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« Avec les outils actuels, il faut être essentiel »

Un entretien avec Jose Luis Guerín
par Stéphane Pichelin
Thématique(s) : Inclassables, improbables, incasables Sous thématique(s) : Cinéma

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Jose Luis Guerín est certainement moins connu que ses compatriotes Pedro Almodovar ou Alex de la Iglesia. Il est pourtant l’un des cinéastes espagnols les plus passionnants et les plus inventifs du moment, un infatigable explorateur du médium cinématographique et de ses relations avec le monde et le temps. Ainsi Le Spectre de Thuit (Tren de Sombras, 1997), reconstitution d’un film de famille de la fin des années 1920, interroge la fragilité du film et sa survie prise sur le temps et sur l’authenticité. Avec Innisfree (1990), Guerín enregistre les traces et l’impact sur le petit village irlandais de Cong, du tournage par John Ford de L’Homme tranquille (The Quiet Man, 1952). En construcción (2001) et Dans la ville de Sylvia (2007) mêlent fiction et documentaire pour dresser le portrait d’un territoire, à la manière de Robert Flaherty [3]. Guest (2010), dans lequel Guerín se filme en invité d’une pléthore de festivals, et Correspondencia J. Mekas-J.L. Guerín (2011) s’intéressent au statut même de cinéaste tandis que Dos cartas a Ana et Recuerdos de una mañana (tous les deux de 2011), élégies pour des proches décédés, questionnent les puissances du cinéma face à la mort. Dans tous ces films, le cinéma est à la fois un dispositif de découverte et un mystère de la vision, une réalité aussi réelle et concrète que le réel concret qu’elle reproduit. Nous avons rencontré Guerín à l’automne dernier, à une terrasse nantaise, à l’occasion d’une rétrospective de son œuvre dans la salle du Cinématographe. Nous avons bien sûr parlé de cinéma (Merci à Lucie Hautière, Emmanuel Gibouleau et Nicolas Thévenin pour leur participation à la discussion).

On va partir de deux de tes films : « Dans la ville de Sylvia » et « Innisfree ». Car j’ai eu l’impression, en les voyant, que le premier s’explique d’une certaine manière très bien par le second, dans le sens où le récit de « Dans la ville de Sylvia », même s’il a une importance dans le film, est en même temps le prétexte pour cette déambulation documentaire dans les rues de Strasbourg, et il me semble que c’est aussi cet aspect documentaire du film « The quiet man », de John Ford, que tu mets en avant en partie dans « Innisfree ». Et c’est vrai que chez Ford il y a cet aspect documentaire.

Ce n’est pas John Ford. C’est un cinéaste bien sûr très important pour moi, mais je n’aurais jamais conçu un film du côté cinéphile, un film sur un autre film. Innisfree n’est pas un film sur un film. C’est un film que j’ai fait parce que j’ai ét[...]

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Post-scriptum :

Photo : © Jorge Fuembuena, Festival de cinéma espagnol de Nantes.



[1Réalisateur en 1922 du célèbre Nanouk l’Esquimau (Nanook of the North).

[2Réalisateur en 1922 du célèbre Nanouk l’Esquimau (Nanook of the North).

[3Réalisateur en 1922 du célèbre Nanouk l’Esquimau (Nanook of the North).



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1 commentaire(s)

Murielle Aufranc 5 octobre 2014

Pour cinéphiles, photographes et cinéastes, pour tous ceux qui aiment découvrir comment on crée sens et poésie avec des images : stage d’une semaine avec José Luis Guerin en Andalousie (novembre 2014).
http://www.talleresencabodegata.com/jose-luis-guerin-2.html

http://www.talleresencabodegata.com/jose-luis-guerin-2.html Signaler
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Cette his­toire simple, et les contrain­tes qu’elle nous impose, convien­nent à un théâ­tre sim­ple­ment arti­sa­nal. Pas de recours aux tech­ni­ques contem­po­rai­nes. Technique qui fut l’immense chan­tier d’Anders. « Le « trop grand » nous laisse froids, mieux (car le froid serait encore une sorte de sentir) même pas froids, mais com­plè­te­ment intou­chés ; nous deve­nons des anal­pha­bè­tes de l’émotion ».