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La scène buissonnière est de retour

par L’Insatiable
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Adeline Nunez au Théâtre Antoine Vitez

Samedi 17 janvier 2015, Adeline Nunez et la compagnie La scène buissonnière mettront en scène Graine de crapule au théâtre Antoine Vitez, une création inspirée des écrits de Fernand Deligny. Le spectacle se prolongera dans un dialogue entre la metteuse en scène et Coline Merlo (Lire l’entretien paru dans le numéro 96 de la revue Cassandre/Horschamp).

La première mise en scène de Graine de crapule a été créée en 1996. La pièce se fait le porte-voix de confessions indignées, celles d’une éducatrice ayant travaillé avec des jeunes marginalisés ou exclus du milieu scolaire institutionnel. Graine de crapule est la compilation scénique de plusieurs écrits de Fernand Deligny, eux mêmes inspirés des expériences que ce dernier éprouva en tant qu’éducateur.

A la fin des années 1940, Fernand Deligny crée un dispositif d’accueil dans les Cévennes pour des enfants autistes, afin qu’ils s’extirpent d’un carcan institutionnel qui les rejette, les met à la marge. Il observe leur manière d’être au monde, d’être ensemble, leur appréhension des objets, leurs mouvements. Ses écrits, fulgurances de formes brèves, de dessins cartographiés et d’une prose synesthésiste, regorgent d’une poésie théâtrale qu’Adeline Nunez travaille au corps depuis vingt ans.

Fernand Deligny parvient à capter la sensibilité cosmique de « l’humain espèce », défait des rapports sociaux de pouvoir et du langage. L’altérité est comprise comme une richesse, que souhaite traduire la mise en scène de Graine de crapule. Faite de bruits, de mots, de gestes, elle fait s’exprimer ces humains qui « ne peuvent se penser ’je’, et ne peuvent être dénommés ’ils’ ». En parallèle, Adeline Nunez et La scène buissonnière travaillent, en résidence à Ivry, à la création de Sur les traces de l’humain, deuxième volet de la trilogie adaptée des écrits de Fernand Deligny.






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