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Un journal culturel en ligne d’informations de débats et d’humeurs animé par l’ancienne équipe de Cassandre et celle du jeune Insatiable pour mettre en valeur des actions essentielles mais peu visibles, explorer des terres méconnues, faire découvrir des équipes et des artistes soucieux d’agir dans l’époque et, surtout, réfléchir ensemble aux enjeux portés par l’art et la culture dans une société en voie de déshumanisation.


Brèves

L’école de la nuit - Séminaire sur les conditions d’exercice de la liberté artistique

par Samuel Wahl
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BELMACHINE PRESENTE

L’ÉCOLE DE LA NUIT #1

SÉMINAIRE
Les conditions d’exercice de la liberté artistique
Intervenant : Evelyne Pieiller

Les 20 et 21 juin au Centre FGO - Barbara
1, rue de Fleury 75018 Paris - Métro : Barbès-Rochechouart

De 10 h à 16 h le samedi
et de 10 h à 13 h le dimanche
suivi d’une discussion informelle autour d’un verre

Entrée libre dans la limite des places disponibles
inscription obligatoire à
contact@belmachine.org ou au 06 51 14 75 02

L’ECOLE DE LA NUIT

À la fin du XVIe siècle, à Londres, un groupe qui s’est nommé L’Ecole de la Nuit—School of Night, se réunit régulièrement, et clandestinement. C’est un groupe de stars : des auteurs de théâtre, des savants, des aventuriers chéris de la Reine. Ils ont le goût de la marge, du risque, du dépassement du sens commun. Il y en a parmi eux qui cherchent la gloire (Christopher Marlowe), d’autres qui cherchent à fonder des utopies dans le Nouveau Monde (Walter Raleigh), tous aiment le plaisir : mais ce n’est pas ce qui les réunit. Ce qui les réunit, c’est l’audace de la pensée. Ils veulent penser le plus librement possible, le plus loin possible, pour se débarrasser des vieux empêchements qui brident l’imagination et font passer la conformité pour l’ordre éternel des choses. Ils s’appuient sur les découvertes des savants, et ces découvertes sont dangereuses : en particulier, celle qui affirme que l’univers est infini. Ce n’est pas ce que dit la Bible, ce n’est pas ce que disent les autorités. Ce savoir-là est interdit. C’est pourquoi ils se font très discrets. Mais actifs. L’un d’eux invente le théâtre anglais, un autre fait connaître la circulation du sang, un autre encore propage l’idée qu’il existe des galaxies par milliers…

Il n’y a aucun danger évidemment aujourd’hui à se réunir pour chercher à se donner les moyens de penser librement. D’autant qu’on a assez tendance à considérer qu’on y arrive à peu près correctement tout seul. Et que de surcroît, le monde étant ce qu’il est, c’est plutôt de solutions concrètes qu’on a besoin, notamment quand on pratique un art. C’est parfaitement exact. Sauf que, pour élaborer des solutions concrètes, il est assez utile de connaître les… empêchements. Ce à quoi contribue toute réflexion précise sur ses conditions d’exercice : pourquoi, pour qui, comment ? Afin d’ouvrir un chemin qui mènerait des conditions réelles, à celles qu’on peut espérer.

LE SEMINAIRE

Chaque artiste semble libre de créer comme il le veut, en démocratie. Cela paraît une évidence.
L’évidence est trompeuse.
La liberté artistique a peu à avoir avec la spontanéité, ou l’expression de soi.
Alors, c’est quoi ?

Jour 1

  • Histoire de la notion d’artiste (de l’artisan à “l’élu”, jusqu’au “créatif” etc : “démocrate”, ou “aristocrate”…)
  • Statut social du musicien, du XVIIIe siècle à aujourd’hui : France, Grande-Bretagne, Italie.
  • Quelques moments politiques qui ont reconnu à l’artiste une place déterminante dans la nation, et lui ont donné les moyens financiers de jouer ce rôle : New Deal (Roosevelt), NEP (Lénine), Révolution mexicaine, Front populaire… Rapports entre une démarche artistique et un projet politique (qu’en est-il de la liberté de création ?), qu’implique le fait pour un artiste d’être “fonctionnarisé”, quelles obligations, quelles innovations ?

Jour 2

  • Comment trouver sa liberté aujourd’hui ?
  • Liberté artistique : qu’est-ce que l’invention, l’originalité, la vérité esthétique ? Quelles en sont les conséquences ?
  • Conditions pratiques d’exercice concret de cette liberté : quelques exemples de communautés d’artistes (Coleridge, Pissaro et les peintres anarchistes, le Cartel, l’orchestre de chambre de Toulouse, la Factory, mais aussi La Rose Rouge, Le Chat noir etc).

Intervenant : Evelyne Pieiller
Membre de la rédaction du Monde diplomatique, elle collabore régulièrement avec :
Le Magazine Littéraire, la Quinzaine littéraire, L’Insensé.
Traductrice des œuvres de Grégory Motton et de Sarah Kane. Travail dramaturgique pour Claude Régy. Scénariste pour Marco Ferreri, Valéria Sarmiento, Emilio Pacull. Bourse Beaumarchais. Bourse du CNL.
Derniers textes publiés : L’Almanach des contrariés (Édition Gallimard), Iggy, (La maison d’à côté),Dick, le zappeur de mondes, (La Quinzaine Littéraire/ Louis Vuitton). Le rock expliqué aux ados (Le Diable Vauvert).

LE PROJET

L’Ecole de la nuit est la première étape d’un projet de recherche mené par l’association Belmachine avec des musiciens et des travailleurs de la musique qui ont bien du mal à s’y retrouver dans le cadre défini par l’industrie musicale.
Il s’agit de trouver de nouvelles pratiques plus en adéquation avec le contexte actuel. De réfléchir et d’échanger ensemble de manière transectorielle et transnationale afin de pouvoir élaborer des solutions concrètes.
Nous pensons que la réflexion critique est essentielle pour pouvoir mieux appréhender la création et redonner de la valeur aux démarches indépendantes.
A long terme, ce projet a pour intention la construction d’une coopérative pour les artistes indépendants.
Il a pu être réalisé avec l’aide d’Arcadi Ile-de-France / Fonds de soutien à l’initiative et à la recherche.






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