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« Anticopinage », ou les humeurs de Jacques !

Et si le milieu artistique balayait devant sa porte ?

par Nicolas Romeas
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Une humeur de Jacques Livchine

Il y a quelque chose de très ennuyeux, c’est que les analyses du Front national sur les coutumes du théâtre public subventionné ne sont pas fausses.

Bien-sur que c’est une sorte de mafia qui se serre les coudes, n’y entre pas qui veut, faut la carte, c’est une féodalité très structurée, qui résiste facilement à l’État, qui impose ses vues, des goûts, son style de théâtre.
C’est ainsi que dans toute la France règne ce théâtre au goût moyen uniforme, un peu tristounet, pas si mauvais, mais peu décoiffant, peu innovant. L’histoire du théâtre s’écrit “hors institution”. L’institution c’est Pommerat, et ce qui lui ressemble. Au bout d’une heure, on rêve que cela s’arrête.
Peu à peu pour remplir ses salles, le théâtre public se transforme un peu partout en annexe de l’éducation nationale, ces chers élèves ont droit aux illustrations vivantes de la littérature étudiée au lycée.
Il y a dans le théâtre public des zones d’ombre. Des rumeurs circulent sur le fait que les directeurs de théâtres nationaux, maisons de la culture etc, seraient payés autant sinon plus que nos ministres…
Le chiffre est bien camouflé puisque n’apparaissent sur les budgets que les masses salariales totales, donc seul l’administrateur et sa fidèle comptable pourraient nous en informer, mais la transparence n’est pas à l’ordre du jour.
Un ex-directeur de scène nationale en visite à Avignon s’étonnait de la cherté de son séjour, évidemment d’habitude ses 3 semaines d’Avignon étaient prises en charge par sa structure.
Or, tous ces directeurs sont des négociateurs redoutables, aucune compagnie n’arrive être payée à son vrai prix, ils n’ont pas honte de demander de rabaisser les cachets des comédiens.
Parfois, j’ose penser que les problèmes de l’intermittence seraient vite réglés si les théâtres subventionnés acceptaient de payer les compagnies à leur vrai prix, chaque cachet isolé correspondrait à 4 jours à temps plein, ce qui est la réalité, avec les voyages et les répétitions.
Mais qui osera parler ?
À peine vous osez briser la loi du silence, vous être automatiquement blacklisté, pas question de critiquer ces lieux si vous êtes dans le milieu et avez l’intention d’y jouer un jour.

Jacques Livchine






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