Le musée chamboulé par la danse…

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Le musée chamboulé par la danse…

La cité (éphémère) de la danse au MACVAL
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par Lisa Darrault
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Du 28 au 31 Mars, les chorégraphes et interprètes du projet Dancing Museums se sont emparés du MAC VAL, pour proposer une approche généreuse et intrigante de l’art contemporain. Chaque après-midi, un groupe de danseurs et d’amateurs guidait le public au cœur de cette expérience, à la fois exposition et mise en scène.

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© Rodolphe Jouxtel

Dans le hall, un mur de dessins et de textes, réalisés par les visiteurs, questionne l’humain et son rapport au corps en mouvement, à sa représentation. « Quel est votre dernier souvenir de danse  ?  » L’immersion dans les coulisses de cet art suscite des interrogations sur sa création, son partage et sa préservation. À quel moment et comment apparaît-il  ? Tout le monde y est-il réceptif  ?

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© Rodolphe Jouxtel

Ça commence à 14h  : au milieu du public, sans préambule et discrètement, les interprètes se répartissent en une chaîne, allant de l’extérieur à l’intérieur du musée et entament un relais. Chacun reproduit le mouvement du précédent, progression qui nous laisse le temps de comprendre cette appropriation de l’espace et du lieu. De nombreux passants sont tentés de s’y joindre. Ils choisissent une personne et reproduisent ses gestes. Le ton est donné. Les artistes font des propositions, nous sommes libres de les accepter ou non, et de les interpréter.

Je pénètre dans le vestibule et l’un des interprètes me propose de me lancer dans l’aventure : « Est ce que je peux faire un jeu avec vous  ?  ». Il me fait visiter le musée les yeux fermés. On éprouve alors tout différemment. Les sens sont en éveil, et l’ouïe prédomine  : la présence des autres se détache dans l’obscurité. Nous nous arrêtons pour écouter les réactions des enfants d’une classe, assis par terre devant une œuvre.

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© Rodolphe Jouxtel

Nous nous allongeons à même le sol. Une installation sonore et visuelle nous transporte sur une plage. Un joyeux bazar règne : quelqu’un se promène au milieu de la foule, téléphone à la main, tentant de capter un corps en mouvement. Au loin, une danseuse effectue une chorégraphie face à une personne. Dans un coin, feutres, crayons et grandes feuilles sont à disposition, pour l’atelier « dessine la danse ».

L’installation, vivante, nous fait entrer dans le sujet en explorateurs. Sollicités, nous devenons actifs, il devient impossible de rester simple observateur. En participant à la création de l’œuvre, le public lui-même remet en question la place de l’artiste. Cette remise en question a d’autant plus d’impact au sein d’un musée, où ils sont « sacralisés ».

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© Rodolphe Jouxtel

Le vestibule, qui accueille les Trois cercles désaxés de Felice Varini, est investi par Dante Murillo, qui entraîne la foule avec lui. Prise de conscience de l’espace, des autres, de l’énergie qui circule entre les gens. Voyage à travers notre propre corps, qui entraîne une prise de conscience. Questionnements sur notre existence en tant qu’individus, et notre appartenance à un tout.

L’attention, habituellement portée sur les créations, se déplace sur l’humain. On vient au musée pour observer les œuvres et soudain le public entier devient une œuvre vivante. 
La modification des corps entre le début et la fin de l’atelier est flagrante. Les visiteurs, désormais familiers, continuent à échanger des regards. L’exercice a aussi modifié la manière de se déplacer et d’utiliser ses sens pour appréhender le lieu.

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© Rodolphe Jouxtel

Les installations interactives, vidéos et soli, créent des respirations où l’on peut laisser libre cours à nos réflexions, nos témoignages, en laisser une trace et faire évoluer l’espace. Ils interrogent sur l’essence du geste signifiant, et posent des questions  : la perception de la danse passe-t-elle avant tout par le ressenti  ? Faut-il l’avoir pratiquée pour y être sensible  ?

Plongés dans un état d’être différent, on éprouve l’espace d’une autre façon, ce qui crée un rapport personnel au lieu et aux éléments qui le composent. On n’hésite plus à s’asseoir au sol pour les regarder, ou même à s’allonger. L’œuvre d’art n’est plus sacrée, et l’humain, le visiteur, devient aussi important qu’elle.

Lisa Darrault

La cité (éphémère) de la danse au MACVAL

Pour plus d’infos, voir sur les sites du Musée Mac Val et du projet Dancing Museums.


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