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D’un poète à un autre

sur la Grèce
par Valérie de Saint-Do
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Je vous livre ici les mots envoyés par notre ami Serge Pey, poète en action dont vous pouvez lire l’entretien passionnant dans le dernier Cassandre/Horschamp. Écrit au lendemain du vote du plan d’austérité (de mise à mort, devrait-on dire ) du Parlement Grec et de la manifestation à Athènes.

Notes écrites par quelques philosophes grecs

pour Mikis Theodorakis

Chef d’orchestre,

gazé à bout portant

par un policier anti émeute

hier soir devant l’Acropole

 

 

Mikis Théodorakis avait toujours pensé

qu’il était né dans une

ville qui inventa la démocratie

quand Solon annula les dettes des pauvres

envers les riches

il y a longtemps


Mikis Théodorakis avait toujours pensé

que l’espérance était le songe

d’un homme éveillé


qu’il fallait tendre la main a ses amis

sans fermer les doigts


que cet enfant qui buvait

dans le creux de sa main

nous apprenait que nous conservions

encore du superflu


que sans l’espérance on ne trouve pas

l’inespéré qui est introuvable et inaccessible


Aujourd’hui Mikis Théodorakis pense

qu’il se souviendra

de cette citation d’Aristote

Dieu est trop parfait pour pouvoir

penser à autre chose qu’à lui-même

comme un marché financier


Mikis Théodorakis pense

qu’il dirige maintenant

un nuage de grenades lacrymogènes

devant un orchestre

de musiciens-policiers à Athènes

et que

Le plus bel arrangement

est semblable à un tas d’ordures

rassemblées au hasard


Mikis Théodorakis pense

qu’il a été gazé à bout portant

le 13 février par un policier anti émeute


que c’était hier soir


que de loin il voyait l’Acropole

et qu’on avait mis un masque à oxygène

à la musique pour respirer sur son lit d’Hôpital


— 
Serge PEY
serge.pey@gmail.com
http://www.sergepey.com/






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