aux débats, désigner des experts, et évaluer en permanence les prestations de leurs représentants. Tout se gère à travers une plateforme internet, le Statebook. La vie est organisée en quinze domaines de Biens Communs, mais il n’y a pas de chef d’état.

La brève description donnée ici est forcément sommaire, partielle, biaisée. On ne résume pas une constitution en trois phrases. Meierhans utilise-t-il les retours des spectateurs pour affiner son système ? Non. Après avoir travaillé avec des politologues, des philosophes, des sociologues et un dramaturge pour élaborer ce projet, il déclare que la constitution est éditée et qu’elle n’a pas vocation à évoluer. Il restera artiste, se contentant de démontrer que l’imaginaire n’est pas mort. Pourtant, son approche est rigoureuse.

Ni Athènes, ni la Commune

L’artiste suisse qui vit et travaille à Bruxelles a éditée cette constitution en quatre langues, elle est en vente après le spectacle, au prix de cinq euros. « Certains me demandent pourquoi je ne fonde pas un parti politique. Mais ce n’est pas le but. » Pas de retour non plus au système athénien de tirage au sort des députés ou sénateurs, amplement discuté ces dernières années. Pas de copié-collé d’une république soviétique ou de la Commune. Il s’agit surtout d’éviter la constitution d’une classe politique, avec les moyens de notre époque. Est-ce possible ?

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Photo © Luca Mattei

Ce modèle de constitution ne fournit absolument aucune réponse, il pose la question. Meierhans n’essaie pas de nous vendre son concept, il monte sur scène pour le mettre à l’épreuve de la pensée des citoyens, de leurs doutes, de leur incrédulité, de leur désir de changement. Sa conférence-spectacle est un punching-ball pour le public qui participe comme il participerait à cette république inédite. L’important est de remettre la pensée en mouvement. Les 375 articles sont ne sont pas un but, mais un agrès de l’imaginaire. Et de temps en temps, un pot en terre cuite tombe des cintres pour éclater au sol...

Thomas Hahn

Some use for broken clay pots, Nouveau Théâtre de Montreuil, à 20h jusqu’au 28 avril. Salle Maria Casarès (derrière la Mairie)
Dans le cadre du cycle « A Voté ! » (jusqu’au 5 mai)

http://www.nouveau-theatre-montreuil.com/

À propos de Christophe Meierhans :
http://www.contrepied.de/home.html






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