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Les Oiseaux d’Aristophane : beau comme la rencontre d’un oiseau prophète et d’un taliban afghan

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par Jean-Jacques Delfour
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Agathe Mélinand et Laurent Pelly, co-directeurs du TNT, Théâtre National de Toulouse, ont décidé de traduire et de monter l’une des comédies d’Aristophane, Les Oiseaux, satire de la démocratie, des Athéniens, de la sophistique. Aristophane est plutôt un réac, hostile à la vie urbaine, tenant le bon sens paysan pour la vraie sagesse, bref antidémocrate. Si Les oiseaux présentent un contenu critique (la démocratie se dégrade en tyrannie et l’utopie est impossible), c’est à la condition de minorer la « licence comique », c’est-à-dire le fait fondamental que le rire est lui-même un rapport de domination : ce dont je ris est objet dérisoire face à moi comme sujet souverain. La « licence comique » est le droit limité et conditionné de faire rire des choses sérieuses, c’est-à-dire une transgression autorisée, si bien que le spectateur peut éprouver la jouissance de rire de lui-même et des autres sans perdre la face, grâce à l’assurance que la dérision se limite au théâtre. Voilà qui amortit la portée critique du message. La vis comica n’est pas toujours vis politica.

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Photo © Polo Garat

Une pièce paradoxale

Les oiseaux figurent le peuple crédule, avide de puissance, vaniteux et un peu stupide, se laissant enrôler dans des entreprises douteuses. Le spectateur savant peut y discerner des allusions à la guerre en[...]

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2 commentaire(s)

MCLSLB 14 mai 2017

Cher collègue

Merci pour l’article sur Les Oiseaux que j’ai dû voir trois fois (abonnement personnel, inscription de 2 classes de première...).
Je partage tout à fait ton avis sur l’ennui profond dégagé par la mise en scène de Laurent Pelly que j’ai connu plus inspiré (j’avais aimé La Cantatrice chauve, l’an passé et mes élèves avaient aussi été séduits..., voire conquis.) On regrette effectivement qu’il n’y ait pas plus de poésie, de musique, de chants, d’enthousiasme et de modestie... dans cette pièce. Après la représentation, hier, un élève m’a avoué avoir consulté plusieurs fois sa montre, avoir été gêné par les obscénités, sensible cependant à la beauté générée par les effets d’ombres chinoises à la fin. Une autre élève a dormi... L’effet répétitif des envolées de la "basse-cour" (comme tu le soulignes) finit par être lassant et lourd. Lors de ma première représentation, j’étais placée au premier rang et avais presque pitié des acteurs confrontés à la froideur et à une sorte de réticence du public. J’ai dû moi aussi consulter ma montre à maintes reprises. les applaudissements avaient été polis, discrets (pas de rappel). Cela s’est amélioré les deux fois suivantes. Les élèves sont souvent "bon public" et ont tenu à remercier les acteurs de se donner tant de mal à avoir l’air d’oiseaux...
En comparaison, ai vu (ainsi que mes élèves de L) deux très bons spectacles, bien plus riches, inventifs, poétiques, drôles, courts (la durée n’excédait pas 1h30) : Suite n°2 (au théâtre Garonne) et Orfeo. Ce dernier était magique, la voix lyrique des acteurs qui interprétaient le livret de Monteverdi, magnifique, le dosage entre burlesque et gravité parfaitement équilibré. Un régal.
Hélas, lorsque l’on réserve en début d’année les spectacles, dans l’urgence bien souvent, on ne peut se fier qu’aux livrets d’accompagnement et aux recommandations des chargés des relations avec les enseignants, qui, cela dit, effectuent un vrai travail de suivi..., à ce que l’on sait des metteurs en scène ...

Voilà ce que m’inspire ta critique acérée et érudite !

Cordialement

MCLSLB

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MCLSLB 13 mai 2017

Cher collègue

Merci pour l’article sur Les Oiseaux que j’ai dû voir trois fois (abonnement personnel, inscription de 2 classes de première...).
Je partage tout à fait ton avis sur l’ennui profond dégagé par la mise en scène de Laurent Pelly que j’ai connu plus inspiré (j’avais aimé La Cantatrice chauve, l’an passé et mes élèves avaient aussi été séduits..., voire conquis.) On regrette effectivement qu’il n’y ait pas plus de poésie, de musique, de chants, d’enthousiasme et de modestie... dans cette pièce. Après la représentation, hier, un élève m’a avoué avoir consulté plusieurs fois sa montre, avoir été gêné par les obscénités, sensible cependant à la beauté générée par les effets d’ombres chinoises à la fin. Une autre élève a dormi... L’effet répétitif des envolées de la "basse-cour" (comme tu le soulignes) finit par être lassant et lourd. Lors de ma première représentation, j’étais placée au premier rang et avais presque pitié des acteurs confrontés à la froideur et à une sorte de réticence du public. J’ai dû moi aussi consulter ma montre à maintes reprises. les applaudissements avaient été polis, discrets (pas de rappel). Cela s’est amélioré les deux fois suivantes. Les élèves sont souvent "bon public" et ont tenu à remercier les acteurs de se donner tant de mal à avoir l’air d’oiseaux...
En comparaison, ai vu (ainsi que mes élèves de L) deux très bons spectacles, bien plus riches, inventifs, poétiques, drôles, courts (la durée n’excédait pas 1h30) : Suite n°2 (au théâtre Garonne) et Orfeo. Ce dernier était magique, la voix lyrique des acteurs qui interprétaient le livret de Monteverdi, magnifique, le dosage entre burlesque et gravité parfaitement équilibré. Un régal.
Hélas, lorsque l’on réserve en début d’année les spectacles, dans l’urgence bien souvent, on ne peut se fier qu’aux livrets d’accompagnement et aux recommandations des chargés des relations avec les enseignants, qui, cela dit, effectuent un vrai travail de suivi..., à ce que l’on sait des metteurs en scène ...

Voilà ce que m’inspire ta critique acérée et érudite !

Cordialement

MCLSLB

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