"Le théâtre comme il marche, le théâtre comme il ne marche pas…"

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"Le théâtre comme il marche, le théâtre comme il ne marche pas…"

-* Entretien avec Lazare
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par Samuel Wahl

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Lazare nous a fait l’amitié d’un long entretien pour le numéro d’été à paraître de la revue Cassandre/Horschamp, où nous revenons sur son parcours, aussi singulier que son théâtre*.
Cette aventure théâtrale, menée avec volontarisme depuis plusieurs années par les actrices et les acteurs de la compagnie Vita Nova, touche enfin à la reconnaissance qu’elle mérite, avec deux textes édités aux Solitaires Intempestifs, et Lazare en artiste invité à la Chartreuse pour cette édition du Festival d’Avignon.

Néanmoins, une seule des pièces de sa trilogie sera jouée… frilosité des programmateurs, difficulté à trouver des co-producteurs, l’occasion pour lui de s’exprimer sur le fonctionnement des institutions théâtrales en France : un système qui favorise "la reproduction du même", au détriment de son renouvellement pourtant nécessaire : "À peine apparue, ma génération devrait disparaître pour laisser la place à ceux qui arrivent…"

 

Photo : Hélène Bozzi

 

*Après avoir connu le Théâtre du Fil (ouvert aux stagiaires de la Protection Judiciaire de la Jeunesse et de l’Aide Sociale à l’Enfance), Lazare a fait de belles rencontres : avec Claude Régy, Stanislas Nordey, Joseph Nadj, François Tanguy, Allain Leprest… Comme acteur, metteur en scène, auteur, il parle de la colonisation, met en jeu la question dans toutes ses dimensions : historique bien sûr, dans Passé - je ne sais où, qui revient, mais aussi celle que le temps n’achève pas : la colonisation des esprits. Le jeune Libellule, en quête de lui-même, se confronte à l’Histoire jusque dans ses épisodes les moins avouables : notamment les massacres de Sétif et Guelma en Algérie, le 8 mai 1945, pourtant fêté en France comme le jour officiel de la Libération. Pleinement Français mais d’origine étrangère, toujours rappelé à cette dualité, il se retrouve "massacreur-massacré", littéralement Au pied du mur sans porte. C’est là, dans cette deuxième pièce, qu’il se heurte aux fondamentalismes, identitaires, religieux, qui avancent "comme des virus", ou encore à celui des banquiers, qui "avec l’immensité du monde amassent de l’argent, et à la vie immense donnent la limitation de l’argent". Dans Rabah Robert, qui vient clore la trilogie autour de la figure du père absent, face à la mémoire empêchée, le théâtre nous ramène au présent ; et ouvre la voie au rêve, qui créé des mondes, comme une fuite en avant.


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