Nous les avons tant aimés (et nous les aimons encore) II

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Nous les avons tant aimés (et nous les aimons encore) II

"93, la belle rebelle"
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par Valérie de Saint-Do

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Besoin d’un cordial en ces temps de glaciation ? Besoin de chaleur et de résistance joyeuse ? Alors, ce jeudi 25 novembre, pour une fois, on va vous conseiller de rester rivés à vos télés pour découvrir "93, la belle rebelle", le dernier film de Jean-Pierre Thorn.

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Daniel Baudon

Le feu d’artifice d’invention de ce qu’on nomme les cultures urbaines, euphémisme pour l’expression vive de la banlieue au travers du hip-hop, Jean-Pierre Thorn l’évoquait déjà dans On n’est pas des marques de vélos, l’un de ces précédents films. Là, ce qu’il donne à voir et à entendre, c’est le fil musical qui relie toutes les révoltes populaires, des années soixante aux années 2000, dans ce "neuf-trois" si esquinté par les médias. C’est le jazz coloré de l’accordéonde Perrone qui répond au rock des années cinquante de Daniel Baudon, c’est la colère de Casey qui fait écho à celle de Loran des Bérurier noir. C’est cette rage de jouer, de chanter, de danser, de crier, contre l’ostracisme, la domination, la relégation.

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Marc Perrone

Un chant d’amour à la banlieue, une magnifique claque ironique à l’ hystérique pintade, de causeur.fr, qui croit ne pas pouvoir franchir le périphérique autrement qu’en hidjab, un superbe pied de nez aux philosophes médiatiques rabâchant sur France-Culture qu’il n’y a plus de culture et que la France se tribalise, ma bonne dame !

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Loran (Bérurier noir)

Ravageur pour les éditocrates et autres perroquets de plateau qui glosent sans cesse sur le communautarisme et le déclin de la République (blanche et domestiquée), le film, à un rythme effréné, entrecroise et tisse cinquante ans de révoltes musicales, sur fond de désindustrialisation, de chaos urbain, d’abandon des pouvoirs publics. On se prend à la regarder autrement, cette banlieue reliée par son canal, ses paysages urbains recyclés par les démolitions, friches industrielles et autres constructions. On se prend à rêver, avec Loran des Bérus, qu’elle reconquière quelques territoires sauvages en déplorant la fermeture de ses squats. On vibre au chant de Perrone, au timbre grave si particulier du poète D de Kabal, et quand surviennent les images du mépris gouvernemental(1) et de la répression policière au fil des années, on hurlerait volontiers avec NTM ou les Ramoneurs de menhirs.

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D de Kabal et Didier Firmin

Donc, c’est jeudi 25 , c’est sur arte, et c’est à 22h15*. Juste ce qu’il faut pour se réchauffer après la manif ! Le film sortira aussi en salles le 14 janvier. Mais inutile d’attendre : il mérite d’être vu plusieurs fois !


93 La Belle rebelle, film de Jean-Pierre Thorn.

Avec Daniel Baudon, Marc Perrone, Loran des Béruriers noirs, Dee Nasty, NTM, Casey, D de Kabal, Bams, B-James, Serge Teyssot-Gay...

Une production ADR Productions. En coproduction avec Arte France - INA. En association avec ZEBROCK & PERIPHERIE Participation Région Ile-de-France - Centre National de la Cinématographie - L’Acsé - Fonds Images de la Diversité Fonds d’action SACEM - PROCIREP - ANGOA

(1) Pas seulement gouvernemental, hélas ! Lors de l’avant première à l’espace 1789 à St-Ouen, le 16 novembre, aucun élu du Conseil général de la Seine-St-Denis n’a daigné se déplacer... Peur de voir donner de cette banlieue une image créative et rebelle, loin de la victimisation passive ?

* Sauf si arte est en grève ce mardi, ce dont on ne saurait lui tenir rigueur.



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