Bienvenue aux insatiables !



Un journal culturel en ligne d’informations de débats et d’humeurs animé par l’ancienne équipe de Cassandre et celle du jeune Insatiable pour mettre en valeur des actions essentielles mais peu visibles, explorer des terres méconnues, faire découvrir des équipes et des artistes soucieux d’agir dans l’époque et, surtout, réfléchir ensemble aux enjeux portés par l’art et la culture dans une société en voie de déshumanisation.


Archives

Culture : silence, on massacre...

Non, la culture n’est pas un luxe
par Valérie de Saint-Do
Télécharger la version PDF
Version imprimable de cet article Version imprimable


Y-a-t- il encore des voix à gauche pour dire que la culture n’est pas un luxe, mais une nécessité ?

Les mails et les mauvaises nouvelles arrivent de partout. Ici, c’est le Volcan, scène nationale du Havre, qui voit diminuer ses subventions de 100000 euros. En Seine -St-Denis, des compagnies ayant mené un travail remarquable au long cours comme le centre dramatique de La Courneuve, des lieux emblématiques comme les Instants chavirés et de nombreuses autres équipes font les frais d’une nouvelle politique culturelle placée sous le signe des restrictions et d’une conception mesquinement gestionnaire de la culture . A Paris, c’est le Grand Parquet, lieu formidable de brassage de différentes cutlures à Paris, qui perd 30000 euros de subventions municipales.

Et les coups, hélas, ne viennent pas seulement de l’Etat ou des collectivités territoriales gérées par la droite. Un temps, la gauche a pu, dans ses mairies, ses régions, compenser en partie le désintérêt total du gouvernement pour une culture qui ne srésduise pas aux intérêts des multinationales du disques pôussant des cris d’orfraie contre la loi Hadopi. Mais désormais, on fait comprendre partout aux artistes que "c’est la crise", qu’ils ne sont pas les plus mal lotis et qu’ils doivent souffrir en silence.

Ce qu’ils font, de fait. La profession est réduite au silence, face aux souffrances généralisées des plus fragiles sous le sarkozysme.

C’est peut-être le pire de ces politiques d’austérité concertées : cette culpabilisation populiste de ceux qui vivent de leur passion. Il faut une bonne dose de courage politique pour défendre les budgets culturels, face à ce qui frappe les Conti, par exemple, et tant d’ouvriers des zones sinistrées. On oublie juste au passage que la réforme inique du régime des intermittents de 2003, qui n’a réduit en rien les déficits, combinée aux baisses généralisées de crédit, est l’équivalent d’un gigantesque un plan de licenciement dans les métiers de la culture.

Et puis, soyons sérieux cinq minutes. Parce que à l’échelle d’une grande ville, d’un département, d’une région, et même d’un ministère, les économies ainsi réalisées sont parfaitement dérisoires. On peut faire vivre un théâtre, ou plusieurs compagnies à l’année avec le budget d’un seul rond-point ! sans parler du budget déployé pour des caméras de surveillance l’Angleterre a fait l’expérience de l’inefficacité... Et puis, il faut parler aussi de ce qui fâche à l’intérieur même des politiques culturelles. Du bien fondé de choix d"’équipements pharanoniques dont on n’arrive pas par la suite à suivre les frais de fonctionnement, plutôt que de miser sur des structures et des équipes à dimension humaine, moins rentables en termes de communication, mais oeuvrant sur let terrain pour un partage du savoir et du sensible tellement urgent actuellement.Du financement de festivals produits par des machines à frics de la production internationale privée, au détriment du tissu associatif. Du choix de l’audimat et de l’événementiel plutôt que du long terme.

Les artistes et les élus soucieux de défendre la culture n’ont pas à raser les murs. Mais à affirmer, haut et fort, qu’en temps de crise, elle est mois que jamais une cerise sur le gâteau u un luxe, mais une exigence.

P.S : une journée d’action est prévue le jedi 10 septembre, à l’appel du Syndeac.

Valérie de Saint-Do






Réagissez, complétez cette info :
modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Signalez un problème sur cet article :


Annonces

La Justice est au cœur de notre actua­lité… mais aussi de celle de plus de 2000 mili­tants et syn­di­ca­lis­tes aujourd’hui pour­sui­vis pour leurs actes de résis­tance.


Brèves

La party #1 don­nera, ce soir-là, une belle part à l’Ile de la Réunion, sous une forme tra­di­tion­nelle (Seksion Maloya) ou contem­po­raine (Jidé & G !rafe) mais aussi à deux très beaux pro­jets solo, inti­mis­tes et voya­geurs (Tuning & Our Land).
Loran Velia de Seksion Maloya nous fera décou­vrir des saveurs de l’Océan indien et nous vous pro­po­se­rons aussi des bois­sons avec ou sans alcool.


Le 30 mai, pro­jec­tion de films vidéo (extraits d’entre­tiens avec Armand Gatti), lec­ture de textes, témoi­gna­ges de celles et ceux qui l’ont connu grâce à l’écriture, la mise en scène, une action de créa­tion ou sim­ple­ment à l’occa­sion d’une ren­contre tel sera le pro­gramme de la soirée animée par Rachid BelkaÏd, Jean-Jacques Hocquard et Jean-Marc Luneau.


Le Festival TaParole revient à Montreuil du 10 au 18 juin pour une 15ème édition tou­jours placée sous le signe de la chan­son. Venez décou­vrir des artis­tes qui aiment les mots et les chan­tent durant 7 jours.


Les Inattendue(e)s, un week-end de décou­ver­tes marion­net­ti­ques pro­posé par Daru-Thémpô au Manipularium.


Une comé­dienne et un cla­ri­net­tiste che­mi­nent, à tra­vers les textes
de poé­tes­ses per­sa­nes, égyptiennes, syrien­nes contem­po­rai­nes.
Ils don­nent à enten­dre la voix de femmes qui lut­tent par l’écriture,
pour la liberté de dire, de penser, d’être et d’agir.



Nos amis de la troupe Jolie Môme pré­sen­tent actuel­le­ment dans leur très beau lieu de la Belle Étoile une pièce de Bertolt Brecht, l’un de ses textes mili­tants qu’il nom­mait « lehrs­tuck » (une pièce didac­ti­que) et qui dans son esprit étaient des­ti­nés à faire com­pren­dre, en par­ti­cu­lier aux jeunes gens, les fonc­tion­ne­ments d’une société capi­ta­liste tra­vaillée par la lutte des clas­ses.


Veillée pour l’écrivaine Asli Erdogan le mardi 25 avril à 20 heures à La Parole errante 9, rue François Debergue - Montreuil. (métro : Croix de Chavaux).